Suivi quotidien, flash d'actualités touchant l'économie,culture,environnement, société, politique,poésie, l'international.

Silvio Berlusconi a finalement suivi les recommandations de son fidèle allié, Umberto Bossi (à droite), qui l'incitait à démissionner, hier midi.
AFP
Silvio Berlusconi va démissionner dans les jours qui viennent. À 75 ans, il n'a pas réussi à obtenir la majorité au Parlement, hier, à l'occasion d'un vote test sur le bilan 2010 de l'État. Lors d'une rencontre, hier soir, avec le président de la République, il a convenu de démissionner après l'adoption du budget 2012 et des réformes économiques promises à l'Union européenne, d'ici à la fin du mois. La fin de son gouvernement est désormais inéluctable.
Cette « longue agonie », selon l'expression du Corriere della Sera, a débuté, il y a plusieurs semaines, avec le départ de fidèles, à l'heure où le manque de crédibilité du chef du gouvernement inquiétait également le FMI et Bruxelles, qui ont mis la Péninsule sous surveillance. Mais le premier coup de semonce est arrivé, hier midi, lorsque Umberto Bossi, leader de la Ligue du Nord, son fidèle allié, a demandé au Cavaliere « de faire un pas de côté ».
Une victoire désastreuse
Dès lors, le match semblait de plus en plus difficile à remporter pour un président du Conseil pourtant réputé pour sa capacité à rebondir. Vers 16 h, le bilan 2010 de l'État italien a bien été adopté au Parlement. Mais par seulement 308 voix. Une victoire désastreuse pour Berlusconi, en dessous de la majorité absolue de 316 voix.
Le leader de l'opposition de gauche, Pierluigi Bersani, a invité le chef du gouvernement à démissionner pour prendre en compte le mécontentement des 321 députés (dont 8 du PDL de Berlusconi) qui n'ont pas voté.
S'estimant « trahi », Silvio Berlusconi s'est rendu à la résidence du président de la République, Giorgio Napolitano, à 19 h. Une rencontre qui a permis d'établir sa démission après l'adoption du budget 2012. « Le parlement est paralysé », a admis Silvio Berlusconi hier soir, expliquant qu'il avait décidé de démissionner parce que « l'important, c'est de faire le bien du pays ».
« Quoi qu'il arrive, ce ne sera pas la fin de Berlusconi mais seulement de son gouvernement, prévient le politologue Roberto D'Alimonte. Il restera un leader et continuera à jouer un rôle important. » « Silvio Berlusconi ne peut pas mourir, juste disparaître, ajoute Marco Belpoliti, auteur du livre Le corps du chef sur la starification de Berlusconi. Il a dominé le pays pendant près de vingt ans. S'il n'a plus le pouvoir, il sera immédiatement un personnage historique. »
Les scénarios évoqués pour la suite ne semblent pourtant pas laisser beaucoup de place au magnat des médias. La mise en place d'un gouvernement de droite ou d'un gouvernement de coalition nationale sont évoquées, mais il faudrait pour cela trouver un terrain d'entente entre tous les bords.
Dans le cas contraire, le président de la République optera pour l'organisation d'élections anticipées en 2013.