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L'envolée du chômage ces derniers mois pouvait le laisser craindre : la situation du marché du travail est encore plus sombre qu'attendu. Quelque 44.600 emplois marchands ont été détruits au quatrième trimestre 2012, selon les données publiées hier par l'Insee. C'est bien plus que ne l'indiquaient les données provisoires il y a un mois (-28.100) et c'est quasiment autant qu'au troisième trimestre. Le rythme de destructions d'emplois fin 2012 aura donc été comparable à l'évolution de l'activité économique (-0,3 %). Ces chiffres confirment le très net retournement de l'emploi amorcé il y a un an : au total, l'économie a détruit près de 100.000 postes marchands (99.500 précisément) en 2012, soit une baisse de 0,6 %.
Certes, on est loin de l'ampleur des destructions d'emplois constatées au plus fort de la crise : 190.000 postes avaient été perdus en 2008 puis encore 260.000 en 2009. Mais, l'an dernier, les entreprises ont ajusté plus vite leurs effectifs à la conjoncture qu'en 2008-2009. « Depuis le deuxième trimestre 2011, l'emploi a baissé de 0,8 % alors que sur la même période le PIB ne s'est contracté que de 0,1 %, note Philippe Waechter, chef économiste de Natixis Asset Management. Si, en 2013, le PIB a une croissance voisine de 0 %, la tendance de l'emploi à la baisse va se prolonger et le risque est fort qu'elle s'accentue. »
A ce stade, l'Insee prévoit que l'économie détruirait encore 75.000 postes sur le seul premier semestre. Déjà tombé sous le seuil symbolique des 16 millions fin 2012, les effectifs du secteur marchand reviendraient alors d'ici à l'été sous leur point bas de la mi-2009. De quoi semer un peu plus le doute sur l'objectif gouvernemental - réitéré mardi par François Hollande - d'inverser la courbe du chômage avant la fin de l'année.
Dans le détail, l'intérim a été la première variable d'ajustement de l'emploi l'an dernier, perdant à lui seul 61.000 postes, soit 10,7 % de ses effectifs. La chute est lourde, mais, là encore, sans commune mesure avec celle constatée en 2008, année durant laquelle les coupes avaient été deux fois plus importantes. Du côté de l'industrie, la baisse de l'emploi se poursuit aussi (- 0,9 % sur l'ensemble de 2012). « On reste toutefois encore en dessous des rythmes de baisse connus sur la période 2002-2007, avant le déclenchement de la crise », tempère l'Acoss, l'organisme qui chapeaute les Urssaf et dont les propres statistiques font état d'un total de 94.000 postes détruits en 2012. S'amplifiant au fil des mois, la baisse a été un peu plus forte dans la construction (-1 %). Finalement, seuls les effectifs du tertiaire hors intérim auront réussi à se maintenir l'an dernier. Mais ce secteur ne crée plus d'emplois et a même commencé à en détruire au second semestre. De mauvais augure pour 2013.
Le niveau du salaire moyen par tête (intégrant les primes et la rémunération des heures supplémentaires) au quatrième trimestre 2012, en hausse de 0,4 % par rapport au trimestre précédent.