Le ministère ukrainien des Affaires étrangères affirme que l'armée russe a procédé à une opération héliportée près du village de Strilkove, dans la région de Kherson. Il demande le «retrait immédiat» de ces forces et menace de répondre «par tous les moyens pour stopper l'invasion militaire» russe. Ce déploiement intervient alors que les habitants de la péninsule ukrainienne sont appelés aux urnes dimanche pour déterminer si la République autonome de Crimée doit être ou non rattachée à la Fédération de Russie. Si les accusations de Kiev se confirment, «cela serait une escalade scandaleuse», a réagi l'ambassadrice américaine à l'ONU Samantha Power.
Des militants pro-russes ont attaqué samedi le siège des services spéciaux de Donetsk, bastion russophone de l'est de l'Ukraine, exigeant la remise en liberté de leur «gouverneur» autoproclamé et revendiquant le droit de voter, comme c'est le cas en Crimée, pour le rattachement de la région à la Russie. Provocation ou annonce de l'extension de la crise, le Kremlin dit recevoir de «nombreux appels à l'aide» d'habitants d'Ukraine. Moscou «va les examiner», a fait savoir samedi après-midi le ministère russe des Affaires étrangères.
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Hollande : «La France comme l'UE ne reconnaîtra pas cette pseudo consultation»
François Hollande a assuré samedi que «la France comme l'Union européenne ne reconnaîtra pas cette pseudo consultation» organisée dimanche en Crimée. Et sans «désescalade», il a promis des «sanctions» de l'UE contre la Russie dès lundi. Le président français s'exprimait lors d'une conférence de presse commune à l'Elysée avec le président du Conseil italien Matteo Renzi, qui a dit «partager» l'idée que le référendum en Crimée n'avait «pas de valeur légale», comme l'ont déjà affirmé notamment la chancelière allemande Merkel ou le secrétariat d'Etat américain.
«Il y avait eu une échelle de sanctions qui avait été définie par le Conseil européen», a rappelé François Hollande . «Il y aura donc usage, s'il n'y a pas désescalade lundi, de ces sanctions» à l'égard de la Russie, a indiqué le chef de l'Etat. Elles concernent les visas et des avoirs financiers russes en Europe. Interrogé sur la possible suspension de la vente de navires militaires français de type Mistral à la Russie, François Hollande a déclaré que ces sanctions «liées à la coopération militaire» relevaient du «troisième niveau de la sanction». «Nous en sommes au premier», a-t-il relevé. «Je souhaite qu'il y ait désescalade, qu'il y ait un groupe de contact qui puisse trouver des solutions dans le cadre de l'intégrité territoriale de l'Ukraine», a-t-il insisté. Au sujet de la rencontre ministérielle franco-russe prévue mardi à Moscou, le chef de l'Etat a indiqué qu'il déciderait de la participation française lundi, afin de «connaître exactement ce que sera la position russe après la pseudo consultation en Crimée». Les ministres des Affaires étrangères de l'UE se réuniront à Bruxelles.
Si la Russie devait être expulsée du G8 en raison de sa politique à l'égard de l'Ukraine, le gouvernement britannique a proposé Londres comme lieu de réunion alternatif pour le G7,selon le site du «Spiegel». Cette proposition du gouvernement britannique a été bien accueillie par les six autres membres : Etats-Unis, Allemagne, Japon, France, Canada et Italie. Initialement, la Russie devait être le pays hôte du G8 à Sotchi, où viennent de se dérouler les Jeux olympiques. Mais son expulsion de ce groupe des nations les plus industrialisées est l'une des sanctions internationales envisagée.
Au Conseil de sécurité, la Chine s'abstient
La Chine s'est abstenue ce samedi sur une résolution américaine dénonçant le référendum de dimanche en Crimée , isolant encore un peu plus Moscou dans ce dossier lors d'un vote au Conseil de sécurité. La Chine s'aligne souvent sur la Russie au Conseil, en particulier dans les votes sur la Syrie, mais cette fois elle s'est démarquée car «les Chinois sont embarrassés», selon un diplomate occidental. Le projet de résolution, qui a recueilli 13 voix pour, a été rejeté. En tant que membre permanent du Conseil, la Russie peut en effet bloquer toute prise de position de cette instance.
L'ambassadeur chinois Liu Jieyi a lui expliqué son abstention en répétant que son pays «avait toujours respecté la souveraineté et l'intégrité territoriale» des Etats. Il a appelé «toutes les parties à faire preuve de retenue» et a suggéré la création «d'un mécanisme international de coordination pour tenter de trouver une solution politique». Deux des principes de la diplomatie chinoise, réaffirmés par Pékin lors des six réunions précédentes du Conseil sur la crise ukrainienne, sont la non-ingérence et le respect de l'intégrité territoriale, qui seraient remis en cause par le scrutin de dimanche.
«La Russie peut mettre son veto à cette résolution mais elle ne peut pas mettre son veto à la vérité», a de son côté lancé l'ambassadrice américaine Samantha Power en invoquant la Charte de l'ONU.
VIDEO. Ukraine : les forces militaires «en état d'alerte»
«Bas les pattes de l'Ukraine !»: des dizaines de milliers de manifestants ont défilé samedi dans Moscou contre l'«annexion» de la péninsule ukrainienne de Crimée, et contre la politique de Vladimir Poutine. Jeunes actifs, étudiants, retraités, et même un prêtre orthodoxe rencontré dans la foule : selon l'estimation d'une journaliste et d'un photographe de l'AFP, ce sont environ 50.000 personnes de tous âges qui ont défilé de la Place Pouchkine, en plein centre de Moscou, à l'avenue Sakharov, du nom du dissident de l'époque soviétique. La police avait cité le chiffre de 3.000 manifestants au début du défilé, et n'a pas actualisé son estimation. «La Russie sans Poutine !», ont scandé sur la scène les deux jeunes membres du groupe contestataire Pussy Riot sorties de détention en décembre.
VIDEO. La Russie encourt des sanctions américaines en cas de référendum

