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Pierre Charon à l'Elysée, à Paris, le 29 avril 2009. WITT/SIPA
</aside>Une chose les unit: le constat qu’ils se détestent. A l’UMP de Paris, le fossé entre fillonistes et copéistes semble ne jamais avoir été aussi large. Et ce, malgré la fin du feuilleton de la guerre Dati-Fillon aux législatives. «Cette guerre a été hystérique d’un côté comme de l’autre et se poursuit aujourd’hui avec d’autres qui affûtent leurs couteaux», regrette Bernard Debré, filloniste, qui se dit «un peu desespéré des querelles permanentes entre des personnes qui ne pensent qu’à leur nombril».
Premier acte de cette confrontation: l’annonce par Jean-François Lamour, la semaine dernière, qu’il renonçait à se présenter à sa propre succession à la tête du groupe UMP au conseil de Paris. En cause: les «coups bas répétés» orchestrés par un «petit groupe d’élus». Dans sa ligne de mire, 20 élus copéistes et frondeurs qui s’étaient opposés au parachutage pour les législatives de François Fillon dans le 7e arrondissement.
«La seule bonne nouvelle récente dans la droite parisienne, c’est le départ de Lamour», rétorque Pierre Charon, l’un des chefs de file des rebelles.
«Mais bon, tout le monde ne sait pas partir avec élégance», persifle celui qui appelle à reporter l’élection du nouveau président du groupe UMP du conseil de Paris, prévue le 13 septembre, après la primaire nationale de l’UMP. «S’ils refusent ce report ou si ce n’est pas l’un de nos amis qui prend la tête du groupe, on se quittera et nous créerons un nouveau groupe», menace-t-il.
Les frondeurs, parmi lesquels Rachida Dati, le jeune conseiller de Paris Pierre-Yves Bournazel ou le maire du 6e arrondissement Jean-Pierre Lecoq, doivent se retrouver jeudi matin pour en discuter. En cas de scission, un groupe filloniste et un autre, copéiste, existeraient au conseil de Paris. Pour l’heure, seuls les conseillers Jean-François Legaret, Catherine Dumas et Laurence Douvin sont candidats à la présidence du groupe. Tous sont fillonistes.
Jean-François Copé et nombre de ses partisans appellent François Fillon à se déclarer candidat à la mairie de Paris. «Dans les sondages, il est à trois points de Anne Hidalgo sans avoir bouger le petit doigt, ça nous rassurerait qu’il soit tête de liste», déclare Pierre Charon. Des appels du pied destinés visiblement à embarrasser François Fillon, pas disposé à évoquer la question.