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Juppé : Gbagbo est à «deux doigts» de céder le pouvoir

Juppé : Gbagbo est à «deux doigts» de céder le pouvoir
Par lefigaro.fr
05/04/2011 | Mise à jour : 18:16
Laurent Gbagbo et son chef d'état-major Philippe Mangou à Abidjan, le 7 août 2008.
Laurent Gbagbo et son chef d'état-major Philippe Mangou à Abidjan, le 7 août 2008. Crédits photo : KAMBOU SIA/AFP

Paris et l'ONU exigent que Gbagbo, retranché dans un bunker avec des proches, signe un document de renonciation au pouvoir et reconnaisse la victoire de Ouattara. Les troupes loyales au président sortant avaient demandé peu auparavant un cessez-le-feu.

 

• «Retranché» dans un bunker, Gbagbo négocie son départ

L'«assaut final» du camp Ouattara sur les bastions de Gbagbo a été donné dans la nuit. Des tirs à l'arme lourde étaient entendus mardi dans Abidjan depuis le quartier du Plateau, où se situe le palais présidentiel. De violents combats ont également lieu autour de l'Ecole de gendarmerie, située dans le quartier de Cocody, a rapporté un habitant.

Un militaire pro-Ouattara se met à l'abri lundi.
Un militaire pro-Ouattara se met à l'abri lundi. Crédits photo : STAFF/REUTERS

La résidence de Gbagbo, qui se trouve dans un autre quartier que le palais présidentiel, serait encerclée par les pro-Ouattara, selon Associated Press. Le président sortant est «retranché avec une poignée de fidèles» dans un «bunker», a annoncé le porte-parole de l'Onuci.

Paris a confirmé que des négociations ont été entamées avec Laurent Gbagbo. «Nous sommes aujourd'hui je l'espère à deux doigts de convaincre M. Gbagbo de quitter le pouvoir», a déclaré le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé à l'Assemblée nationale. Ce dernier a précisé que Paris et l'ONU exigent de lui qu'il signe un document dans lequel il renonce au pouvoir en Côte d'Ivoire et reconnaisse Alassane Ouattara comme président du pays. «Nous avons également indiqué à l'Onuci que nous souhaitions que toutes les dispositions soient prises pour sécuriser physiquement Gbagbo et sa famille et qu'il appartiendra ensuite à l'Onuci et aux autorités ivoiriennes de décider de la suite à donner aux conditions de départ de Gbagbo», a-t-il ajouté.

Des négociations confirmées par François Fillon : «Au moment même où nous sommes en train de parler, deux généraux proches de l'ancien président Gbagbo sont en train de négocier les conditions d'une reddition».

Pour sa part, le chef d'état-major de l'armée loyale au président sortant, le général Philippe Mangou, a déclaré que ses troupes avaient «arrêté les combats» mardi et «demandé un cessez-le-feu» à la mission de l'ONU.

Alcide Djédjé, le ministre des Affaires étrangères de Gbagbo, a indiqué dans une interview à Radio France Internationale être en train d'en négocier les termes à la résidence de l'ambassadeur de France à Abidjan. La situation «peut se dénouer dans les quelques heures qui viennent», a estimé mardi après-midi le ministre de la Défense Gérard Longuet.

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Un gendarme français blessé

Un gendarme français du GIGN assurant la protection de la résidence de l'ambassadeur de France à Abidjan a été blessé à la cuisse par des éclats de balle ou de roquette lundi soir. Ce gendarme, qui était en mission d'observation dans le jardin de la résidence de l'ambassade, proche de la résidence du président sortant Laurent Gbagbo, a été évacué à la base française de Port-Bouët où il a été opéré. Son état n'inspire pas d'inquiétude.


• Les forces françaises n'ont pas mené de nouvelles attaques mardi

Pour le moment, les hélicoptères de la force française Licorne en Côte d'Ivoire n'étaient pas engagés mardi dans de nouvelles attaques, assure à Paris l'état-major des armées. Les appareils se contentent de survoler Abidjan.

Les troupes françaises avaient en effet été autorisées lundi, sur demande expresse du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, à participer aux actions armées de l'Onuci à Abidjan afin de neutraliser les armes lourdes utilisées par le camp Gbagbo contre les populations civiles.



La force Licorne forte de 1650 hommes depuis lundi.
La force Licorne forte de 1650 hommes depuis lundi. Crédits photo : SCH BLANCHET/AFP

Les hélicoptères onusiens et ceux de la force Licorne avaient ainsi tiré lundi sur le palais et la résidence présidentiels de Laurent Gbagbo, à Abidjan,sur le camp d'Akouédo qui abrite trois bataillons de l'armée pro-Gbagbo et sur des des armes lourdes et des détachements de blindés du camp d'Agban. A cette occasion, les hélicoptères français ont détruit une dizaine de blindés et quatre canons anti-aériens des forces pro-Gbagbo, a indiqué mardi le ministre de la Défense Gérard Longuet devant les députés.

Selon son porte-parole, Laurent Gbagbo «est étonné que la France attaque directement la Côte d'Ivoire» alors qu'«il n'a jamais fermé la porte au dialogue».

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» À Abidjan, les expatriés pris dans la tourmente


Une fosse commune découverte à Duékoué

Les enquêteurs de l'ONU dépêchés à Duékoué, dans l'ouest de la Côte d'Ivoire, où un massacre a été signalé la semaine dernière, ont découvert près de 200 corps dans une fosse commune. Le Comité international de la Croix-Rouge a fait état vendredi d'au moins 800 morts dans cette localité de la «boucle du cacao» tombée le 29 mars aux mains des forces fidèles à Alassane Ouattara. L'Onuci a imputé la mort de 220 personnes aux hommes du président élu, qui dément toute implication de ses troupes, et celle de 110 autres à des partisans de Laurent Gbagbo.

» AUDIO - «À Duékoué, le nombre de réfugiés a quadruplé»


Obama presse Laurent Gbagbo de se retirer

Le président américain a réitéré mardi dans un communiqué son appel au président ivoirien sortant à cesser de s'accrocher au pouvoir, lui demandant de «démissionner immédiatement». Barack Obama a par ailleurs déclaré soutenir «fermement» la mission de l'ONU et a salué «les actions des forces françaises qui soutiennent cette mission».

De son côté, la Russie a annoncé mardi étudier «la question de la légalité» des frappes de l'ONU et de la France à Abidjan «parce que le mandat des forces de maintien de la paix implique leur neutralité et leur impartialité». Moscou a par ailleurs demandé la tenue d'un «briefing urgent au Conseil de sécurité de l'ONU».

Le président en exercice de l'Union africaine a condamné mardi l'intervention sous mandat de l'ONU tandis que l'Afrique du Sud a exprimé ses réserves, insistant sur la nécessité de trouver «une solution pacifique» au conflit.


Quatre étrangers dont deux Français enlevés

Deux Français, un Béninois et un Malaisien ont été enlevés lundi à l'hôtel Novotel d'Abidjan par des «éléments armés» dans un quartier contrôlé par le président sortant Laurent Gbagbo, selon une source diplomatique. Les Français enlevés sont le directeur de l'hôtel et le président du conseil d'administration du groupe agro-industriel ivoirien Sifca, Yves Lambelin. Lundi, la télévision d'État RTI avait pourtant affirmé que les forces armées fidèles à Laurent Gbagbo assuraient «la sécurité des Français vivant en Côte d'Ivoire».


L'ONU très préoccupée par la situation humanitaire

Des dizaines de personnes ont trouvé la mort dans les combats à l'arme lourde qui se sont déroulés ces derniers jours à Abidjan, a indiqué mardi le Haut commissariat des Nations unies aux droits de l'homme. Selon l'ONU, la situation humanitaire est «absolument dramatique» pour les civils pris dans les combats. L'insécurité rend difficile les opérations de secours.

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