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L’ « Obamacare, c’est moi ! »

L’ « Obamacare, c’est moi ! »

Seminole (Floride). C’est une autre Amérique : la foule qui fait sagement la queue pour écouter Barack Obama ce samedi matin ne ressemble guère à celle qui assistait à la convention républicaine, la semaine dernière, dans la ville de Tampa toute proche. Plus jeune, incroyablement plus bigarrée, plus féminine, mais surtout plus unanimement fan de son candidat. Bien avant l’arrivée du président sur le terrain de sport dominé par un immense drapeau américain, les quelque 11 000 personnes rassemblées autour de la tribune rythment leur impatience en brandissant quatre doigts : "Four more years !", scandent-ils. L’auditoire est chauffé par plusieurs vedettes politiques locales, dont Charlie Crist, l’ancien gouverneur républicain de Floride passé voici trois ans dans le camp d’Obama.

 La vraie star peut faire son entrée dans un délire d’applaudissements. Un océan de pancartes bleues "Forward ! [en avant !] " s’agitent. Les téléphones portables sortent des poches : on immortalise la scène, on se prend en photo avec, en arrière plan, le président.

Au lendemain de l’annonce des statistiques médiocres des créations d’emplois, Barack Obama cherche à changer de sujet. Il promet certes des jours meilleurs aux étudiants, aux chômeurs, aux propriétaires en faillite et insiste sur les droits des femmes.

Mais, au cœur du Sunshine State, terre promise pour des centaines de milliers de retraités, il s’adresse aussi à ce segment décisif de l’électorat. Barack Obama répond au républicain Paul Ryan, colistier de Mitt Romney qui, non loin de là, à la mi-août, a accusé le président de vouloir affaiblir le Medicare, la sécurité sociale des plus de 65 ans. Le sujet compte parmi les plus brûlants dans cet Etat crucial qu’est la Floride.

"Vous devez savoir que je ne transformerai jamais le Medicare en un système de bons [M. Ryan souhaite privatiser le Medicare en attribuant aux retraités des bons leur permettant de souscrire des assurances privées]. Aucun Américain ne doit passer ses belles années de retraite désarmé face aux compagnies d’assurance. Chacun doit pouvoir prendre sa retraite dans la dignité et le respect, en bénéficiant des soins pour lesquels il a cotisé".

Fait plutôt rare jusqu’à présent, le président a mis en avant la réforme-phare de son mandat : la loi généralisant l’assurance-santé, que son adversaire a baptisé péjorativement "Obamacare", et dont les démocrates hésitent à se vanter car elle est impopulaire auprès de la moitié des électeurs.  "J’aime le nom d’Obamacare. M. Romney dit qu’il veut abroger cette loi. C’est parce qu’il s'en moque ['Romney doesn’t care']", a-t-il lancé, en rappelant que les personnes âgées économisaient en moyenne 6 000 dollars sur leurs ordonnances grâce à sa loi.

 Seminole n’est qu’une étape dans la nouvelle tournée floridienne du président-candidat, qui passe tout le week-end dans cet Etat.  Depuis le début de 2012, c’est… la dixième fois que Barack Obama se déplace en Floride, que tous les observateurs considèrent comme l’"épicentre de la présidentielle". Le plus peuplé des Etats bascules – les "swing states" – est aussi celui qui, ces dernières décennies, a presque toujours voté comme le pays tout entier.

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