[Express yourself]La loi Grenelle 2 sur l'environnement va obliger les entreprises qui font plus de 100 millions d'euros de chiffre d'affaires et emploient plus de 500 salariés à produire un rapport sur la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) précis et public. A partir de 2014 -pour l'exercice 2013-, chacune de ces sociétés devra sélectionner un certain nombre d'indicateurs qui montreront, d'année en année, les progrès effectués dans trois grands domaines: social, environnemental et sociétal.
Loi Grenelle 2: la transparence pour tous
Cela signifie donc, concrètement, que ce ne seront plus seulement les très grosses sociétés qui devront se plier à l'exercice de la transparence. Pour ces sociétés "moyennes", qui à l'inverse d'un Total ou d'un L'Oréal n'ont pas eu besoin d'organiser leurs process et leur communication autour de ces questions de développement durable, ces nouvelles exigences réglementaires peuvent être vécues soit comme une contrainte difficile à mettre en place, soit comme un prétexte à toujours plus de greenwashing.
<aside class="encadre encadre_quote right"></aside>Un organisme tiers qui s'assurera de la réalité des mesures annoncées
Pourtant, ce nouveau décret est fait de telle façon à éviter les grandes déclarations d'intention pour privilégier des actions concrètes et vérifiables. Les indicateurs sélectionnés par les entreprises seront ainsi contrôlés par un organisme tiers qui s'assurera de la réalité des mesures annoncées. Il y a également dans cette nouvelle loi une idée de progression. Le rapport RSE ne devra plus être une simple photographie de l'entreprise mais devra identifier des points d'amélioration d'une année sur l'autre.
Moraliser les entreprises?
Ce nouveau niveau d'exigence, qui entraîne certes un coût d'organisation important, doit être perçu par les entreprises concernées comme une double opportunité plutôt que comme une corvée. Il y a là une opportunité de réputation et une opportunité opérationnelle, deux aspects qui sont profondément imbriqués l'un dans l'autre.
Très simplement, d'un point de vue opérationnel, ce décret va obliger à mettre à plat des indicateurs très variés, qui vont des actions mises en place pour la parité hommes-femmes à la consommation de matières premières en passant par l'impact territorial ou les mesures prises pour lutter contre la corruption.
On sera obligé de chercher des moyens d'améliorer son mode de fonctionnement, on sera obligé de réfléchir à des questions qu'on ne s'était pas posées auparavant. La transparence est ici un instrument moral qui doit obliger les entreprises à mieux se comporter, à être plus responsables. Elles ne pourront plus se cacher derrière une gestion opaque ou des déclarations invérifiables.
Une opportunité pour booster son e-réputation corporate
<aside class="encadre encadre_quote right"></aside>La communication peut devenir un vrai bon moyen d'obtenir un retour sur investissement
Dans ce cadre, la communication peut devenir un vrai bon moyen d'obtenir un retour sur investissement. Bien communiquer sur ces actions est en effet un levier pour améliorer sa réputation. A ce titre, Internet est devenu un puissant outil pour médiatiser la réalité des efforts faits par l'entreprise. Que ce soit à destination des salariés, des investisseurs ou même du grand public, de nombreux formats permettent d'exploiter les indicateurs sur lesquels on travaille pour améliorer son e-réputation.
Il existe des solutions simples et rapides mais à l'impact limité comme de se contenter d'un rapport tout simple mis à disposition du public via un pdf ou d'une page RSE dédiée sur son site corporate.
Les infographies ou vidéographies sont des solutions qui permettent de mettre en scène les chiffres de façon plus interactive. Elles sont aussi très adaptées pour montrer une évolution et peuvent facilement devenir virales -sur les réseaux sociaux ou reprises dans des articles de blog ou de presse. L'étape la plus aboutie de ce processus est sans doute de concevoir des plateformes dédiées à la visualisation de données. Le site conçu par Statoil est un véritable exemple en la matière.
Aujourd'hui, il s'agit d'une obligation légale et ces quelques réflexions ont pour but de penser la RSE comme une opportunité de booster sa réputation corporate. D'une manière plus générale, les meilleures actions de communication commencent souvent par une révolution opérationnelle.
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