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LEMONDE.FR avec AFP | 08.04.11 | 08h36 • Mis à jour le 08.04.11 | 13h30

Alassane Ouattara a accusé Laurent Gbagbo de se rendre responsable d'une "crise humanitaire grave" en refusant de se rendre.AFP/ISSOUF SANOGO
Alors que Laurent Gbagbo se terre toujours dans sa résidence de Cocody, Alassane Ouattara, reconnu président élu du pays par la communauté internationale, a pris la parole, jeudi 7 avril au soir, dans une allocution solennelle à la nation. Il a appelé à la réconciliation de tous les Ivoiriens et à la reprise de l'activité économique.
VERS UNE LEVÉE DES SANCTIONS ÉCONOMIQUES
S'engageant à rétablir le plus vite possible un semblant de normalité dans le pays, Alassane Ouattara a dit avoir demandé la levée des sanctions européennes qui frappent les ports d'Abidjan et de San Pedro. La Commission européenne a confirmé, vendredi 8 avril, qu'elle travaillait avec Alassane Ouattara afin de les assouplir.
"Nous avons reçu une demande du président Ouattara pour retirer certaines entités de la liste des sanctions", a affirmé le porte-parole de Catherine Ashton, représentante pour la politique étrangère européenne."Nous travaillons sur ce sujet en étroite consultation avec le président Ouattara et nous espérons être en mesure de commencer à assouplir les sanctions prochainement", a ajouté le porte-parole sans fournir de précisions sur les sanctions, ni sur un calendrier probable.
LE PRÉSIDENT "DE TOUS LES IVOIRIENS"
Accusant le président sortant de se rendre responsable d'une "crise sécuritaire et humanitaire grave" en refusant de céder le pouvoir, le président élu a dénoncé la présence de "miliciens et de mercenaires" qui ont instauré "un climat de terreur à Abidjan". "La lumière sera faite sur tous les massacres et tous les crimes, que nous condamnons", a ajouté Alassane Ouattara, en annonçant la création d'une commission nationale d'enquête et une coopération "exemplaire" avec les juridictions internationales.
Alassane Ouattara a annoncé qu'"un blocus a été établi autour (du) périmètre" de la résidence présidentielle où Laurent Gbagbo "s'est retranché avec des armes lourdes et des mercenaires". Le nouvel homme fort espère ramener le calme et la sécurité à Abidjan. Il a indiqué avoir demandé aux responsables de ses forces "de prendre toutes les dispositions pour assurer le maintien de l'ordre et la sécurité des biens", ainsi que la liberté de mouvement dans le pays. "Le couvre-feu sera allégé à partir de vendredi 8 avril en vue de permettre un retour progressif à la normalité", a aussi annoncé Alassane Ouattara.
Le président élu a lancé un appel à la réconciliation après de multiples pressions en ce sens, notamment de la France. "J'invite tous mes compatriotes à s'abstenir de tout acte de vengeance", a-t-il déclaré. "La Côte d'Ivoire est une et indivisible", a-t-il assuré, en s'engageant à être le président "de tous les Ivoiriens", qu'ils soient musulmans comme lui, chrétiens comme Laurent Gbagbo, ou d'une autre confession.