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La réussite des bacs pro, gageure pour l'université

La réussite des bacs pro, gageure pour l'université

publié le 27 septembre 2012 à 20:09 
Depuis deux ou trois ans affluent à l'université de Cergy-Pontoise (Val-d'Oise) des bacheliers professionnels...
Depuis deux ou trois ans affluent à l'université de Cergy-Pontoise (Val-d'Oise) des bacheliers professionnels...

Inscrits en première année de faculté de lettres modernes, ou d'histoire, sans avoir jamais rédigé la moindre dissertation, ni même parfois lu autre chose que des magazines, ils n'ont, statistiquement, quasiment aucune chance de se hisser en deuxième année. Mais depuis deux ou trois ans, ils affluent à l'université de Cergy-Pontoise (Val-d'Oise), ces bacheliers professionnels et techniques que leur cursus secondaire destinait à des études supérieures bien moins conceptuelles.

Phénomène de crise, comprend-on en filigrane des explications fournies par Didier Desponds, vice-président (chargé de la formation et de la vie étudiante) d'une université que ce bouleversement des profils étudiants oblige aujourd'hui à se repenser.

D'un côté, "les filières sélectives, comme les BTS, les IUT, attirent davantage de jeunes issus de bacs généraux". Qui se saisissent là de diplômes immédiatement monnayables sur le marché du travail, quitte à poursuivre ensuite. "Les bacheliers professionnels et technologiques s'en trouvent évincés, et s'orientent vers l'université par défaut." De l'autre, "les jeunes issus de bacs généraux qui privilégient les classes préparatoires", susceptibles de mener aux grandes écoles, et à leurs diplômes censés protéger à vie contre le chômage. Ceux-là désertent l'université.

Résultat, dans une université de périphérie comme Cergy, au recrutement local, insuffisamment prisée pour se permettre de sélectionner à l'entrée, les bacs professionnels représentent cette année 16 % des inscrits en première année de lettres et sciences humaines (contre 7 % en 2009), 15 % de ceux d'économie-gestion (contre 9 %), 9 % en langues, 5 % en droit. Les bacheliers technologiques comptent pour 18 % ou 19 % des étudiants de première année de droit, d'économie-gestion ou de lettres, et pour plus du quart des étudiants de langues.

Les statistiques disent le nombre. Implacables, elles disent aussi l'hécatombe. "Le taux de réussite des bacs pro avoisine les 0 % dans à peu près toutes les filières", regrette M. Desponds. Un élève, en moyenne, en réchappera sur une cinquantaine d'inscrits. En économie, en langues, aucun n'est parvenu l'an dernier à se frayer un chemin vers la seconde année de licence. C'est à peine mieux pour les bacs techno, avec des taux de réussite avoisinant certes les 20 % en lettres, les 16 % en langues, mais qui chutent à 9 % en droit ou en sciences, à 5 % en économie.

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