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Irlande : la reine Elizabeth serre la main de l'ex-numéro 2 de l'IRA

Irlande : la reine Elizabeth serre la main de
l'ex-numéro 2 de l'IRA

Publié le 27.06.2012, 18h01 | Mise à jour : 20h05

La reine Elizabeth a rencontré mercredi l'un des anciens leaders de l'IRA.

La reine Elizabeth a rencontré mercredi l'un des anciens leaders de l'IRA. | Paul Faith
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C'est une poignée de main historique et une étape symbolique majeure dans le processus de paix en Irlande du Nord. Mercredi, à Belfast, la reine Elizabeth a serré la main de Martin McGuinness, ex-dirigeant de l'Armée Républicaine Irlandaise (IRA). 

La rencontre entre la souveraine et l'ancien commandant de l'IRA, aujourd'hui vice-Premier ministre nord-irlandais, a eu lieu à huis clos dans un théâtre de Belfast, en présence du prince Philip, du
de la République d'Irlande Michael D.
 
Higgins et du Premier ministre d'Irlande du Nord Peter Robinson. Elle avait été organisée à l'occasion d'une culturelle, au deuxième et dernier jour de la visite de la reine en Irlande du Nord dans le cadre des célébrations de son jubilé de diamant.

Ce geste est un symbole fort de la réconciliation en Irlande du Nord, province britannique qui a connu 30 années de conflit entre séparatistes catholiques et loyalistes protestants, au
desquelles quelque 3500 personnes ont été tuées, jusqu'à un accord de paix en 1998.

Elizabeth II et Martin McGuinness se sont ensuite à nouveau serré la main devant les caméras, souriant et échangeant quelques mots. «Au revoir et que Dieu soit avec vous», a déclaré en gaélique Martin McGuinness à la souveraine, avant de lui traduire ses propos en anglais, selon des journalistes sur place.

«C'était très bien», a simplement commenté Martin McGuinness à l'issue de la rencontre. Selon un porte-parole du Sinn Fein, Martin McGuinness a échangé avec la reine sur sa visite en Irlande en 2011, au cours de laquelle elle avait souligné sa «profonde compassion» pour les victimes de l'histoire commune troublée. Martin McGuinness a indiqué à ce moment-là avoir souligné devant la reine «l'importance de reconnaître la douleur de toutes les victimes du conflit et de leurs familles».

En 1979, l'IRA assassine son cousin

La poignée de main a aussi une signification personnelle forte pour la reine, dont le cousin Lord Mountbatten, a été assassiné en 1979 par l'IRA, dans son bateau de pêche au large de l'Irlande. L'IRA a renoncé à la lutte armée et démantelé son arsenal en 2005. Mais des branches dissidentes se livrent encore de façon sporadique à des attaques. Une trentaine d'attentats ou de tentatives ont été recensés en Irlande du Nord l'an dernier, sans faire de victime.

Un porte-parole de David Cameron a estimé qu'il était «normal que la reine rencontre des représentants de toutes les parties». Il a rappelé la visite historique effectuée par la reine en république d'Irlande en mai 2011, estimant que cela avait permis aux «relations entre les deux pays de s'élever à un niveau supplémentaire».

La veille, Elizabeth II s'était rendue dans la région d'Enniskillen, théâtre en 1987 d'un attentat sanglant de l'IRA, où elle a rencontré des familles de victimes. Dans la nuit de mardi à mercredi, à Belfast, une centaine de jeunes lont provoqué des incidents, lançant des cocktails molotov. Neuf policiers ont été légèrement blessés. Mercredi, la reine assistait par ailleurs à une garden party au palais de Stormont, siège du Parlement et du gouvernement local, en présence de 22000 invités.


Martin McGuinness, ex-ennemi n°1 de la Couronne
Ce catholique âgé de 62 ans a été l'un des dirigeants de l'Armée républicaine irlandaise (IRA) qui a combattu la domination britannique en Irlande du Nord pendant 30 ans. Martin McGuinness est le Numéro 2 de l'IRA à Londonderry pendant les événements du "Bloody Sunday", lorsque 13 républicains ont été tués par l'armée britannique, le 30 janvier 1972. L'année suivante il est emprisonné en Irlande, pendant six mois, après avoir été arrêté dans une voiture en possession de 113 kilos d'explosifs et près de 5.000 pièces de munitions. La presse britannique le qualifie alors de «plus dangereux ennemi de la Couronne». Mais McGuinness devient un interlocuteur pour Londres.
Ce roux aux yeux bleus, père de quatre enfants, fait son entrée au Parlement de Westminster en 1997, mais refuse d'y siéger pour ne pas prêter allégeance à la reine. Il devient alors l'un des principaux artisans du processus qui a conduit le mouvement clandestin à déposer les armes, et un négociateur majeur de l'accord de paix du Vendredi Saint en 1998, qui a débouché sur un partage du pouvoir entre protestants et catholiques dans la province.

LeParisien.fr

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