En Iran, l'Ayatollah Ali Khamenei, ne veut pas d'un président fort, légitimé par une élection au premier tour, comme le fut Mahmoud Ahmadinejad. Le guide de la révolution, l'homme qui dirige dans les faits l'Iran, n'a pas supporté la liberté prise par son ancien poulain. Lors de son deuxième mandat, Mahmoud Ahmadinejad a cherché à s'affranchir de sa tutelle. Par ses provocations et ses déclarations sur le nucléaire, sur Israël, sur la politique étrangère de l'Iran, il a franchi une ligne rouge. Par ses lettres à Georges Bush, Obama et aux grands de ce monde, il a empiété sur le domaine réservé du Guide. C'est à lui que revient la gestion du nucléaire, des relations internationales et de la sécurité. Depuis des années, l'Ayatollah Khamenei cherche à affaiblir le rôle du président. On lui a même prêté, un temps, la volonté d'abolir cette fonction Aujourd'hui, il cherche un homme docile qui suit ses orientations et ses directives. Fini les trublions qui contestent son pouvoir. Le président, à ses yeux, est un simple premier ministre.
Pour éviter tout dérapage, les élections ont été savamment préparées. Le guide ne veut pas répéter les erreurs de 2009. L'élection contestée de Mahmoud Ahmadinejad a donné lieu à une contestation du système. En 2013, les candidats ont été soigneusement sélectionnés. Les rassemblements extérieurs ont été prohibés et remplacés par des meetings en salle.
Les risques d'un président faible
Plusieurs candidats conservateurs concourent à ces élections. Les éditorialistes de grands quotidiens, tenants de la ligne dure, les ont appelés à s'unir pour éviter un second tour. Sans succès. Aujourd'hui, la dispersion des voix conservatrices parait inévitable. Une telle situation est inenvisageable sans avoir reçu l'aval du guide. En face, l'opposition réformatrice, unie, soutient Hassan Rohani, un religieux modéré.
Le fait d'avoir laissé l'opposition s'unir derrière un seul nom, comporte une part d'inconnue. Si un nombre importants d'Iraniens vote pour Hassan Rohani, les opposants pourraient bien se réveiller et la contestation du système reprendre. Pour Khamenei, vouloir un second tour pour faire élire un président faible n'est pas sans risque.



