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Sur le campus de l'université Paris Ouest à Nanterre (Hauts-de-Seine) Claire Planchard
</aside>Trop coûteux pour les uns, sacrifiés pour les autres… Les services publics sont aussi décriés que défendus. En pleine crise de la dette et des déficits, ils n’échappent pas aux coupes budgétaires. Mais à quoi ressemble le quotidien des agents? Comment travaillent-ils et avec quels moyens? 20 Minutes vous propose une série de reportages. Ce lundi, découvrez les coulisses d’une université…
Suivez notre série «Les services publics face à la crise»:
>> Lundi 19 avril: La justice, un service public au bord du naufrage
> Lundi 29 avril : Pôle emploi aux avant-postes de la crise
>>Lundi 6 mai : A la campagne, le service est bien urbain
>>Lundi 20 mai : De l’urgence à l’hôpital
>>Lundi 27 mai : Dans nos chères universités
>>Lundi 04 juin : Face aux précaires, la CAF
«Nanterre sous la pluie c’est triste, mais quand il y a du soleil c’est bon enfant. C'est un vrai campus, il y a même une grande pelouse pour faire des barbecues!» En ce vendredi pluvieux de révisions, Othman, 19 ans et Jessica 20 ans, gardent le sourire lors de leur pause café devant la «BU», la bibliothèque universitaire. A une semaine de leurs ultimes partiels, ces étudiants en 2e année de droit tirent un bilan plutôt positif de cette année universitaire, la première depuis le passage de leur face aux « responsabilités et compétences élargies (RCE) lui accordant une plus grand autonomie budgétaire...
«J’ai vraiment pas à me plaindre, confie Othman, les cours annulés ont toujours été assurés in fine. Par contre, avec la suppression de groupes de TD, on s’est retrouvés à 35 dans des toutes petites salles. Finie l’interaction et le soutien individualisé, c’était plutôt des cours magistraux ». Jessica, elle, a reçu les résultats de ces partiels de janvier… il y a deux semaines seulement. «Les résultats tardifs à Nanterre c’est un peu une tradition, mais là tous les records on été battus et ce n’était pas facile d’aborder mes révisions du second semestre sans savoir quelles étaient mes marges de manœuvre», raconte-t-elle.
«Ce n’est pas de l’incompétence, mais les personnels administratifs devraient être deux fois plus pour faire le travail qu’ils font», analyse Laurent Perl, président de la section locale du syndicat étudiant Unef. Avec 31.000 étudiants, plus de 1.000 enseignants titulaires et 600 personnels administratifs répartis sur trois sites, l’université «Paris Ouest», plus connue comme Paris X-Nanterre, fait partie des plus importantes de France.
Gels de postes et emplois précaires supprimés
«Jusqu’à maintenant nous n’avons pas subi de baisse budgétaire. On a même bénéficié de 22 créations nettes de postes cette année mais elles ont été assez neutres car des contrats précaires n’ont pas été renouvelés», explique-t-il.
«Avant, après un contrat doctoral de trois ans avec mission d'enseignement, un doctorant pouvait espérer obtenir un poste d'attaché temporaire d'enseignement et de recherche (ATER) pour terminer de rédiger sa thèse dans de bonnes conditions. Mais dans les réunions, les responsables de mon département et de la fac commencent clairement dire qu'ils seront supprimés et remplacés par des postes de vacataires moins bien payés, confirme une doctorante en lettres. Et on n'est qu'au début: un an et demi après la RCE, on a de plus en plus de doutes sur la possibilité de conserver des postes qui seraient laissés vacants», poursuit-elle.
«On peut seulement vivoter»
«Avec ce budget on s’en sort mieux que d’autres facs qui sont clairement dans le rouge, on peut vivoter, mais on ne peut pas mener de projet ambitieux sur le long terme que ce soit en matière d’investissement immobilier ou d’innovation pédagogique pour améliorer la réussite des étudiants», conclut le président de l'Unef.
Dans ce contexte financièrement tendu, le syndicat étudiant s’inquiète aussi des risques de déséquilibre croissant entre les filières «en capacité de s’autofinancer en partie grâce à des partenariats avec des entreprises», et les celles où les amphis sont plein à craquer ou les TD réduits à la portion congrue. Sollicitée, la présidence de l’université de Paris Ouest n’a pas souhaité répondre aux questions de 20 Minutes sur sa situation budgétaire.