Suivi quotidien, flash d'actualités touchant l'économie,culture,environnement, société, politique,poésie, l'international.
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 29.08.11 | 06h49 • Mis à jour le 29.08.11 | 08h48

Le ministre japonais des Finances, Yoshihiko Noda, partisan de la rigueur budgétaire, a été élu lundi président du Parti Démocrate du Japon et sera nommé mardi premier ministre par le Parlement.REUTERS/Toru Hanai
Le ministre des finances japonais, Yoshihiko Noda, partisan de la rigueur budgétaire, a été élu, lundi 29 août, président du Parti démocrate et sera nommé mardi premier ministre par le Parlement. M. Noda, 54 ans, a obtenu 215 voix face au ministre de l'économie, du commerce et de l'industrie, Banri Kaieda, 62 ans, crédité de 177 suffrages sur les 392 exprimés lors du second tour de l'élection interne du Parti démocrate japonais (PDJ).
Au Japon, la règle veut que le numéro un du parti majoritaire à la chambre basse du Parlement devienne le chef du gouvernement. Yoshihiko Noda devrait être formellement élu mardi par le Parlement. Agé de 54 ans, M. Noda est le candidat préféré des marchés financiers, après ses promesses de réformes douloureuses pour s'attaquer au problème de la dette, abyssale, dans l'archipel. Dans son premier discours, le vainqueur a déclaré qu'il souhaitait obtenir le soutien de tout le parti pour relever les défis actuels du Japon, traumatisé par le séisme et le tsunami du 11 mars. "Pour résoudre le problème de (la centrale nucléaire de) Fukushima, reconstruire la région dévastée, lutter contre le yen cher et la déflation, il faut que tout le monde avance dans le même sens", a dit M. Noda.
DETTE ET TRAUMATISME
L'actuel premier ministre, Naoto Kan, a démissionné en raison des critiques sur sa gestion du séisme et du tsunami de mars et de l'accident à la centrale nucléaire de Fukushima Dai-Ichi. Aucun premier ministre n'est resté plus d'un an au pouvoir au Japon depuis 2006. Yoshihiko Noda va hériter d'un pays lourdement endetté et traumatisé par la plus grande tragédie qu'il ait connue depuis la deuxième guerre mondiale.
La reconstruction dans le nord-est du pays tarde à démarrer, la crise à la centrale de Fukushima n'est pas réglée et plusieurs dizaines de milliers de personnes survivent tant bien que mal dans des abris ou des préfabriqués. La tragédie a fait replonger l'économie dans la récession, avec une dette qui atteint le double du PIB, un yen trop cher et des dépenses sociales qui explosent à cause d'une population vieillissante.
L'agence de notation financière Moody's a reconnu que l'instabilité politique avait pesé dans sa décision d'abaisser d'un cran, à Aa3, la note de la dette à long terme du Japon. Elle fait également bondir les survivants de la tragédie du 11 mars qui s'estiment oubliés par le microcosme tokyoïte.