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L?exécutif se perd en conjoncture

L’exécutif se perd en conjoncture
<time datetime="2013-03-17T22:16:06+01:00" itemprop="datePublished">17 mars 2013 à 22:16</time>
 

Analyse Croissance, emploi, déficit… les indicateurs sont au rouge.

Et si le pire était à venir ? Après avoir espéré, au lendemain de l’élection présidentielle, un redressement plus ou moins rapide de la conjoncture - comme en avait bénéficié Jospin en 1997 -, l’exécutif encaisse les mauvaises nouvelles les unes après les autres.

Principale et dernière déconvenue, qui met à mal tout le scénario du quinquennat : la croissance est désormais estimée à 0,1% cette année par la Commission européenne, après avoir déjà fait du surplace en 2012. Deux années de suite de quasi-stagnation, une première depuis la Seconde Guerre mondiale.

Impôts. Conséquence : l’engagement pris auprès de Bruxelles de réduire à 3% le déficit public d’ici la fin de l’année est d’ores et déjà enterré par le gouvernement. L’Union européenne s’apprête même à accorder au pays un délai supplémentaire, mettant la France sur le même plan que la Grèce, l’Espagne ou le Portugal… Pas du meilleur effet politique.

Mais même avec un allongement du calendrier, le redressement des comptes, avec si peu de croissance, risque d’être tout aussi douloureux pour les Français. Outre les nouvelles économies dont ils feront les frais, ils pourraient écoper d’impôts supplémentaires en 2014, comme l’a suggéré Hollande, alors même que l’exécutif avait promis la stabilité fiscale d’ici la fin du quinquennat. Sans parler du relèvement de deux taux de TVA sur trois (afin de financer le crédit d’impôt pour les entreprises), dont l’entrée en vigueur l’an prochain va nécessiter des trésors de pédagogie de la part du gouvernement.

Le plus redoutable reste néanmoins l’impact de la faible croissance sur le marché du travail. Atone, l’économie française détruit des emplois (100 000 l’année dernière) et fait s’envoler le nombre de chômeurs : 3,17 millions en catégorie A (sans aucune activité) en janvier, un chiffre qui a frôlé le record de 1997. Simple question de temps… puisque l’Unedic prévoit 185 000 demandeurs d’emploi supplémentaires d’ici décembre.

Panique. Une autre promesse de l’Elysée semble ainsi compromise : celle d’inverser la courbe du chômage avant la fin de l’année. Un conseiller de Bercy ne peut s’empêcher d’espérer : «Le nombre de chômeurs augmentant de façon tellement verticale, un début d’inversion devrait être presque symétriquement atteignable» à la fin de 2013. A voir.

Seule bonne nouvelle : les taux d’intérêt auxquels la France emprunte sur les marchés restent bas, facilitant le financement de la dette. Ne manquerait plus, alors, que le blocage politique en Italie, couplé à un dérapage de la situation chypriote, ne relance la panique sur les marchés. Un scénario peu probable, mais qui aurait définitivement raison du quinquennat.

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