«Ce matin (jeudi, Ndlr), j'ai réuni le Conseil de Défense et j'ai décidé de répondre à la demande des autorités irakiennes pour accorder le soutien aérien», a déclaré le président de la République. Des avions de combat Rafale français effectuent déjà depuis lundi des missions de reconnaissance dans le ciel irakien, mais seront donc amenés à intervenir. De nouveaux vols de reconnaissance ont eu lieu jeudi, a souligné le chef de l'Etat, expliquant que les «premières opérations» interviendraient «vite». Ils pourraient être prêts à bombarder dès la fin de la semaine.
La possible intervention aérienne de la France avait déjà été évoquée à plusieurs reprises. Le 9 août, jour des premiers bombardements américains, au cours d'un entretien avec le président du Kurdistan irakien, François Hollande ne privilégiait pas cette hypothèse songeant davantage à l'aide humanitaire, mais ne l'avait pas exclue. La veille, Barack Obama avait autorisé des frappes contre les jihadistes. Vendredi, lors de son voyage en Irak, le chef de l'Etat avait informé les autorités irakiennes de la disponibilité de la France à contribuer militairement aux opérations.
Aucune frappe en Syrie
Interrogé sur la raison pour laquelle la France ne mènera pas de frappes aériennes en Syrie voisine, où est aussi implantée l'organisation Etat islamique, François Hollande a affirmé jeudi que le régime du «dictateur» syrien Bachar al-Assad et ce «groupe terroriste» avaient «partie liée». «Ils se sont entraînés mutuellement et ils ont écrasé justement ceux qui pouvaient représenter l'alternative», a poursuivi le chef de l'Etat.
Le 10 septembre, par la voie de son ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, la France a fait savoir que, si elle était favorable à des bombardements en Irak, «si nécessaire», elle n'interviendrait pas en Syrie «selon les mêmes modalités», misant sur une aide à «l'opposition modérée syrienne».
Le président de la République a aussi promis un débat parlementaire. «Conformément à la Constitution, le Parlement sera rassemblé dès les premières opérations engagées, c'est à dire vite. Le Premier ministre réunira les présidents de groupes parlementaires, du Sénat et de l'Assemblée nationale, dès la semaine prochaine. Et un débat pourra avoir lieu au sein des assemblées», a-t-il expliqué.
Les Etats-Unis saluent l'annonce
L'annonce française a été saluée par le secrétaire d'Etat américain John Kerry qui a mis en place lundi, lors d'une réunion à Paris une coalition qui réunit Arabes et Occidentaux dirigée pour «détruire» l'EI.
François Hollande a néanmoins prévenu : «Dans le cadre de la coalition, il est très possible que les Américains puissent décider de cette opération, mais nous nous sommes très attentifs aussi (au respect) de la légalité internationale. Nous sommes appelés par les autorités irakiennes, nous ne sommes pas appelés en Syrie», a rappelé le chef de l'Etat.
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