Parmi les cinq casses d’Abidjan, celle d’Abobo est la plus importante, un mastodonte de la mécanique où se vendent toutes sortes de pièces détachées de véhicules importés d’Europe, d’Asie ou d’Afrique. Devenu, au fil des ans, le gagne-pain des déshérités de la guerre et de la crise économique, ce bric-à-brac géant risque à tout moment d’être fermé.
Nul besoin de diplôme pour travailler à la casse d’Abobo. Les candidats à l’artisanat de la ferraille, qu’ils soient chômeurs, étudiants et parfois même mineurs, sont formés quelques jours par les anciens du secteur avant d’exercer les métiers de soudeurs, tôliers ou encore démarcheurs de clients. En tout, plus d’une centaine de métiers y sont exercés.
D’après le dernier décompte officiel, il y avait, en 2006, quelques 2 000 magasins et plus de 8 000 artisans, un calcul fait sur la base de quatre travailleurs par boutique. Aujourd'hui, le nombre de travailleurs dans la fourmilière qu’est devenue cette casse a explosé. Ils seraient maintenant autour de 10 000.
Mais depuis une dizaine d'années, les ferrailleurs d’Abobo, comme ceux des casses des autres communes d’Abidjan, occupent illégalement le terrain sur lequel ils sont installés et vivent dans la crainte des "déguerpissements".
Toutes ces photos ont été prises par notre Observateur à Abidjan Dominique N'Da le 18 septembre 2012.
