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Le Point.fr - Publié le 08/01/2012 à 15:52 - Modifié le 08/01/2012 à 16:11
L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin. © Haley / Sipa
L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin doit être entendu lundi dans le volet financier de l'enquête sur l'attentat de Karachi (8 mai 2002) et les salariés de la DCN ayant survécu doivent également témoigner cette semaine, dans un autre volet du dossier. Les juges d'instruction Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire enquêtent sur un éventuel financement occulte de la campagne présidentielle d'Édouard Balladur en 1995, via le détournement de commissions sur des contrats d'armement avec l'Arabie saoudite (Sawari II) et le Pakistan (Agosta), signés fin 1994.
Lundi, pour la deuxième fois, ils entendront Dominique de Villepin, secrétaire général de l'Élysée en 1995, selon lequel les commissions sur les contrats d'armement ont été interrompues par le président Jacques Chirac en raison de soupçons de rétrocommissions. "Je suis très heureux de cette occasion de pouvoir contribuer à la vérité", a déclaré M. de Villepin, commentant son audition. Mais il devrait être aussi interrogé sur l'après-1995 par les juges, qui ont récemment obtenu d'étendre leur enquête à une poursuite de cette corruption éventuelle sous la présidence de Jacques Chirac.
Les avocats de deux mis en examen de l'affaire, Nicolas Bazire et Ziad Takieddine, ont déposé des demandes de nullité de la procédure, arguant notamment que les juges ont travaillé pendant plusieurs semaines "hors saisine", selon des sources proches du dossier. Ces demandes ne devraient pas être examinées avant plusieurs semaines par la cour d'appel. Me Ludovic Landivaux, avocat de Ziad Takieddine, a confirmé à l'AFP avoir demandé avant Noël au président de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de suspendre la procédure dans l'attente de cette décision, comme l'écrit le JDD.
Dans un autre volet de l'affaire, les survivants de l'attentat doivent témoigner, à partir de mardi, devant les policiers de la brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP), chargés de l'enquête préliminaire ouverte après leur plainte, déposée en octobre, contre leur employeur.
Les salariés reprochent à la DCN (Direction des constructions navales) de ne pas avoir tenu compte d'une "menace explicite contre la France", dont avait été informée l'ambassade de France à Islamabad en février 2002, ainsi que d'autres menaces contre des Occidentaux.
Ils mettent en avant le témoignage d'un membre du Service de coopération technique international de police (SCTIP), qui dit avoir lancé l'alerte, dès le 12 avril 2002, après avoir appris par deux sources pakistanaises que des attentats étaient en préparation contre des Occidentaux.
Or, selon les survivants de l'attentat qui a fait 15 morts, dont 11 salariés de la DCN, le 8 mai 2002, aucun changement n'avait pourtant été apporté au dispositif de sécurité les entourant. La DCN a été condamnée une première fois pour "faute inexcusable" dans cette affaire en 2004.
Autre rendez-vous attendu prochainement, celui des survivants avec les policiers de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), à la demande du juge d'instruction Marc Trévidic, chargé du volet terrorisme de l'enquête.
Les survivants n'ont été entendus qu'une seule fois, juste après l'attentat, lorsque l'ancien juge Jean-Louis Bruguière dirigeait l'instruction. Ce dernier avait privilégié la thèse d'un attentat-suicide d'un islamiste au volant d'une voiture piégée, désormais contredite par le rapport d'autopsie du terroriste présumé. Le juge Trévidic travaille sur l'hypothèse de représailles après l'arrêt, par la France, du versement de commissions liées au contrat d'armement Agosta et pour lequel travaillaient les salariés de la DCN au moment de l'attentat.