L'Arabie saoudite a décidé de rappeler pour consultation son ambassadeur en poste au Caire et de fermer toutes ses représentations diplomatiques en Egypte à la suite de manifestations anti-saoudiennes, rapporte l'agence de presse officielle saoudienne SPA.
L'agence ajoute que ces décisions ont été prises en raison de "manifestations injustifiées" en Egypte et de plusieurs tentatives de manifestants de pénétrer à l'intérieur des représentations diplomatiques saoudiennes, "ce qui a menacé la sécurité des employés".
Le chef du Conseil suprême des forces armées égyptiennes, le maréchal Hussein Tantaoui, a entrepris des contacts avec les dirigeants saoudiens pour éviter une crise ouverte, a rapporté l'agence officielle Mena. Le chef de la diplomatie égyptienne, Mohamed Kamel Amr, a fait savoir qu'il avait chargé l'ambassade d'Egypte à Ryad "d'engager d'urgence des contacts avec les autorités saoudiennes en vue de libérer le ressortissant égyptien".
JUGÉ PAR CONTUMACE
Des manifestations ont été organisées devant l'ambassade d'Arabie saoudite au Caire pour dénoncer l'arrestation dans le royaume wahhabite d'Ahmed Mohamed Tharwat Al Gizawy, un avocat égyptien accusé d'avoir insulté le roi Abdallah. Cet avocat a dénoncé le sort réservé aux détenus égyptiens dans les prisons saoudiennes. Les autorités saoudiennes affirment qu'il a été arrêté pour détention de drogue.
Selon l'Arabic Network for Human Rights Information (Anhri), une ONG égyptienne, Ahmed Mohamed Tharwat Al Gizawy a été arrêté car il avait été jugé par contumace à un an de prison et vingt coups de fouet pour avoir critiqué le pouvoir saoudien, une information démentie par l'ambassadeur saoudien au Caire. L'avocat voyageait en compagnie de sa femme pour accomplir le petit pèlerinage à La Mecque lorsqu'il a été arrêté à l'aéroport de Jeddah, sans avoir été informé au préalable de sa condamnation, rapporte l'Anhri.