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Khmers rouges : démission d'un juge suisse en désaccord avec Phnom Penh

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Khmers rouges : démission d'un juge suisse en désaccord avec Phnom Penh

Le Monde.fr avec AFP | <time datetime="2012-03-19T14:17:47+01:00" itemprop="datePublished">19.03.2012 à 14h17</time>

 
 
<figure class="illustration_haut"> Le responsable Khmer Rouge Douch comparaît, comme témoin, devant la chambre extraordinaire au sein des tribunaux cambodgiens le 19 mars 2012 </figure>

Le juge d'instruction suisse Laurent Kasper-Ansermet a annoncé sa démission de sa fonction de juge d'instruction auprès des Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens (CETC/ECCC), lundi 19 mars. Une cour chargée de traduire en justice les principaux dirigeants du régime khmer rouge.

Laurent Kasper-Ansermet avait été désigné en octobre 2011, après la démission de son prédécesseur le juge allemand Siegfried Blunk. Ce dernier avait démissionné, après avoir accusé le gouvernement cambodgien d'ingérence dans l'action du tribunal.

Le Conseil suprême de la magistrature du Cambodge s'était opposé à la nomination de Laurent Kasper-Ansermet au poste de cojuge d'instruction international. Malgré le refus de Phnom Penh de confirmer sa nomination, M. Kasper-Ansermet avait ordonné unilatéralement la réouverture d'un dossier dont la fin de l'enquête avait pourtant été annoncée.

Le magistrat suisse a, à son tour, estimé lundi 19 mars qu'il n'était "plus concrètement en mesure d'exercer correctement et librement ses fonctions". Selon un communiqué transmis par le tribunal, il "a remis sa démission, avec effet à partir du 4 mai 2012".

UNE ENTRAVE À LA JUSTICE ?

Le site d'information swissinfo, rapportait le 13 mars que Laurent Kasper-Ansermet souhaitait juger cinq cas supplémentaires, et ce malgré l'opposition de Phnom Penh. "Pour les ONG internationales, la cause est entendue : le gouvernement de Phnom Penh ferait tout pour entraver l'action de l'ONU et de la justice internationale contre les anciens Khmers rouges", analyse le site d'information.

De quoi agacer le premier ministre cambodgien, Hun Sen, lui même ancien cadre khmer rouge, qui s'était finalement retourné contre le régime et ouvertement opposé à la tenue d'autres procès après celui, en cours, des trois plus hauts responsables encore vivants du régime de Pol Pot.

Le gouvernement cambodgien justifie également sa position par le fait que la cour est constamment en manque de liquidités et que ses trois cents employés cambodgiens ne perçoivent plus de salaire depuis octobre. "S'il fallait juger tous les Khmers rouges, il faudrait trois cents ans. Le Cambodge n'a pas les ressources financières, ni même l'ONU, pour lancer de nouveaux procès", indiquait au site suisse Rithy Panh, le cinéaste cambodgien réalisateur de Duch, le maître des forges de l'enfer.

Un seul accusé a été pour l'instant jugé par ce tribunal : Kaing Guek Eav, alias "Duch", ex-chef de la prison de la capitale. Il a été condamné à la perpétuité en février lors d'un procès en appel.

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