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Italie : les législatives auront lieu les 24 et 25 février

Italie : les législatives auront lieu les 24 et 25 février

Publié le 22.12.2012, 22h11 | Mise à jour : 22h37   lien

Le chef du gouvernement italien Mario Monti a démissionné vendredi comme prévu, juste après l'adoption définitive du budget 2013, mais le suspense sur une candidature du «Professeur» aux prochaines législatives risque de durer jusqu'à dimanche.
Le chef du gouvernement italien Mario Monti a démissionné vendredi comme prévu, juste après l'adoption définitive du budget 2013, mais le suspense sur une candidature du «Professeur» aux prochaines législatives risque de durer jusqu'à dimanche. | AFP / Vincenzo Pinto
Le italien Giorgio Napolitano a dissous, samedi, les chambres du , ouvrant ainsi la voie à des anticipées, qui auront lieu les 24 et 25 février. Avec la démission du président du conseil Mario Monti, la campagne pour les législatives est officiellement ouverte, mais le suspense durera jusqu'à dimanche quant à une éventuelle candidature de celui qu'on appelle le «Professeur».

Poussé par ses partenaires européens, les milieux d'affaires et l'Eglise, à se lancer dans cette bataille politique, Mario Monti devra préciser ce dimanche son intention lors de sa «conférence de presse de fin d'année».

Le président Napolitano a rappelé que la législature a été «un peu écourtée» par la démission de Mario Monti formalisée vendredi soir mais annoncée il y a 15 jours quand le PDL de Silvio Berlusconi lui avait retiré son soutien au parlement. Il a rendu hommage à «un chef de gouvernement faisant autorité et capable».

Les «doutes» de Mario Monti

Dans une Italie en récession et toujours vulnérable en cas de nouvelle tempête sur l'euro, l'ex-commissaire européen fait l'objet d'intenses pressions pour se présenter aux législatives à la tête d'une coalition qui regrouperait les ex-démocrates chrétiens et les laïcs du «Mouvement vers la Troisième République» de Luca di Montezemolo, patron de Ferrari. L'intéressé, lui, garde le mystère. Les chroniqueurs politiques qui, jeudi encore, annonçaient sa «descente» dans l'arène politique étaient bien plus circonspects samedi. «Monti freine», titrait le Corriere della Sera, premier quotidien du pays, tandis que Repubblica évoquait «les doutes de Monti, tenté de dire non».

L'un des plus fervents partisans de M. Monti, Pier Ferdinando Casini, chef du parti centriste UDC, a confirmé ces incertitudes en soulignant que «quelle que soit la décision de M. Monti, elle sera respectée». Selon la Stampa, Monti restera «en réserve de la République». Il pourrait être un Premier ministre de secours s'il n'y avait pas de majorité claire au parlement en février, ou prendre la suite du président Napolitano, 87 ans dont le mandat s'achève à la mi-mai. Autre possibilité pour lui: succéder à Jean-Claude Juncker à la tête de l'Eurogroupe, un poste sur mesure pour l'ex-professeur d'économie.

La difficulté de ne soumettre que des «candidatures propres»

Selon La Stampa, il se contentera dimanche de présenter un «mémorandum pour défendre la cure amère d'austérité» imposée à la troisième économie de la zone euro et dresser la liste des «choses à faire». Pour Stefano Folli, éditorialiste du Sole 24 Ore, Monti fait face «à un dilemme et à des obstacles hauts comme des montagnes: il comptait proposer aux Italiens une révolution libérale en économie, un nouveau sens de l'Etat et un agenda pour avoir un rôle digne en Europe».

Mais les partis qui auraient soutenu la «Liste Monti» devaient faire le ménage pour ne soumettre que des «candidatures propres», un pari difficile face à l'ampleur des scandales de corruption qui ont touché le centre et la droite ces dernières années.

Autre problème: s'engager directement dans la course aux législatives signifiait rivaliser avec Pier Luigi Bersani, le chef de file de la gauche, favori pour devenir Premier ministre fin février, avec 30 à 35% des intentions de vote.

Le retour du Cavaliere, tonique et acerbe

Enfin, il s'agit aussi d'affronter le redoutable Silvio Berlusconi, de nouveau en campagne depuis début décembre pour faire remonter dans les sondages son parti PDL tombé entre à 15 et 20%. L'un des responsables de son parti, Fabrizio Cicchitto, a demandé samedi au président Napolitano de garantir que Mario Monti resterait «neutre» pendant la campagne. Le magnat des télévisions avait proposé à Monti de lui céder la place à la tête d'une coalition de centre-droit incluant le PDL. Mais, selon lui, le «Professeur» n'a même pas daigné lui répondre.

La rupture entre les deux hommes est totale et le Cavaliere, tonique à 76 ans, multiplie les critiques acerbes contre l'exécutif sortant, soumis, selon lui, aux diktats d'une Allemagne «hégémonique en Europe» .

Autre élément plaidant contre une candidature Monti: il y perdrait son image d'homme au-dessus des partis. Or, pendant les 13 mois de son mandat, il est resté populaire (autour de 40%) malgré la dureté des mesures adoptées justement grâce à cette réputation. Selon un sondage de l'institut SWG réalisé les 18 et 19 décembre, publié samedi, 60% des Italiens sont contre sa candidature pour telle ou telle formation. Et, selon le même sondage, si Monti était candidat, la nébuleuse centriste passerait seulement de 9,4% des intentions de vote à 15,4%. Trop peu pour ce grand commis habitué à être le premier de la classe.
 

LeParisien.fr

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