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Le Point.fr - Publié le <time datetime="2013-07-19T22:57" itemprop="datePublished" pubdate=""> 19/07/2013 à 22:57</time> - Modifié le <time datetime="2013-07-19T23:00" itemprop="dateModified"> 19/07/2013 à 23:00</time>
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John Kerry a arraché vendredi après des discussions intensives un accord de principe sur la
reprise de négociations de paix israélo-palestiniennes, au terme de son sixième voyage dans la
région. "J'ai le plaisir d'annoncer que nous sommes parvenus à un accord qui établit la base
d'une reprise des négociations sur le statut final entre Palestiniens et Israéliens", a annoncé
le secrétaire d'Etat américain à Amman avant de repartir pour Washington.
"L'accord est en cours de finalisation, nous n'allons donc absolument par parler de ses
éléments pour l'instant", a-t-il dit, précisant qu'il se réunirait avec le négociateur palestinien
Saëb Erakat et la ministre israélienne de la Justice Tzipi Livni, en charge des négociations
de paix, à Washington "pour entamer les pourparlers au cours de la semaine prochaine".
Il a rendu hommage au "leadership courageux" du président palestinien Mahmoud Abbas
et du Premier ministre israélien Netanyahu. "Tous les deux ont choisi de faire des choix
difficiles et joué un rôle clé", a assuré M. Kerry.
Il a conclu quatre jours d'intense activité diplomatique par une visite de dernière minute
à Ramallah, en Cisjordanie, après des discussions avec Saëb Erakat dans la capitale
jordanienne vendredi matin, pour rencontrer le président Abbas, avec lequel il s'était
déjà longuement entretenu mardi et mercredi à Amman. Le secrétaire d'État avait
auparavant passé quatre heures au téléphone en consultations avec les dirigeants
israéliens et palestiniens, selon des sources diplomatiques américaines. La présidence
palestinienne a salué l'accord mais souligné qu'il restait des "détails à régler".
Lors des dernières rencontres entre John Kerry et Mahmoud Abbas, "des progrès ont
été réalisés qui ont rendu possible un accord sur des principes permettant la reprise
des négociations", a déclaré le porte-parole du président palestinien. Du côté israélien,
Tzipi Livni s'est félicitée que "quatre ans de marasme diplomatique touchent à leur fin".
Le Hamas, au pouvoir à Gaza, a en revanche rejeté "la reprise des négociations",
un porte-parole du mouvement, Sami Abou Zouhri, réaffirmant que "M. Abbas n'a
aucune légitimité pour négocier au nom du peuple palestinien sur des questions
fondamentales".
Dans la nuit de jeudi à vendredi, le président américain Barack Obama a appelé
M. Netanyahu pour l'exhorter à travailler à une reprise des négociations "le plus tôt
possible", selon la Maison Blanche, après le rejet par la partie palestinienne des
paramètres proposés par M. Kerry.
Le négociateur palestinien Saëb Erakat était venu à Amman informer John Kerry "
de la position qui s'est dégagée hier (jeudi) soir de réunions de la direction palestinienne"
, avait déclaré un responsable palestinien sous le couvert de l'anonymat, citant "une
référence claire aux frontières de 1967, l'arrêt de la colonisation et des éclaircissements
sur la question de la libération des prisonniers". Le vice-ministre israélien des Affaires
étrangères Zeev Elkin a rejeté vendredi ces revendications, affirmant que "préjuger
des concessions auxquelles Israël est prêt avant même l'ouverture de négociations
avec les Palestiniens ne sera jamais couronné de succès".
"Même ceux qui soutiennent une solution à deux États devraient admettre que la
reconnaissance des frontières de 1967 a quelque chose de suicidaire", a-t-il dit,
en référence aux lignes antérieures au début de l'occupation israélienne. Arrivé
mardi à Amman, John Kerry s'est d'abord montré optimiste, repoussant même
son départ initialement prévu jeudi.
Il a enregistré mercredi le soutien d'une délégation du comité de suivi arabe sur le
processus de paix, jugeant que ses propositions créaient "un climat convenable
pour relancer des négociations sérieuses, avec en particulier des éléments
nouveaux sur le plan économique, politique et de la sécurité". Mais les instances
dirigeantes palestiniennes ont rejeté jeudi sa proposition de reprise des pourparlers
prévoyant une "retenue" dans la colonisation israélienne, uniquement hors des grands
blocs d'implantations et de Jérusalem-Est, au lieu du gel total qu'elles exigent.
"Kerry n'a pas fourni de garanties d'un arrêt de la colonisation ni de référence
claire pour les négociations, selon les frontières de 1967", avait expliqué jeudi
le député indépendant Moustapha Barghouthi.
Le chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton a "chaleureusement salué"
vendredi soir l'accord de principe sur une reprise des négociations, louant le "courage"
des deux parties et le travail du secrétaire d'Etat américain John Kerry.