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Ce n'est pas la plus connue des institutions nationales, loin s'en faut... Ce n'est pas la moins active ! Près de 17.000 diagnostics établis, plus de 112.000 hectares explorés et quelque 2.200 fouilles menées depuis sa création il y a dix ans : une effervescence qui vaut à l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) d'être soutenu par des mécènes tels Arcour-Vinci, Bouygues Travaux Publics, RFF, VNF ou encore les fondations EDF et Total.
L'Inrap fête cette fin de semaine la troisième édition des Journées nationales de l'archéologie. Conformément à la convention de Malte, cet opérateur des ministères de la Culture et de la Recherche assure des fouilles préventives avant tous travaux d'aménagement, ceci afin d'éviter les destructions de vestiges. « Construction d'un TGV, d'un canal, d'un tramway, d'un parking... il faut faire très vite, en amont des chantiers. Mais les aménageurs l'ont désormais intégré dans leur calendrier et dans leur budget », observe Arnaud Roffignon, son directeur général.
Résultat, « des pans entiers de l'histoire de France ont ainsi pu être réécrits » : des recherches sur l'autoroute A65 ont ainsi révélé « un « désert » landais au paléolithique ; à Nancy, des fortifications caractéristiques de l'apparition de l'artillerie ont été exhumées lors de l'aménagement des places de la ville. « Mais sur 100 chantiers réalisés, de six à huit seulement font l'objet de diagnostics et de un à deux de fouilles, en fonction de leur intérêt scientifique et patrimonial », poursuit Arnaud Roffignon. L'archéologie préventive revient à 3 euros par an et par habitant, ou encore à 0,2% du budget du secteur du BTP.
VIDEO Quand l'archéologie éclaire l'histoire d'un jour nouveau -L'interview de Pascal Depapepe, directeur scientifique et technique à l'Inrap
L'Inrap est la plus importante structure de ce type en Europe, avec plus de 2.000 collaborateurs et un budget de près de 160 millions d'euros (85 de ressources propres, 55 de redevance payée par les aménageurs, 20 de subventions). Il s'adjuge 70% des fouilles face à une vingtaine d'opérateurs privés et une soixantaine d'opérateurs publics principalement créés par des collectivités locales.
Devenu « tête de réseau » scientifique et culturelle, l'insitut, basé à Paris pilote le projet européen « Archéologie dans l'Europe contemporaine » et ses chercheurs sont intervenus dans une soixantaine de pays. Près de 300 de ses archéologues appartiennent à des équipes associant l'université et le CNRS. Sur son site Internet, qui reçoit 100.000 visiteurs par mois, l'Institut propose 400 rapports de fouilles numérisés, une centaine de reportages et plusieurs milliers de photos.
Pour présenter ses chantiers au public, l'Inrap a organisé également des centaines de portes ouvertes et de conférences, publié des dizaines d'ouvrages, coproduit des centaines d'expositions avec les collectivités locales ou les aménageurs, comme « 100.000 ans sous les rails » vue par 2 millions de personnes dans cinq villes, ou « Gaulois, une expo renversante » à La Villette avec Universciences, qui devrait atteindre 300.000 visiteurs d'ici à septembre.
Cette archéologie préventive, que les aménageurs voyaient comme une contrainte, est désormais devenue une vitrine. « La France est à la pointe, on a besoin de notre savoir-faire », insiste Arnaud Roffignon.

Écrit par Martine ROBERT