Suivi quotidien, flash d'actualités touchant l'économie,culture,environnement, société, politique,poésie, l'international.
Pour les Britanniques, c’est une première depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, et un signe de la paupérisation d’une partie de la population. La Croix-Rouge participera, fin novembre, à un programme de
collecte et de distribution de nourriture pour les plus pauvres.
La célèbre ONG suisse participe, certes, dans d’autres pays européens, tels que la France, à des opérations similaires depuis des années. Mais pas en Angleterre. “Jusqu’à présent nous fournissions de la nourriture aux demandeurs d’asile et réfugiés, ou lors d’événements extraordinaires, comme les inondations de 2009, mais
d’autres institutions s’occupaient du reste de la population”, reconnaît la Croix-Rouge britannique à
FRANCE 24.
Pour les Britanniques, la Croix-Rouge est surtout synonyme “d’intervention dans des zones de désastres humanitaires”, comme le rappelle le quotidien britannique “The Independent”. C’est dire à quel point la participation de l’ONG à cette opération, qui doit se dérouler les trois derniers jours de novembre, a valeur
de symbole. “C’est un choc d’apprendre que la Croix-Rouge britannique s’implique ainsi, généralement ils se concentrent sur d’autres missions. Cela démontre à quel point la situation s’est dégradée dans le pays”, a
souligné Chris Jones, responsable des questions relatives à la pauvreté en Grande-Bretagne pour l’ONG
Oxfam.
+ 170 % du recours aux banques alimentaires
Pourtant, à cette occasion, la Croix-Rouge n’est même pas le chef d’orchestre de l’action. Elle se contente
de mettre ses 30 000 volontaires à disposition de deux autres ONG, FareShare et The Trussell Trust, pour
collecter la nourriture à la sortie des supermarchés Tesco à travers pays. Cette action, menée pour la troisième année consécutive, doit permettre de récupérer près de 4 millions de plats qui seront ensuite redistribués
aux plus démunis. Plus de 350 000 Britanniques avaient dû avoir recours aux banques alimentaires pour
se nourrir en 2012, d’après les données de The Trussell Trust, qui précise que c’est “une augmentation de
170 % par rapport à l’année précédente”.
C’est cette augmentation, due essentiellement aux dégâts causés par les politiques d’austérité, d’après
les ONG, qui a poussé la Croix-Rouge à participer. “C’est une première étape, qui peut déboucher sur un engagement plus actif dans le soutien des populations les plus démunies”, souligne, dans un communiqué
de presse, Juliet Mountford, l’une des responsables de la Croix-Rouge britannique.
La décision de s’investir ainsi intervient, en outre, au moment où l’ONG suisse publie un rapport alarmiste
sur l’”impact humanitaire de la crise financière en Europe”. Selon la Croix-Rouge, le nombre de personnes,
en Europe, qui dépendent des banques alimentaires a progressé de 75 % depuis 2009, et 43 millions d
’Européens “n’ont pas de quoi se nourrir chaque jour”.