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Les promesses d'une opération « coup de poing », de courte durée et avec des effectifs restreints, ont déjà vécu. Un peu plus de deux mois après le déclenchement de l'opération « Sangaris », le 5 décembre 2013, le contingent français déployé en République centrafricaine (RCA) va être officiellement porté de 1 600 à 2 000, un chiffre en fait déjà atteint par le jeu des relèves et qui n'inclut pas les forces spéciales.
Voir le visuel intéractif : Pourquoi la France intervient en Centrafrique
14.02 Communiqué - Conseil de Défense restreint
>> Lire le communiqué de l'Elysée :
L'annonce de ce renforcement a été faite vendredi à l'issue d'un conseil restreint de défense qui s'est tenu à l'Elysée. Selon un membre de l'entourage de François Hollande, les 400 soldats et gendarmes supplémentaires devraient arrivés en RCA dans les huit jours, notamment en provenance du Tchad.
Si le ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian, est tout juste revenu d'une nouvelle tournée en Afrique centrale qui l'a notamment mené en RCA, à l'Elysée on assure que cette décision a été prise au lendemain de discussions avec le secrétaire général des Nations unies. « Ban Ki-moon est beaucoup plus alarmiste que nous. Nous faisons un effort supplémentaire mais nous voulons que cela serve pour entraîner les Européens à nos côtés », avance un conseiller de François Hollande.
Lire le reportage : Centrafrique : l'armée française prise dans le piège du nettoyage ethnique
Les renforts européens — 500 militaires pour sécuriser l'aéroport de Bangui et appuyer les forces françaises et les 5 400 militaires africains de la Misca — pourraient commencer à arriver début mars, mais les « grands pays », Grande-Bretagne et Allemagne en tête, ont déjà fait savoir qu'ils n'enverraient pas de soldats. Cette unité « Eufor-RCA » devrait donc être constituée en grande partie de militaires français et de soldats estoniens et géorgiens.
Alors que de l'avis de tous les observateurs les soldats français et africains ne sont pas assez nombreux sur le terrain pour endiguer la vague de violences et que 400 militaires supplémentaires ne changeront pas la donne, Paris plaide pour le déploiement rapide d'une opération de maintien de la paix des Nations unies, mais ni les Etats-Unis, ni plusieurs pays d'Afrique centrale n'y sont favorables. Le Tchad notamment qui entend conserver sa liberté d'action chez son voisin méridional ; ce qui suscite de nombreuses critiques. Les soldats tchadiens font en effet preuve d'une réelle connivence sur le terrain avec les ex-rebelles de la Séléka.
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Depuis le déclenchement de l'opération Sangaris, les relations se sont tendues entre l'Elysée et N'Djamena. Dans l'entourage d'Idriss Déby, des voix s'élèvent pour accuser la France de n'avoir pas protégé les communautés musulmanes de RCA et d'être responsable de l'exode de dizaines de milliers de personnes vers le Tchad. Ce n'est sûrement pas un hasard du calendrier si quelques heures après l'annonce du renforcement des effectifs en République centrafricaine, Idriss Déby, le meilleur allié des soldats français dans la région depuis deux décennies, a été reçu à l'Elysée.
Portfolio : suivez un convoi de la force « Sangaris » au nord-ouest de la capitale centrafricaine












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Cyril Bensimon
Journaliste au Monde Suivre Aller sur la page de ce journaliste