«Le M5S (NDLR : Movimento 5 stelle, Mouvement 5 Etoiles) ne votera pas la confiance au Parti démocrate (PD, gauche), ni à d'autres», a tranché son leader, Beppe Grillo, dont les élus (un quart des parlementaires) sont très courtisés en l'absence de majorité claire au Sénat.
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Le chef du PD Pier Luigi «Bersani nous harcèle politiquement. Depuis des jours, il importune le M5S avec des propositions indécentes au lieu de se démettre, comme le ferait n'importe qui à sa place», a écrit Beppe Grillo sur son compte Twitter (lire ci-dessous, en Italien), en réaction à un geste d'ouverture la veille de Pier Luigi Bersani.
Ce dernier avait évoqué un programme commun a minima qui aurait contenu des réformes chères au M5S comme tailler dans les coûts de la politique (nombre d'élus, financements aux partis) et des mesures pour les chômeurs et travailleurs précaires. «Si Bersani veut proposer l'abolition des financements publics aux partis politiques depuis la dernière élection, nous le voterons dans la foulée», a d'ailleurs réagi Beppe Grillo sur Twitter.
Piqué au vif, Pier Luigi Bersani a répliqué par communiqué : «Ce que Grillo a à me dire, y compris les insultes, je veux l'entendre au Parlement. C'est là que chacun assumera ses propres responsabilités».
Les déclarations de Beppe Grillo ont accru l'incertitude en raison de leur virulence, mais aussi de leur imprécision.
En parlant de vote de confiance, Grillo n'a pas dit s'il s'agirait du premier vote de confiance au Parlement, permettant l'entrée en fonction du gouvernement, ou s'il pense aux questions de confiance qu'un gouvernement peut poser sur les lois pour en accélérer l'adoption.
Le M5S devrait voter la confiance au nouveau gouvernement
Avant le message de Grillo, un de ses élus en Lombardie avait affirmé que le mouvement envisageait un premier vote de confiance puis des décisions au cas par cas. «L'orientation est de voter la confiance. Après quoi nous verrons les lois les unes après les autres en espérant que le nouveau gouvernement ne fasse pas comme le précédent, qui demandait la confiance sur tous ses projets», a déclaré Ferdinando Alberti.
Les voix du M5S au Sénat sont indispensables à un gouvernement de gauche pour obtenir la confiance. La seule option alternative serait qu'elle s'appuie sur la droite de Silvio Berlusconi. Une solution hautement improbable que Pier Luigi Bersani a écarté dès mardi.
Sur internet, de nombreux membres du M5S ont critiqué la décision de Grillo. «J'ai voté pour toi, pas pour que tu détruises tout», «je n'ai pas voté en faveur de ces actes irresponsables», ont-ils écrit.
Berlusconi appelle à la «responsabilité»
De son côté, dans un vidéo-message, Silvio Berlusconi a lancé un appel général à la «responsabilité» pour qu'un «message de stabilité soit lancé avant le 15 mars», date limite pour la réunion des deux chambres du Parlement, sinon le pays «risque de payer un prix trop élevé».
Selon la presse italienne, des tractations officieuses entre les états-majors des partis ont débuté par l'intermédiaire d'«ambassadeurs» tandis qu'une réunion de la direction du PD a été programmée pour mardi prochain.
Le mouvement 5 Etoiles (M5S) de Beppe Grillo a dépassé tous les pronostics en obtenant 108 députés avec 25,55% des voix, plus un élu à l'étranger, soit un total de 109, et en remportant 54 sièges au Sénat.
Quant à Silvio Berlusconi, parti sous les huées de ses adversaires en novembre 2011 et malgré des procès à répétition dont un pour prostitution de mineure, il a opéré une remontée spectaculaire et obtenu 29,18% des voix à la Chambre des députés.
Les marchés restent confiants
L'impasse politique n'a pas empêché l'Italie de passer son premier test de confiance sur les marchés en réussissant une émission obligataire. Le Trésor italien a levé 6,5 Mds€ à moyen et long terme, le maximum prévu, à des taux au plus haut que la précédente opération similaire mais en deçà des craintes des analystes.
Un pari qui était loin d'être gagné d'avance au vu de la tempête déclenchée mardi par les résultats du vote. La troisième économie de la zone euro se retrouve privée de majorité alors qu'elle est à la fois engluée dans la récession, lourdement endettée et en mal de réformes.
L'agence de notation Moody's a alourdi l'atmosphère en menaçant d'abaisser de nouveau la note souveraine de l'Italie, s'inquiétant d'une possible «relance de la crise de la dette dans la zone euro».
A la Bourse de Milan, la tendance était toutefois nettement plus détendue que la veille quand l'indice avait plongé de près de 5% : l'indice vedette FTSE Mib a clôturé en hausse de 1,77%.
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