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La police ukrainienne lance l'assaut contre les manifestants à Kiev

La police ukrainienne lance l'assaut
contre les manifestants à Kiev

Le Monde.fr avec AFP et Reuters | <time datetime="2014-02-18T10:32:52+01:00" itemprop="datePublished">18.02.2014 à 10h32</time> • Mis à jour le <time datetime="2014-02-18T21:55:22+01:00" itemprop="dateModified">18.02.2014 à 21h55</time>

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Echauffourées autour du Parlement ukrainien par lemondefr

L'assaut redouté par les manifestants du Maïdan, la place centrale de Kiev, berceau de la contestation du gouvernement, a débuté mardi 18 février dans la soirée. Trois blindés munis de canons à eau, accueillis par des cocktails Molotov, des pierres et des feux d'artifice, ont repoussé les protestataires en avançant sur la place.

Rassemblés autour de la place de l'Indépendance depuis plusieurs heures, des policiers antiémeutes « Berkout » ont dépassé plusieurs barricades dressées en vain pour les arrêter, usant de grenades lacrymogènes et assourdissantes. Derrière eux, plusieurs milliers de manifestants entonnaient l'hymne national ukrainien. De nombreuses tentes de manifestants, installées là depuis plusieurs semaines, étaient en train de brûler.

A l'expiration de l'ultimatum fixé par les autorités pour mettre fin aux violences, en fin d'après-midi, Vitali Klitschko, l'un des dirigeants de l'opposition, avait conseillé aux femmes et aux enfants de quitter le Maïdan « pour éviter de nouvelles victimes ». Un assaut des forces de l'ordre n'est « pas exclu », avait déclaré l'ancien boxeur, « ne tirez pas sur les Ukrainiens », implorait l'un des orateurs qui se succédaient au micro devant la foule.

Pour rassurer les esprits, le commissaire à l'élargissement européen, Stefan Füle, a rapporté que le premier ministre ukrainien par intérim avait garanti que ses forces de sécurité tâcheraient de ne pas avoir à faire usage de leurs armes contre les manifestants.

>> Suivez la situation sur le Maïdan en direct avec ce flux vidéo :

ASSAUT DE BÂTIMENTS OFFICIELS DANS L'OUEST DU PAYS

En début de soirée, dans la capitale, alors que l'hypothèse d'une évacuation par la force de la place de l'Indépendance se faisait de plus en plus probable, des manifestants ont à nouveau occupé la mairie de Kiev, qui était jusqu'il y a quelques jours le « QG de la révolution ».

Une trentaine d'entre eux se trouvaient en début de soirée à l'intérieur du bâtiment municipal, où ils ont installé une infirmerie de fortune, protégés par les unités d'autodéfense des manifestations. La mairie avait été évacuée, dimanche, dans le cadre d'une loi d'amnistie pour des opposants poursuivis.

En réponse, le procureur général Viktor Pchonka a menacé des peines « les plus sévères » les opposants qui ont « incité » et « dirigé » les violences de mardi. Il a estimé que les chefs de l'opposition devaient « assumer la responsabilité de ce qui se passe ».

Mardi soir, des manifestants ont pris d'assaut le siège de l'administration et de la police dans la ville occidentale de Lviv, un fief nationaliste, à 500 kilomètres de Kiev. Environ cinq cents opposants ont investi l'administration régionale, puis le siège de la police régionale, sans rencontrer de résistance, après y avoir lancé des pierres.

Lire la synthèse des réactions internationales : L'Ukraine doit « immédiatement reprendre le chemin du dialogue »

NEUF MORTS DANS LES VIOLENCES ENTRE MANIFESTANTS ET POLICIERS

Après plusieurs semaines d'accalmie, les affrontements ont connu mardi une nouvelle recrudescence, qui s'est soldée par la mort de sept civils et de deux policiers dans la capitale, selon les forces de l'ordre. Le premier bilan, donné par des responsables des services médicaux de l'opposition, faisait état de trois morts par balle et d'au moins cent cinquante blessés, dont trente grièvement.

 


Afficher Nouveaux affrontements à Kiev sur une carte plus grande

Le ministère de la défense a ordonné aux manifestants de mettre fin immédiatement à l'occupation d'un des bâtiments mis à disposition de l'armée, la Maison des officiers, situé à proximité du Parlement, et où gisent, d'après la députée d'opposition Lesya Orobets, élue du parti Batkivchtchina (« Mère patrie »), la formation d'Arseni Iatseniouk, les corps de trois manifestants tués lors d'affrontements avec les forces de l'ordre.

Le métro a totalement été fermé, et les policiers antiémeutes s'approchaient mardi après-midi du Maïdan, la place centrale de Kiev, haut lieu de la contestation, occupé depuis près de trois mois. Les autorités ont donné deux heures à l'opposition pour le retour au calme à Kiev. Dans le cas contraire, elles menacent de procéder à une intervention « de la plus grande fermeté », précisant : « Nous mettons en garde les têtes chaudes au sein de l'opposition : le pouvoir a les moyens de rétablir l'ordre. »

VINGT MILLE OPPOSANTS

Plus tôt dans la journée, des incidents ont éclaté entre plus de vingt mille opposants et des policiers antiémeutes près du Parlement. Deux camions de la police visés par des cocktails Molotov ont pris feu. Un manifestant a eu la main amputée, d'autres souffrent de traumatismes crâniens et de blessures aux bras et aux jambes, principalement dues aux grenades assourdissantes. La police a fait état de trente-sept blessés dans ses rangs. Un centre de secours a été installé par l'opposition près du Parlement.

Les manifestants prévoyaient de marcher vers le bâtiment où devait être examinée une réforme constitutionnelle réduisant les pouvoirs présidentiels au profit du gouvernement et du Parlement. Le service d'ordre de l'opposition sur Maïdan tentait d'éviter une confrontation directe entre les manifestants les plus radicaux et les policiers.

Lire le reportage : A Kiev, les manifestants amers dans la « tranchée » de Maïdan

Finalement, deux cents à trois cents personnes ont lancé un assaut contre le siège du Parti des régions, la formation du président Viktor Ianoukovitch, avant de prendre brièvement le contrôle des locaux. Les protestataires ont également envahi le square Mariinski, où campent les partisans de Viktor Ianoukovitch.

« OFFENSIVE PACIFIQUE »

Le chef du parti nationaliste Svoboda (« Liberté »), Oleg Tiagnybok, a expliqué les raisons de cette manifestation, après plusieurs jours de calme :

« Nous organisons une offensive pacifique contre le Parlement. L'opposition n'y dispose que de 169 députés [sur 450], ce qui n'est pas suffisant, mais j'espère que les représentants de la majorité vont comprendre qu'ils doivent apporter leurs voix pour résoudre la question de la réforme constitutionnelle. »

A l'intérieur du Parlement, les chefs de l'opposition ont interrompu les procédures en barrant l'accès à la tribune et en exigeant que les députés débattent des amendements constitutionnels qu'ils réclament pour réduire les pouvoirs du chef de l'Etat.

L'opposition veut pouvoir former un gouvernement indépendant pour mettre fin aux troubles et sauver l'économie de l'effondrement. La gravité de la situation, dont témoigne la diminution des réserves en devises de la banque centrale afin de soutenir la hryvnia, la monnaie nationale, devrait contraindre le président à nommer sans tarder un nouveau premier ministre en remplacement de Mikola Azarov, limogé le 28 janvier.

Voir nos explications en vidéo : Une sortie de crise est-elle encore possible en Ukraine ?


Une sortie de crise est-elle encore possible en... par lemondefr

 

FLASH :

 

22h11 Le bilan des violences en Ukraine s'élève à 14 mortsLes affrontements de mardi entre les forces de l'ordre et les manifestants à Kiev, en Ukraine, ont fait 14 morts, dont 6 policiers, a annoncé la police. Vitali Klitschko, l'un des chefs de file de l'opposition, est au siège de la présidence pour s'entretenir avec le président Viktor Ianoukovitch. (AFP)

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