L'ex-député PS Jean-Pierre Kucheida a été condamné mardi à 30 000 euros d'amende pour abus de biens sociaux lors du procès des frais de la Soginorpa, bailleur social dont il était chargé. Lors de l’audience au tribunal correctionnel de Douai (Nord), qui s’était tenue le 9 avril, le procureur de la République de Douai, Eric Vaillant, avait requis une peine de six mois de prison avec sursis, 70 000 euros d’amende et une interdiction de toute fonction ou emploi public pour une durée «inférieure ou égale à cinq ans» contre l’ancien baron socialiste.
Lors de cette audience, les factures émises par la carte bleue professionnelle de Jean-Pierre Kucheida avaient été épluchées. Grâce au compte de la Soginorpa, le bailleur social qu’il présidait alors, l’ancien député-maire socialiste de Liévin (Pas-de-Calais) avait réglé des frais de bouche difficiles à justifier par les impératifs politiques du bassin minier. L'enquête, lancée à la suite d’une dénonciation des commissaires aux comptes de la Soginorpa, avait permis de découvrir des factures de parking dans des aéroports parisiens, des repas dans des restaurants, en Corse ou chez Marc Veyrat à Annecy un jour férié, des frais à Abu Dhabi. «Ce qui vous est reproché, Monsieur Kucheida, c’est un vol, un vol chic, un vol bourgeois, un vol sans arme ni violence, juste avec une petite carte bancaire et quasiment imperceptible», avait déclaré le procureur. «Rien ne permet d’établir dans ce dossier autre chose que peut-être une négligence comptable. C’est peut-être un problème de justification, mais pas un problème d’abus de biens sociaux», avait estimé l’avocat de Jean-Pierre Kucheida, Me Frank Berton, plaidant la relaxe.
La fille de Jean-Pierre Kucheida, Marie, comparaissait également le 9 avril pour avoir reçu de la Soginorpa, par l’intermédiaire d’une association, 12 000 euros pour un livre de photographies. Le représentant du ministère public avait requis un mois de prison avec sursis et 12 000 euros d’amende à son encontre.
L’ancien maire de Liévin, qui a cédé son fauteuil en janvier, est par ailleurs visé par deux informations judiciaires et une enquête préliminaire, concernant notamment des irrégularités dans l’attribution de marchés publics dans le Pas-de-Calais. L'enquête préliminaire, ouverte à la suite de dénonciations de l’ancien maire (PS) d’Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) Gérard Dalongeville – lui-même poursuivi dans une affaire de fausses factures présumées – examine notamment le financement de la section PS de Liévin (Pas-de-Calais). Des perquisitions ont d’ailleurs été menées début décembre au siège de la fédé socialiste à Lens dans le cadre de ces enquêtes financières.
