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LEMONDE.FR avec AFP, Reuters | 02.03.12 | 11h34 • Mis à jour le 02.03.12 | 16h43

Des membres de l'Armée syrienne de libération, ç quelques kms de Homs le 24 janvier 2012.STR/AFP
Vendredi 2 mars, des milliers de personnes sont descendues dans la rue, notamment à Damas et à Alep, deuxième ville du pays. L'opposition a appelé à manifester pour réclamer que l'Armée syrienne libre (ASL) puisse recevoir des armes de l'étranger. "Le vendredi de l'armement de l'Armée syrienne libre... pour défendre nos familles", lit-on sur la page Facebook The Syrian Revolution 2011, qui choisit le slogan des manifestations organisées après la prière chaque vendredi depuis l'éclatement de la révolte, en mars 2011.
Au moins quinze personnes ont été tuées, dont dix à Homs, a affirmé l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). "Les circonstances de leur mort n'ont pas encore été clarifiées", a indiqué son chef, Rami Abdel Rahmane. Depuis le début de la répression, les violences ont fait plus de sept mille cinq cents morts, selon l'ONU.
Le convoi de sept camions du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et du Croissant-Rouge arabe syrien (CRAS) se préparait à entrer dans Baba Amro à Homs vendredi, pour y apporter de la nourriture, des médicaments, des couvertures, du lait pour bébé et autres équipements. Mais en fin d'après-midi, il n'avait toujours pas pu y accéder. Selon des volontaires sur place, les militaires ont invoqué des raisons de sécurité pour retarder son entrée, en particulier "la nécessité de nettoyer le secteur des mines et des explosifs que les rebelles ont laissés avant de partir".
Pour sa part, le Conseil de sécurité des Nations unies a demandé, jeudi, aux autorités syriennes "d'autoriser un accès libre, total et immédiat du personnel humanitaire à toutes les populations qui ont besoin de secours". L'ONU a par ailleurs annoncé, vendredi, la tenue, le 8 mars au siège des Nations unies, à Genève, d'un "forum humanitaire" sur la situation en Syrie, rassemblant organisations humanitaires, Etats et organisations régionales.
Sur le plan diplomatique, la France a pris la décision de fermer son ambassade en Syrie pour dénoncer le "scandale" de la répression conduite par le régime de Bachar al-Assad contre sa population, a annoncé le président Nicolas Sarkozy.
Interrogé sur une éventuelle fourniture d'armes à l'opposition, le président français s'est déclaré "favorable à passer un cran supplémentaire s'agissant de l'aide aux démocrates en Syrie", mais a précisé que rien ne serait fait sans une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies. Le Qatar a plusieurs fois formulé son souhait de livrer des armes à l'opposition. Le Parlement koweïtien a également appelé, jeudi, à armer l'opposition. Une idée à laquelle Washington est réticent de crainte qu'Al-Qaida ne profite des violences.
Les dirigeants des pays de l'UE ont en outre averti le régime syrien qu'il allait devoir répondre de ses actes et des "atrocités" commises dans le cadre de la répression des mouvements de contestation dans le pays.
Les journalistes français Edith Bouvier et William Daniels, bloqués pendant plus d'une semaine à Homs sous les bombardements, ont quitté vendredi l'hôpital de Beyrouth. Arrivée jeudi soir au Liban avec William Daniels, Edith Bouvier était grièvement blessée à la jambe, elle a été examinée à l'Hôtel-Dieu-de-France, à Beyrouth, avant de décoller en début d'après-midi pour Paris. Ils doivent être accueillis vers 18 heures sur la base militaire de Villacoublay, a annoncé l'Elysée.