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Le futur gouvernement ukrainien commence à prendre forme. Quatre jours après la destitution de Viktor Ianoukovitch , l'opposition, qui a repris les rênes du pays ces derniers jours, a proposé de nommer le pro-européen Arseni Iatseniouk Premier ministre.
D'autres figures de la révolte ukrainienne devraient former par, à l'image de Dmytro Boulatov, opposant torturé, qui devrait endosser la casquette de ministre de la Jeunesse et des Sports. Le député Andriï Paroubiï, «commandant du Maïdan», très respecté, y compris parmi les éléments les plus radicaux, devrait prendre la tête du Conseil national de sécurité et de défense. La journaliste engagée Tetiana Tchornovol, victime d'une violente agression en décembre, devrait diriger un comité anti-corruption créé pour l'occasion.
Avant d'être présentée à la foule, la composition du nouveau gouvernement devait être approuvée par le Conseil du Maïdan, la structure qui réunit les partis de l'opposition, les membres de la société civile et les groupes radicaux
Mercredi, la situation s'est par ailleurs tendue en république autonome de Crimée, péninsule au sud de l’Ukraine qui s’avance dans la mer Noire. De brefs affrontements ont opposé mercredi des manifestants pro-russes et des partisans des nouvelles autorités ukrainiennes à Simféropol, la capitale de la république autonome de Crimée. Plus de 5.000 personnes étaient réunies devant le parlement de Crimée, Tatars d’un côté (les plus nombreux), pro-russes de l’autre. Les premiers arboraient des drapeaux ukrainiens et scandaient « Ukraine, Ukraine ! », tandis que les autres, munis de drapeaux de la Russie et de la Crimée, criaient « Russie, Russie ». Des bousculades et jets de bouteille ont eu lieu, mais les heurts ont été contenus par les policiers qui surveillaient la scène, pas armés. Un homme est mort, visiblement victime d’une crise cardiaque.
La Crimée, péninsule de la mer Noire abritant 2 millions d’habitants, est l’unique région ukrainienne où plus de 60 % de la population est d’origine russe, et est en proie à des tensions séparatistes qui se sont accrues depuis la destitution la semaine dernière du président Viktor Ianoukovitch. Les pro-russes réclament la tenue d’un référendum sur son statut, hypothèse rejetée par le président du parlement de Crimée, Volodymyr Konstantinov. « Le parlement ne va pas discuter d’une sortie de Crimée de l’Ukraine. Il s’agit d’une provocation visant à discréditer le parlement autonome de Crimée », a indiqué son porte-parole.
Cette annonce intervient alors la Russie multiplie les paroles et actes qui tendent à montrer qu'elle garde un œil sur ce qui se passe en Ukraine... et se tient prête. Vladimir Poutine vient ainsi d'ordonner inopinément des exercices militaires aux troupes des districts de l'Ouest et du Centre, non loin de l'Ukraine. Officiellement il s'agit de vérifier leur « aptitude à agir pour faire face à des situations [...] menaçant la sécurité militaire du pays », a indiqué le ministre de la Défense Sergueï Choïgou. Et les agences russes rappellent, critiquant par avance les occidentaux qui y verraient un lien avec ce qui se passe en Ukraine, qu'en 2013 plusieurs exercices de ce type ont été voulus par le président russe.
Londres a immédiatement réagit à cette initiative. « Nous allons [...] évidemment prendre connaissance des activités des forces russes », a déclaré le secrétaire britannique à la Défense, Philip Hammond, exhortant « toutes les parties à laisser le peuple ukrainien régler ses divergences internes et décider de son avenir sans ingérence étrangère ». Les manoeuvres des forces terrestres, aéroportées mais aussi anti-terroristes doivent se poursuivre jusqu'au 3 mars. Prévues en deux étapes, elles impliqueront également la flotte de la Baltique.