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La casse de l?emploi s?accélère

La casse de l’emploi s’accélère
Vu 541 fois Publiée le 13/03/2013 à 23:23 lien
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Social.

L’économie française a détruit près de 100 000 emplois

l’an dernier. En 2013, le nombre pourrait être encore plus important en raison d’une croissance proche de zéro voire légèrement négative.

 

La promesse de François Hollande d’inverser la courbe du chômage pour la fin de l’année s’éloigne

à mesure que sont publiées de nouvelles statistiques. Hier, ce sont les chiffres de l’Insee qui ont dressé

un tableau sombre du marché du travail. Près de 100 000 emplois (99 500 postes) ont été supprimés

dans le secteur marchand en France en 2012. Après un court répit entre début 2010 et mi-2011, la

France renoue avec les destructions d’emploi, mais à un niveau moins important qu’en 2009 (- 260 000)

et 2008 (-190 000). L’intérim, souvent précurseur des évolutions de l’activité, a perdu à lui seul 61 000 postes en 2012.

L’industrie frappée de plein fouet

L’an dernier, l’industrie a perdu 29 400 emplois (- 0,9 %). « La crise accélère la désindustrialisation car

le secteur est plus exposé que les autres à la concurrence étrangère », explique Mathieu Plane, chercheur

à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). L’emploi y est par ailleurs « plus sensible aux cycles économiques : quand l’activité chute, les usines arrêtent les chaînes de production et

déstockent. » Autre élément qui explique la baisse régulière des emplois dans le secteur depuis vingt

ans : les gains de productivité par le biais d’innovations ou de nouvelles machines. Conséquence,

«quand il faut 1 % de croissance en moyenne pour créer de nouveaux emplois, c’est trois fois plus dans l’industrie», explique Mathieu Plane.

La construction souffre

Dans le bâtiment, le solde des emplois détruits par rapport aux emplois créés est lui aussi négatif

: 13 800 postes en moins (-1 %), en raison de « la faible activité du bâtiment, liée à la raréfaction

des crédits et la chute des mises en chantier. »

Même les services sont concernés

Les services ne sont pas épargnés, alors qu’habituellement le secteur tertiaire soutient l’emploi.

Sur un an, il a perdu 56 200 postes (-0,5 %). « Dans une crise longue, qui dure comme celle que

nous vivons aujourd’hui, le pouvoir d’achat des Français est affecté à cause de la baisse d’activité et

de l’austérité budgétaire. Ils consomment donc moins, y compris dans les services », observe Mathieu

Plane.

Pour l’économiste, il n’y a pas de reprise à espérer en 2013 : « Les entreprises ne peuvent pas créer

ou maintenir des emplois car l’activité est insuffisante ».

Mathieu Plane estime qu’il y aura 150 000 destructions de postes cette année. Il n’envisage pas un

sursaut avant 2014, quand les Etats auront terminé leurs ajustements budgétaires et lèveront le pied

sur les politiques d’austérité.

Elodie Bécu

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