Suivi quotidien, flash d'actualités touchant l'économie,culture,environnement, société, politique,poésie, l'international.
L’ancien ministre du Budget Jérome Cahuzac était entendu mardi après-midi par les juges d’instruction chargés de l’enquête sur ses comptes présumés en Suisse et à Singapour, a annoncé l'AFP ce mardi après midi, confirmant des informations de presse.
Il s’apprêterait à reconnaître devant les juges qu’il est toujours titulaire dans une banque à Singapour d’un compte affichant un solde de plus de 500 000 euros ouvert dans une succursale de l’établissement suisse Reyl et Cie, après avoir fermé un premier compte à la banque UBS en Suisse à la fin des années 2000, affirme de son côté le Canard Enchaîné.
Dans un tweet publié ce mardi à la mi-journée, l'hebdomadaire satirique assure en effet que Jérôme Cahuzac était «prêt à passer aux aveux», précisant qu'il a «pris rendez-vous avec les juges pour parler de ses comptes en Suisse et à Singapour».
La chaîne d’informations en continu BFM TV évoque elle aussi un tel rendez-vous devant les juges, assurant que Jérôme Cahuzac, accusé de «blanchiment de fraude fiscale», était entendu ce mardi par le pôle financier du Tribunal de grande instance de Paris.
Depuis le début de l'affaire, révélée par Mediapart début décembre, l'ex-ministre du Budget, qui a démissionné de ses fonctions le 19 mars dernier, n'a pourtant cessé de nier avoir eu un ou plusieurs comptes à l'étranger. De son côté, le site d’investigation assure que Cahuzac a été titulaire d’un compte en Suisse. Il aurait attendu 2010 pour le fermer, et transférer les avoirs à Singapour.
Le 5 décembre, Jérôme Cahuzac assure pourtant devant les députés : «Je n’ai pas, je n’ai jamais eu de compte à l’étranger. Ni maintenant ni avant.»
A lire aussi : notre chronologie «Cahuzac, des premières révélations à la démission» et Les limites de la communication de déni
Mediapart publie par la suite un enregistrement téléphonique qui daterait de 2000. On y entend un homme déplorer : «Moi, ce qui m’embête, c’est que j’ai toujours un compte ouvert à l’UBS [l’Union des banques suisses], mais, il n’y a plus rien là-bas, non ? La seule façon de le fermer, c’est d’y aller ?» Cet homme, affirme Mediapart, est le ministre du Budget.
A lire aussi le portrait de Jérôme Cahuzac
L'interessé, lui, s'en tient à sa ligne de défense : il attaquera en diffamation tous ceux qui, comme Mediapart, l'accuseraient d'avoir des comptes à l'étranger.
Y compris après sa démission à la suite de l'ouverture d'une enquête judiciaire pour «blanchiment de fraude fiscale» le 19 mars, Jérôme Cahuzac continue de clamer son innocence. «Par respect pour le bon fonctionnement tant du gouvernement que de la justice, j’ai décidé de présenter ma démission, écrit-il dans un communiqué. Cela ne change rien à mon innocence ni au caractère calomniateur des accusations lancées contre moi.»
François Hollande, lui, met en avant le devoir «d'exemplarité» de son gouvernement, tout en affirmant sa «confiance» en la parole de son ex-ministre.