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La BCE pressée d'agir face au regain d'inquiétude en zone euro

La BCE pressée d'agir face au regain d'inquiétude
en zone euro

Le Monde.fr avec AFP | <time datetime="2013-04-01T11:42:00+02:00" itemprop="datePublished">01.04.2013 à 11h42</time> • Mis à jour le <time datetime="2013-04-01T11:58:28+02:00" itemprop="dateModified">01.04.2013 à 11h58</time>

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<figure class="illustration_haut"> Une baisse du principal taux directeur de la BCE, qui stationne depuis juillet à son plus bas historique de 0,75 %, est a priori exclue par les analystes. </figure>

Face à une résurgence des tensions en zone euro, la Banque centrale européenne (BCE) se trouve une nouvelle fois sous pression pour prendre des mesures de soutien à l'économie, à l'approche de sa réunion mensuelle de politique monétaire jeudi.

Les crises politique en Italie et bancaire à Chypre "vont peser lourdement sur la confiance dans la zone euro pendant un moment", estime l'économiste de la banque Berenberg, Christian Schulz. Lundi, jour férié dans la plupart des pays européens, la monnaie unique reculait, les investisseurs jouant la prudence après les événements chypriote et italien. Vers 7 heures, l'euro s'échangeait à 1,279 2 dollar contre 1,281 8 dollar vendredi vers 22 heures. Toutefois, les marges de manœuvre de la BCE semblent limitées.

FAIBLESSE DU CRÉDIT

Une baisse du principal taux directeur de la BCE, qui stationne depuis juillet à son plus bas historique de 0,75 %, est a priori exclue par les analystes. Selon eux, cette approche ne serait pas efficace dans le contexte actuel. Aux yeux du conseil des gouverneurs de l'institution monétaire, "ce n'est pas le niveau du taux directeur le principal problème, mais le fait que les taux de crédit dans la périphérie [les pays en difficulté] ne reflètent pas la politique de taux bas" pratiquée par la BCE, note Michael Schubert, économiste de la Commerzbank.

Ce problème de transmission de la politique monétaire, pointé à de nombreuses reprises par le président de la BCE, l'Italien Mario Draghi, se manifeste notamment par la faiblesse du crédit dans l'union monétaire. Les chiffres publiés jeudi montrent que les crédits au secteur privé en zone euro ont à nouveau reculé de 0,9 % en février, comme en janvier. Ces données reflètent à la fois les conditions strictes imposées par les banques aux emprunteurs et l'anémie de la demande, en particulier des PME, qui fait craindre pour la reprise espérée au cours de la deuxième moitié de l'année.

"AUCUNE DE CES MESURES NE SEMBLE CONVAINCANTE"

Pour autant, la BCE ne serait pas non plus prête à acheter des obligations émises par les entreprises – une éventualité préconisée par certains économistes pour aider à leur financement – estime Michael Schubert. Quant à acheter des obligations souveraines en quantité illimitée, via le programme OMT ("Outright monetary transactions") adopté en septembre, il faudrait d'abord que les pays qui souhaitent en bénéficier sollicitent l'aide du Mécanisme européen de stabilité et se plient à des programmes de réforme stricts.

Lire : La BCE lance un deuxième programme de rachat des dettes publiques

Une nouvelle injection de liquidités à long terme, à l'image des deux prêts à trois ans accordés fin 2011 et début 2012 aux banques, n'est pas non plus vraiment envisagée, à l'heure où ces dernières ont commencé à rembourser leurs premiers emprunts.

Lire : La BCE prête 530 milliards d'euros à 800 banques

"Aucune de ces mesures ne semble convaincante", juge Christian Schulz, qui table plutôt sur un message d'apaisement de la part de M. Draghi, lors de la conférence de presse qui suivra la décision sur les taux. "Mais après avoir menacé de tirer le tapis sous les pieds de Chypre, il pourrait être difficile pour la banque de convaincre les marchés qu'elle est vraiment 'prête à tout ce qui est nécessaire' pour garder la zone euro dans ses frontières actuelles", estiment pour leur part les experts de Capital Economics, en référence à l'expression employée par M. Draghi l'été dernier, quand planait la menace d'un éclatement de l'Union monétaire.

L'ULTIMATUM LANCÉ À CHYPRE

L'institution monétaire a en effet menacé Nicosie de couper le robinet des liquidités à ses banques si un plan de sauvetage n'était pas rapidement adopté, accompagné d'une restructuration du système bancaire. Un plan a finalement été approuvé à temps, évitant la faillite à l'île. Fermées durant douze jours afin d'éviter un possible "bank run", les banques ont rouvert jeudi dans le calme, grâce à un contrôle strict mais temporaire des capitaux.

Lire aussi en édition abonnés :  La BCE menace d'étrangler Chypre

Si ces derniers événements ont inquiété les investisseurs, ils n'ont toutefois pas entraîné de panique – "un bon signe", selon Holger Schmieding, chef économiste de Berenberg. L'agence de notation Standard & Poor's a d'ailleurs estimé jeudi que l'accord sur Chypre ne devrait pas avoir d'impact immédiat sur les notations des banques de la zone euro.

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