Va-t-il parvenir à apaiser la grogne des intermittents ? Alors que les festivals d'été sont menacés par la grève des travailleurs du monde du spectacle, qui dure maintenant depuis deux mois, Manuel Valls doit s'exprimer ce jeudi en début de soirée face à la presse. <btn_noimpr>
</btn_noimpr>Le Premier ministre devrait sans doute suivre les préconisations du médiateur, le député PS Jean-Patrick Gille, qui propose le report de certaines mesures, le temps d'une concertation.
«Un accord semble se dégager sur la nécessité de tenir, pour la première fois, des discussions associant : gestionnaires de l'Unédic, Comité de suivi de l'intermittence et représentants des intermittents du spectacle, employeurs de la branche et pouvoirs publics», écrit-il dans son rapport remis au Premier ministre et dont l'AFP a eu copie.
«Sortir de la crise dans laquelle nous nous trouvons»
Lors de la séance des questions au Sénat, la ministre de la Culture, Aurélie Filippetti avait déjà indiqué que les «annonces» de Manuel Valls répondront à «un double objectif : sortir de la crise dans laquelle nous nous trouvons et préserver la vie de nos festivals pour qu'on n'entende pas résonner le silence, la mort et la tristesse cet été dans les rues de nos villes». Mais aussi «refonder profondément un système» pour qu'il soit «plus juste, plus équitable».
Lundi, le Premier ministre avait promis des décisions d'ici à la fin de la semaine. Il s'était montré ferme, opposant une fin de non-recevoir aux intermittents descendus ce jour-là en nombre dans la rue. «Il faudra aller plus loin que ce système arrivé à bout de souffle» avait-il déclaré sur France Info, envisageant ainsi à terme une remise à plat du régime de l'intermittence. «Un accord semble se dégager sur la nécessité de tenir, pour la première fois, des discussions associant : gestionnaires de l'Unédic, Comité de suivi de l'intermittence et représentants des intermittents du spectacle, employeurs de la branche et pouvoirs publics», écrit-il dans son rapport remis au Premier ministre et dont l'AFP a eu copie.
«Sortir de la crise dans laquelle nous nous trouvons»
Lors de la séance des questions au Sénat, la ministre de la Culture, Aurélie Filippetti avait déjà indiqué que les «annonces» de Manuel Valls répondront à «un double objectif : sortir de la crise dans laquelle nous nous trouvons et préserver la vie de nos festivals pour qu'on n'entende pas résonner le silence, la mort et la tristesse cet été dans les rues de nos villes». Mais aussi «refonder profondément un système» pour qu'il soit «plus juste, plus équitable».
Remettre tout le monde autour de la table ?
Le député Jean-Patrick Gille, qui a la lourde tâche de sauver les festivals d'été, avait indiqué mercredi qu'il envisageait de remettre tout le monde autour de la table, «pour revoir l'architecture du système, parce qu'on voit bien que tous les deux ans il y a une crise».
Sans dévoiler les détails de son scénario, le député avait indiqué réfléchir aux «fonds d'aide aux plus précaires». Quant au «différé d'indemnisation», amplifié par l'accord signé le 22 mars entre le patronat et trois syndicats de salariés (CFDT, FO et CFTC) et contesté par les intermittents et la CGT, il avait indiqué que le gouvernement ne pouvait pas le modifier de lui-même.
Ce qui fâche les intermittents
Tout est parti en février d’une déclaration choc du président du Medef, Pierre Gattaz, proposant de supprimer le régime spécial des intermittents du spectacle. Les négociations ont finalement débouché sur un maintien du système, mais avec des mesures d’économies. Un accord global, qui concerne aussi les autres salariés, a été signé le 22 mars par les syndicats CFDT, CFTC, FO. Ses opposants demandent au gouvernement de ne pas agréer le texte, qui doit entrer en vigueur le 1er juillet.
Qui sont les intermittents ? Le régime protège les techniciens du spectacle et de l’audiovisuel et les artistes soumis à des contrats précaires. On compte près de 110 000 bénéficiaires, pour 255 000 cotisants. Il faut avoir travaillé 507 heures sur 10 mois pour toucher une allocation, contre 610 heures sur 28 mois pour le régime général.
Des conditions d’indemnisation durcies. Selon cet accord, qui doit permettre d’économiser 160 M€ par an, les intermittents paieront davantage de cotisations sociales (de 10,8 % à 12,8 %), ne pourront plus cumuler salaires et allocations au-delà de 4 380 € brut mensuels, contre 5 475 € auparavant (mesure approuvée, celle-ci, par tous les syndicats), et seront soumis à un «différé d’indemnisation» : en clair, ils devront attendre jusqu’à cinq semaines pour toucher leur indemnité, excepté pour les revenus inférieurs à 8 500 € par an.
Un problème de méthode. C’est ce délai de carence qui fâche le plus, puisque certains vont se retrouver sans revenu. Mais aussi la méthode : « Nos propositions ont été balayées d’un revers de la main, alors qu’on avait des solutions », s’agace Denis Gravouil, de la CGT-Spectacle.
Thierry Dague
Tout est parti en février d’une déclaration choc du président du Medef, Pierre Gattaz, proposant de supprimer le régime spécial des intermittents du spectacle. Les négociations ont finalement débouché sur un maintien du système, mais avec des mesures d’économies. Un accord global, qui concerne aussi les autres salariés, a été signé le 22 mars par les syndicats CFDT, CFTC, FO. Ses opposants demandent au gouvernement de ne pas agréer le texte, qui doit entrer en vigueur le 1er juillet.
Qui sont les intermittents ? Le régime protège les techniciens du spectacle et de l’audiovisuel et les artistes soumis à des contrats précaires. On compte près de 110 000 bénéficiaires, pour 255 000 cotisants. Il faut avoir travaillé 507 heures sur 10 mois pour toucher une allocation, contre 610 heures sur 28 mois pour le régime général.
Des conditions d’indemnisation durcies. Selon cet accord, qui doit permettre d’économiser 160 M€ par an, les intermittents paieront davantage de cotisations sociales (de 10,8 % à 12,8 %), ne pourront plus cumuler salaires et allocations au-delà de 4 380 € brut mensuels, contre 5 475 € auparavant (mesure approuvée, celle-ci, par tous les syndicats), et seront soumis à un «différé d’indemnisation» : en clair, ils devront attendre jusqu’à cinq semaines pour toucher leur indemnité, excepté pour les revenus inférieurs à 8 500 € par an.
Un problème de méthode. C’est ce délai de carence qui fâche le plus, puisque certains vont se retrouver sans revenu. Mais aussi la méthode : « Nos propositions ont été balayées d’un revers de la main, alors qu’on avait des solutions », s’agace Denis Gravouil, de la CGT-Spectacle.
Thierry Dague

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