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L\'ambassadeur français sera présent aux commémorations du génocide rwandais

<article class="article article_normal" itemscope="" itemtype="http://schema.org/NewsArticle" style="box-sizing: border-box; margin-bottom: 13px; color: rgb(22, 33, 44); font-family: arial, freeSans, sans-serif; line-height: 18.200000762939453px; background-color: rgb(255, 255, 255);">

L'ambassadeur français sera
présent aux commémorations
du génocide rwandais

Le Monde.fr avec AFP | <time datetime="2014-04-05T19:07:49+02:00" itemprop="datePublished" style="box-sizing: border-box;">05.04.2014 à 19h07</time> • Mis à jour le <time datetime="2014-04-06T18:52:38+02:00" itemprop="dateModified" style="box-sizing: border-box;">06.04.2014 à 18h52    </time>lien Abonnez-vous


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<figure class="illustration_haut" style="box-sizing: border-box; margin: 0px; position: relative;">Des photos de victimes du génocide rwandais au Kigali Genocide Memorial Centre, le 5 avril.</figure>

 

La France sera représentée lundi à Kigali aux commémorations marquant le 20eanniversaire du génocide rwandais par son ambassadeur Michel Flesch, a indiqué dimanche 6 avril le Quai d'Orsay.

« L'ambassadeur sera présent à la cérémonie présidée par Paul Kagame », a précisé le porte-parole du ministère français des affaires étrangères Romain Nadal, en ajoutant qu'il n'avait « jamais été question d'un boycott des cérémonies » après les déclarations du président rwandais accusant Paris d'avoir« participé » au génocide de 1994.

Samedi, la France avait dit « regretter de ne pouvoir prendre part aux commémorations » et annulé le voyage prévu à Kigali de la ministre de la justice, Christiane Taubira. « La France est surprise par les récentes accusations portées à son encontre par le président du Rwanda » qui « sont en contradiction avec le processus de dialogue et de réconciliation engagé depuis plusieurs années entre nos deux pays ».

« Dans ces conditions, Mme Taubira, garde des sceaux, ne se rendra pas ce lundi à Kigali », a-t-il ajouté, alors que la ministre avait été choisie par François Hollandepour y représenter le pays.

Lire : L'armée française hantée par le génocide rwandais

 

<figure class="illustration_haut" style="box-sizing: border-box; margin: 0px; position: relative;">Le président rwandais, Paul Kagamé, en février 2012, à Rome.</figure>

 

LES SOLDATS FRANÇAIS « COMPLICES » ET « ACTEURS »

Dans un entretien publié dimanche 6 avril dans l'hebdomadaire Jeune Afrique, le président rwandais Paul Kagame accuse une nouvelle fois la France de« participation » à l'« exécution » du génocide de 1994.

Evoquant la question des responsabilités, le président rwandais dénonce le « rôle direct de la Belgique et de la France dans la préparation politique du génocide et la participation de cette dernière à son exécution même ». Il accuse les soldats français de l'opération militaro-humanitaire « Turquoise », déployée en juin 1994 sous mandat de l'Organisation des Nations unies dans le sud du pays, d'avoir été« complices certes » mais aussi « acteurs » des massacres.

LA FRANCE DOIT « REGARDER LA VÉRITÉ EN FACE »

La France doit « regarder la vérité en face » concernant son rôle dans le génocide, a estimé quant à elle, dimanche, la ministre rwandaise des affaires étrangères.« Pour que nos deux pays commencent réellement à s'entendre, nous allonsdevoir regarder la vérité en face, la vérité est difficile, il est compréhensible qu'il soit très difficile d'accepter la vérité d'être proche de quelqu'un associé au génocide », a déclaré Mme Mushikiwabo, qui s'exprimait à Kigali lors d'un foruminternational au Parlement.

« Il est impossible pour nos deux pays d'avancer si la condition est que le Rwanda doive oublier son histoire pour s'entendre avec la France (...) Nous ne pouvonsavancer au détriment de la vérité historique du génocide », a-t-elle poursuivi.

Mme Mushikiwabo a ensuite jugé que les propos de M. Kagame n'étaient « ni nouveaux ni surprenants », mais que la réaction française, elle, était « excessive »« C'est malheureux parce que l'histoire est l'histoire », a poursuivi la ministre, estimant que « le peuple français en général ne devrait pas être tenu dans l'ignorance de ce que certains responsables français ont fait » au Rwanda.« Si le président Kagame doit se taire pour que la France et le Rwanda s'accordent alors je crois que le chemin est encore long », a-t-elle ajouté.

PAS DE « PARTICIPATION DIRECTE » SELON KOUCHNER

Ces accusations ont été maintes fois démenties par Paris. Dans une première réaction, la présidence française avait jugé samedi que les nouvelles déclarations de M. Kagame n'allaient « pas dans le sens de l'apaisement »« J'appelle le président de la République et le gouvernement français à défendre sans ambiguïté l'honneur de la France, l'honneur de son armée, l'honneur de ses diplomates », a demandé samedi soir Alain Juppé sur son blog.

Dans des propos recueillis par Le Monde, l'ex-chef de la diplomatie française Bernard Kouchner, principal artisan du rétablissement des relations diplomatiques franco-rwandaises en 2010, venu dimanche participer au forum international etassister aux commémorations à Kigali, a déclaré : « C'est une erreur de part et d'autre (...). C'est plus qu'un malentendu, c'est une incompréhension. »

« L'opération Turquoise, je l'ai vendu et Paul Kagame l'a accepté. Elle était destinée à sauver des vies même s'il y a eu quelques ordres bizarres… Est-ce que les troupes françaises ont elles mêmes assassiné à la main quelques tutsis, je ne le crois pas du tout. Mais que tout a été préparé avec leur consentement illicite, implicite, je n'en sais rien », a ajouté M. Kouchner, qui fut le ministre des affaires étrangères de Nicolas Sarkozy, premier et seul président français à s'êtrerendu au Rwanda depuis le génocide. Nous avons mis vingt ans à juger un génocidaire. Il n'y a pas de quoi se vanter. »

Lire : Retour au Rwanda, entre mémoire et avenir

 

 

 
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