Eklablog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Suivi quotidien, flash d'actualités touchant l'économie,culture,environnement, société, politique,poésie, l'international.

Publicité

La Chambre de commerce de Marseille poursuivie pour harcèlement

La Chambre de commerce de Marseille poursuivie pour harcèlement
Imprimer Recommander
 
 

Publié le lundi 14 novembre 2011 à 15H06

Deux salariées ont assigné leur employeur, Jacques Pfister, président de la Chambre de commerce, pour harcèlement moral devant le tribunal correctionnel.

Au sein de cette Chambre de commerce, les deux plaignantes affichent 30 et 15 ans d'ancienneté.

Au sein de cette Chambre de commerce, les deux plaignantes affichent 30 et 15 ans d'ancienneté.

Photo Bruno SOUILLARD

Elles portent sur le visage les traits de la dépression dans laquelle elles sont plongées depuis plusieurs mois. Monique et Françoise se sentent broyées, pots de terre contre pot de fer, leur employeur. Elles auraient voulu demeurer d'anonymes salariées de la Chambre de commerce conduisant leur carrière sans encombre jusqu'à la retraite. Les voilà en première ligne d'un procès pour harcèlement moral.

"  On n'a jamais cherché le conflit mais on se sent tellement humiliées  ." Leur avocat parisien, Marc Bellanger, a assigné, le 30 novembre, devant le tribunal correctionnel, la Chambre de commerce et son président Jacques Pfister, souhaitant leur condamnation. Il réclame aussi l'indemnisation des "brimades, humiliations et souffrances subies depuis 2009".

À cette date, la Chambre de commerce externalise la gestion de son école de commerce Euromed Managment pour la confier à une association dont elle gardera le contrôle. Le choix est donné aux salariés de l'école de rester sous statut "chambre". Sur cent cinquante, ils sont quatre à refuser ce transfert statutaire dont Monique et Françoise qui ne "cèdent pas aux pressions". Pas question de quitter "le navire amiral", l'une affichant trente années d'ancienneté, l'autre quinze ans même si des assurances sont données que l'ancienneté sera compensée.

Pour ce niet, les deux salariées assurent avoir été "placardisées", abandonnées dans un bureau d'une annexe de la Chambre de commerce avec un téléphone et un ordinateur. Sans rien avoir à faire durant des mois. "Moi qui, avant, emmenais du travail à la maison pour le week-end, raconte Monique, j'arrivais le matin, j'allais sur internet, je partais déjeuner et je rentrais chez moi à 16h30. J'ai tenu huit mois et j'ai craqué. C'est mon médecin qui m'a dit:'Arrêtez-vous sinon vous allez développer un cancer ou un truc de ce genre'."

Françoise s'était, elle, positionnée sur un poste à l'aéroport, un emploi entrant dans ses cordes, mais il aurait été supprimé pour des raisons économiques. Monique a accepté un poste de commerciale sans rapport avec ses compétences comptables. "J'étais responsable administrative de la direction technique et des marchés publics de l'École et je me retrouvais à démarcher les commerçants. J'ai pas une âme de commercial mais c'était ça que ça vous plaise ou non." Sur les quatre refuzniks, l'un a pris sa retraite, une autre a accepté un poste tandis que Monique et Françoise trouvaient un refuge bien inconfortable dans un arrêt maladie longue durée.

En dépit, disent-elles, de l'intervention des syndicats et du médecin du travail. Ce dernier évoque leur "impression d'être punies et de devenir des inutiles ayant eu pour conséquence un sentiment de frustration et une altération de leur état de santé". Pour justifier le harcèlement moral, Me Bellanger entend faire constater par le tribunal que la situation de ses clientes s'est "détériorée" au moment où elles ont refusé leur mise à disposition alors que leur carrière avait suivi une trajectoire sans incident, ponctuée d'appréciations élogieuses.

La Chambre de commerce conteste avoir maltraité ses salariés. "On peut vivre une situation comme péjorative sans qu'elle le soit", assure Me José Allégrini, défenseur du président de la Chambre de commerce qui conteste avoir sanctionné leur refus de détachement.

Le défenseur du président de l'institution souligne que ces deux salariés étaient "très proches de l'ancien directeur de l'école de commerce". Sur plainte de la Chambre de commerce, en 2008, Jean-Paul Leonardi a été mis en examen pour de présumés délits financiers commis dans la gestion de l'école. Cette procédure de deux salariés "ressemble à un contre-feu collatéral à cette affaire, estime Me Allégrini . Ça sent la réponse du berger à la bergère." L'audience du 30 novembre sera formelle mais le dossier ne devrait pas être plaidé avant plusieurs mois. À la Chambre de commerce, on assure qu'aucune porte n'est verrouillée.

Luc LEROUX

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article