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Deux bateaux de pêche devaient sortir en mer vendredi après-midi à la Réunion pour une première pêche au requin organisée après une série d’attaques contre les surfeurs.
Cette pêche, à l’issue de laquelle les squales seront ramenés à terre pour être disséqués, est couplée à une opération de marquage acoustique de requins, qui eux seront relâchés vivants afin de suivre leurs mouvements et ainsi mieux connaître leurs habitudes le long de la côte ouest, où ont eu lieu la plupart des attaques depuis début 2011.
Les animaux pêchés, dix requins tigre et dix requins bouledogue, seront analysés afin de voir s’ils sont porteurs ou pas de la toxine ciguatera qui interdit actuellement leur commercialisation.
«Il ne s’agit pas d’un prélèvement en vue de réguler la population de requins mais d’une opération menée dans un but exclusivement scientifique aux fins d’analyse», a déclaré à l’AFP Antonin Blaison, chercheur à l’IRD (Institut de recherche pour le développement) spécialiste des requins, qui pilote la mission.
«Il n’y aura pas de sortie pour le prélèvement seul. A chaque fois, on fera également du marquage», a-t-il ajouté.
Chaque semaine, les deux bateaux de pêche et le bateau des scientifiques devraient faire au plus trois sorties. La pêche et le marquage sont prévus pour durer jusqu'à décembre.
Ces prélèvements «ne doivent pas être effectués en nombre massif» et «n’amèneront en aucun cas un risque zéro sur les spots de surf», a mis en garde vendredi la Réserve naturelle marine de la Réunion.
«Les prélèvements ne doivent pas être effectués en nombre massif, ce qui entraînerait un déséquilibre accru dans l'écosystème», écrit dans un communiqué la Réserve marine, accusée par de nombreux surfeurs d'être responsable de la prolifération de squales.
Elle demande notamment que «les espèces de requins récifaux de type requin gris, requin à pointes blanches, à pointes noires» ne soient pas pêchés car «ce sont des espèces associées aux récifs», participant de leur biodiversité.
Ce qui n’est pas le cas des requins tigres et bouledogues qui font des allers-retours entre la côte et le large.
Le communiqué décline par ailleurs les principes «actés» avec une délégation des usagers de la mer, mercredi, à l’issue d’une manifestation et rappelle la participation de la Réserve à la réduction du risque requin : «avis favorable aux filets de sécurisation» et «surveillance des spots de surf» avec les vigies-requins.
La Réserve rappelle qu’elle rassemble «80% des récifs coralliens» de l'île et a été créée en 2007 «pour protéger un patrimoine naturel de plus de 3 500 espèces». «Sans réserve naturelle marine aucune activité nautique ne pourra perdurer», affirme-t-elle également, soulignant qu’elle «protége le littoral des inondations» grâce à la barrière corallienne.
Si cette barrière disparaissait, les vagues «casseraient sur les habitations» a récemment mis en avant le rapporteur du Conseil national de protection de la nature, Roger Estève, en visite à la Réunion, qui a apporté son soutien à la Réserve. Mercredi, la député-maire de Saint-Paul Huguette Bello (DVG) avait elle aussi fait le déplacement sur place pour soutenir la directrice, Soraya Issop-Mamode, et son équipe.
(AFP)