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La Cité du cinéma de Luc Besson dans le viseur de la justice

Actualités
La Cité du cinéma de Luc Besson
dans le viseur de la justice
Par Les Echos | 16/11 | 17:53 | mis à jour à 20:58

Dans une « note confidentielle » transmise « à la justice », la Cour des comptes critique le financement du pôle cinématographique de Luc Besson, et évoquent des soupçons de « détournement de fonds publics ».

Luc Besson ambitionne de faire de sa Cité du cinéma un « Hollywood à la française » - AFP

Luc Besson ambitionne de faire de sa Cité du cinéma un « Hollywood à la française » - AFP

Le 21 septembre 2012 était inaugurée à Saint-Denis la Cité du cinéma , bijou de 60.000m2 installé dans une ancienne centrale thermique et si cher à son créateur, le réalisateur et producteur Luc Besson , qui ambitionnait d’en faire un « Hollywood à la française ». Autour d’une nef centrale : neuf plateaux de tournage à l’acoustique ultra-moderne, des ateliers de peinture, menuiserie, serrurerie, les locaux de École nationale supérieure Louis Lumière ainsi que l’école créée par Luc Besson qui accueille une soixantaine d’élèves, sans conditions de ressources ni de diplômes.

Mais voilà qu’un an plus tard, le financement de l’établissement attire l’attention des sages de la Cour des comptes. L’institution de la rue Cambon aurait transmis « à la justice », selon les informations du journal « Le Parisien », une « note confidentielle » évoquant des soupçons de « détournement de fonds publics ». Le rapport se trouverait sur le bureau de la garde des Sceaux, selon le quotidien. Pour l’heure, ni la Cour des comptes ni le ministère de la Justice n’ont souhaité faire de commentaire. Les parquets de Bobigny (le siège social d’ EuropaCorp est en Seine-saint-Denis) et de Paris, compétents en matière de délits financiers, n’ont pas confirmé l’information.

« Souhait » de Nicolas Sarkozy

Les juges financiers affirmeraient, dans cette « note d’alerte », que « le financement public de la Cité du cinéma, décidé par quelques hauts responsables publics [...] a été effectué pour permettre l’aboutissement du projet qu’une société privée portait pour son bénéfice, le caractère général du projet restant à démontrer ». « Les conditions de montage et de financement de l’opération [...] sont susceptibles de caractériser le délit de détournement de fonds publics et de recel de ce délit » précise-t-elle. Visée, la société EuropaCorp de Luc Besson, à l’origine du projet achevé en 2012, s’est dite « très surprise » et « s’indigne de cette mise en cause indue ». « EuropaCorp n’a eu aucune connaissance d’un éventuel rapport de la Cour des comptes. Elle n’a d’ailleurs été interrogée par personne », écrit le groupe de Luc Besson, qui précise que la Cité du cinéma « a été financée par un partenariat public-privé (La Caisse des dépôts et le groupe Vinci) qui a permis sa réalisation. »

Dans cette note citée par « Le Parisien », la Cour des comptes insiste sur le « souhait de la présidence de la République », pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy, de voir le projet « aboutir ». « La proximité de Luc Besson et de certains de ses collaborateurs avec les plus hautes autorités de l’Etat a pu favoriser une intervention concertée des acteurs publics », ajoute la Cour, qui souligne que le directeur général d’EuropaCorp, Christophe Lambert avait « travaillé auprès de Nicolas Sarkozy pendant la campagne de 2007 ». Par ailleurs, l’AFP rappelle que l’ancienne conseillère de Nicolas Sarkozy à l’Elysée, Emmanuelle Mignon, avait été embauchée par Europacorp en juillet 2010 comme secrétaire générale et quitté le groupe en janvier 2012 pour réintégrer le Conseil d’État. De son côté, Augustin de Romanet, patron de la CdC de 2007 à 2012 a déclaré au « Parisien » assumer « à 100% » avoir poussé ce qu’il considérait comme « un projet d’intérêt général ».

Le montage financier de la Cité du cinéma avait été bouclé en 2008 : 170 millions d’euros, dont 140 millions pour l’achat du foncier, détenu à 100% par la société Nef-Lumière (75% pour la Caisse des dépôts, 25% pour le groupe Vinci) et 30 millions pour la construction des plateaux de tournage via différentes société de Luc Besson (Front line, EuropaCorp, Euro Média group) et Quinta communications, le groupe du producteur de cinéma et homme d’affaires tunisien Tarak Ben Ammar.

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