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On n’y croyait plus ! Vladimir Poutine, a déclaré jeudi qu’il s’apprêtait à signer un décret de grâce de l’ex-magnat du pétrole Mikhaïl Khodorkovski, selon des images retransmises par la télévision publique. Et le président russe de préciser que Mikhaïl Khodorkovski a écrit une demande de grâce, ce qu’il s’était refusé à faire jusqu’à présent. « Il a déjà passé plus de dix ans en détention, c’est une punition sérieuse, il invoque des circonstances d’ordre humanitaire - sa mère est malade - et j’estime que l’on peut prendre cette décision », a déclaré Vladimir Poutine.
Condamné par deux fois, pour fraudes fiscales puis vol de pétrole, Mikhaïl Khodorkovski est depuis le 25 octobre 2003 en prison et ne devait initialement pas en sortir avant août 2014.
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Haï par Vladimir Poutine, qui n’a pas hésité à le comparer à Al Capone, Mikhaïl Khodorkovsdi a été l’un des premiers à croire au capitalisme sous Gorbatchev. Après avoir créé une société de vente d’ordinateurs en 1988, il a monté l’une des premières banques privées du pays, Menatep. Pour avoir financé la campagne de Boris Eltsine, il a été récompensé à Noël 1995 et a pu s’offrir le géant pétrolier Ioukos dans l’opération « actions contre prêt » pour 310 millions de dollars. Quand, au tout début des années 2000, en pleine campagne pour la présidentielle, Vladimir Poutine promet d’en finir avec l’influence politique des oligarques, patrons richissimes ayant acquis les grandes entreprises publiques pour une bouchée de pain, la justice moscovite ouvre les dossiers de cinq sociétés russes, dont celui de Ioukos. Dix ans plus tard, l’ancien milliardaire est toujours détenu dans un camp proche de la frontière finlandaise.
Quel avenir pour Mikhaïl Khodorkovski une fois en liberté ? Certains rêvent pour lui des plus hautes fonctions. Car en dix ans, l’ex-oligarque a gagné le soutien de la population qui, pourtant, le haïssait, voyant en lui l’image type de l’oligarque qui s’est facilement enrichi grâce aux chaotiques privatisations postcommunistes des années 1990. Aujourd’hui, de nombreux Russes sont émus par son courage et par l’acharnement du gouvernement à son encontre. Alors, de là à lui prêter un destin présidentiel, il n’y a qu’un pas...
En février 2013, Mikhaïl Khodorkovski, depuis le camp de travail de Segezha, en Carélie, avait accepté de répondre aux « Echos » à l’occasion de la visite du président français en Russie. Lire son interview : « Sans diplomatie politique, la diplomatie économique n’a pas beaucoup de sens »
Écrit par Florence RENARD-GOURDON
Journaliste
frenard@lesechos.fr