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L'Italie se prépare un plan d'austérité drastique

Crise de la dette - L'Italie se prépare un plan d'austérité drastique

Le Point.fr - Publié le 12/08/2011 à 10:37 - Modifié le 12/08/2011 à 17:27

Silvio Berlusconi convoque un conseil des ministres extraordinaire vendredi soir pour décider de nouvelles mesures d'économie.

Crise de la dette - L'Italie se prépare un plan d'austérité drastique

Silvio Berlusconi et Giulio Tremonti sont à la manoeuvre pour tenter de rassurer les marchés. © Andrew Medichini / AP/Sipa

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Le gouvernement Berlusconi va adopter, vendredi, un nouveau plan de rigueur drastique de 45 milliards d'euros sur 2 ans, dans l'espoir de stopper les attaques spéculatives contre l'Italie, rattrapée par la crise de la dette dans la zone euro. Les nouvelles mesures, qui s'ajoutent à une cure d'austérité de 48 milliards d'euros adoptée à la mi-juillet par le Parlement, permettront de récupérer "20 milliards en 2012 et 25 milliards en 2013", a indiqué Silvio Berlusconi en rencontrant des partenaires sociaux. Le plan "anti-crise", qui fera l'objet d'un décret-loi, doit être approuvé en conseil des ministres à partir de 19 heures.

Grande nouveauté, le Cavaliere, 74 ans, a annoncé une "taxe de solidarité" pour les revenus les plus élevés. Selon les médias, elle sera de 5 % au-dessus de 90 000 euros par an, de 10 % pour plus de 150 000 euros. Soucieux de ménager son électorat de centre-droit, Silvio Berlusconi s'opposait jusqu'ici à toute hausse de la pression fiscale, mais la Ligue du Nord, son allié-clé, l'a convaincu qu'il fallait trouver un équilibre entre sacrifices demandés aux plus riches et à la classe moyenne. Sous pression des marchés, l'Italie, qui ploie sous une énorme dette arrivée fin juin à plus de 1 900 milliards d'euros (120 % du PIB), a promis vendredi dernier à ses partenaires européens de revenir à l'équilibre budgétaire dès 2013 au lieu de 2014, contre un déficit prévu à 3,8 % fin 2011.

Silvio Berlusconi a aussi annoncé vouloir "tailler dans les coûts de la politique", allusion à une demande pressante de l'opinion publique, furieuse des privilèges de "la caste", comme est désormais surnommée la classe politique. Le chef du gouvernement, l'une des plus grandes fortunes d'Italie, a parlé d'une quinzaine de mesures pour économiser 8,5 milliards en 2 ans sur le fonctionnement de l'État. Rome entend aussi "réduire le nombre de provinces" (départements) et "regrouper les communes" les plus petites. Une première réaction très négative est arrivée des collectivités locales, qui devront subir neuf milliards d'euros de nouvelles économies sur deux ans. Le président des départements italiens, Giuseppe Castiglione, a parlé de plan "inique et dépressif" pour la croissance.

Menace sur la croissance

L'Italie, troisième économie de la zone euro, a été rattrapée la semaine dernière par la crise de la dette quand ses taux obligataires ont bondi à des records, accroissant périlleusement le coût du service de sa dette. La Banque centrale européenne a volé à son secours en rachetant en début de semaine des titres d'État italiens. Mais la BCE a exigé en retour l'adoption par l'Italie de nouvelles mesures d'austérité, énumérées dans une lettre "secrète" à Silvio Berlusconi. Rome a, en retour, promis de suivre une bonne partie des recommandations de la BCE, en particulier sur la libéralisation de l'économie, la privatisation des sociétés municipales, la réduction de certaines aides sociales et retraites.

Le gouvernement a aussi prévu de renforcer la lutte contre l'évasion fiscale, d'augmenter la taxation des gains financiers (de 12,5 % à 20 %) et d'introduire plus de flexibilité dans le droit du travail (licenciements, recours aux contrats à durée déterminée). Pour Fabio Fois, analyste de Barclays Capital, le nouvel ajustement va "dans la bonne direction". Mais les mesures "risquent d'avoir un effet négatif sur la consommation en ralentissant la croissance l'an prochain", a-t-il noté. L'expert a jugé nécessaires des "réformes structurelles pour augmenter la croissance potentielle afin d'offrir plus de garanties sur le remboursement de la dette à long terme". L'Italie connaît une croissance poussive d'un maximum de 1 % par an depuis une décennie.

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