Les représentants culturels irakiens en appellent à la coalition internationale pour agir contre la destruction de monuments historiques par l'organisation Etat islamique (EI). Cette demande intervient alors que l'EI a mené "trois attaques de sites patrimoniaux en dix jours", rappelle The Wall Street Journal. La dernière aurait eu lieu dans la cité antique de Hatra, où l'EI aurait détruit au bulldozer des vestiges vieux de deux mille ans.
"La coalition internationale, qui s'est engagée à protéger l'Irak, doit jouer un rôle plus important", a déclaré le ministre du Tourisme et des Antiquités du pays, Adel Al-Shershab, lors d'une conférence de presse le 8 mars.
Selon un responsable du ministère spécialisé dans la préservation du patrimoine, des frappes aériennes telles que celles menées par la coalition depuis août 2014 auraient pu être employées pour protéger la plupart des 2 000 sites proches de Mossoul, la deuxième plus grande ville d'Irak où l'EI a établi son siège. "Les barrages et les ponts sont importants, mais ils peuvent être reconstruits. En revanche, l'art et le patrimoine sont irremplaçables", déclare-t-il au quotidien américain.
Une course contre la montre
Du côté des représentants de l'armée américaine, on indique qu'il n'y a pas grand-chose à faire pour protéger ces sites depuis les airs. "Les officiels ont dit qu'ils prenaient très au sérieux ces attaques, mais n'ont fait aucun commentaire sur d'éventuelles futures opérations pour protéger ces sites", souligne The Wall Street Journal.
En attendant, dans les zones syriennes et irakiennes contrôlées par l'EI, certains s'échinent à préserver les trésors : dans le nord de la Syrie, des conservateurs de musée ont protégé de précieuses mosaïques avec de l'enduit et des sacs de sable, et, au Musée national irakien, des barres de fer protègent les galeries d'artéfacts anciens, rapporte The New York Times. "Mais le temps presse, alors que l'Etat islamique accélère le pillage et la destruction des antiquités."