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Pour le Premier ministre de Crimée, Sergueï Axionov, l'Ukraine est à l'origine de ce sinistre. "Je ne pense pas que l'Ukraine cherche (le responsable, NDLR). Ses agents l'ont peut-être fait eux-mêmes. J'estime qu'elle (leur) a donné son accord", a-t-il déclaré sur les ondes de la radio moscovite Govorit Moskva. De son côté, l'Ukraine, qui a confirmé que des explosions avaient eu lieu au niveau des lignes à haute tension, a assuré ne pas connaître les responsables : "L'enquête suit son cours. Pour l'instant, il n'y a pas d'hypothèses, les enquêteurs y travaillent", a déclaré à l'AFP la porte-parole du ministère ukrainien de l'Intérieur, Natalia Stativko.
La compagnie ukrainienne d'électricité d'État Ukrenergo a publié sur son site des photos d'un pylône électrique abattu et d'un autre endommagé, situés dans la région ukrainienne de Kherson, au nord de la Crimée. La nature de ces dégâts évoque un "tir d'artillerie ou l'utilisation d'engins explosifs", a-t-elle précisé dans un communiqué. Vendredi, très tôt dans la matinée, deux autres pylônes avaient été détruits, a annoncé Iouri Kassitch, vice-directeur d'Ukrenergo, précisant que des "éclats d'obus" avaient été retrouvés sur place. Or l'approvisionnement de la Crimée en électricité dépend entièrement de ces quatre lignes ukrainiennes à haute tension. "L'ensemble des quatre lignes qui fournissent la Crimée en électricité ont été coupées.- volontaire
Plus tôt dans la journée, nous avons tenté de rétablir le courant, mais ce fut un échec", a poursuivi Iouri Kassitch, lors d'une conférence de presse, ajoutant que des manifestants empêchaient les techniciens d'accéder aux pylônes. Le député russe pro-Kremlin Frants Klintsevitch a qualifié la coupure d'électricité de "véritable acte terroriste", selon des propos repris par l'agence russe Ria Novosti. Annexée par Moscou en mars 2014, la Crimée dépend toujours de son ancienne patrie, l'Ukraine, pour son approvisionnement en eau, en produits alimentaires mais surtout en électricité. En décembre, Kiev avait déjà coupé l'électricité plusieurs fois, asphyxiant son ancienne péninsule pour faire pression sur les autorités russes.
Il faudra 24 heures pour rétablir une ligne, mais "deux, trois, voire quatre jours" pour remettre en service la deuxième, a estimé le vice-directeur d'Ukrenergo, Iouri Kassitch, si les manifestants pro-ukrainiens permettent aux techniciens d'accéder au site. Lundi a été décrété férié par les autorités de Crimée, à l'exception des fonctionnaires qui devront se rendre au travail. Si plus de 150 écoles ne sont plus fournies en électricité, les hôpitaux et autres établissements qualifiés de "vitaux" pour la population restent alimentés par des générateurs, a indiqué le ministère russe des Situations d'urgence.
D'autres générateurs permettent de "fournir partiellement" de l'électricité aux villes de Simferopol, Yalta et Saki. À Sébastopol, principale ville de la péninsule et port d'attache de la flotte russe en mer Noire, les quartiers étaient alimentés chacun à tour de rôle, en électricité, a constaté un journaliste de l'Agence France-Presse sur place. "Je n'ai pas eu d'électricité toute cette nuit. Les autorités sont inefficaces, elles ne savent pas s'occuper de la ville et elles n'ont toujours pas construit de centrale électrique locale", s'insurgeait Konstantin, 49 ans. "Ce n'est pas la première fois que l'Ukraine coupe l'électricité à la Crimée, nous sommes habitués aux coupures d'électricité et nous avons prévu des batteries", a de son côté raconté à l'AFP Oleg, 56 ans. "Le souci, c'est le frigo qui ne cesse de s'éteindre."