Des perquisitions, menées en Seine-Saint-Denis dans le cadre de l'état d'urgence, font craindre à la France que le département ne soit une base arrière pour djihadistes.
Le préfet de Seine-Saint-Denis a annoncé ce vendredi que les perquisitions menées dans le département, justifiées par l'état d'urgence pour trouver des armes, font redouter à l'État qu'il ne serve de base arrière aux jihadistes.
Pour autant, le bilan de ces 84 perquisitions, menées dans 69 logements, 12 entreprises (de la « zone ouverte » de l'aéroport de Roissy) et dans une mosquée d'Aubervilliers, est maigre : 12 armes, dont une kalachnikov, ont été saisies, ainsi que des centaines de cartouches, un kilo d'explosifs, de la drogue et 35 000 euros en liquide. « Elles vont se poursuivre mais l'effet de surprise ne jouera plus », a expliqué ce vendredi le préfet de Seine-Saint-Denis, Philippe Galli, lors d'une conférence de presse.
« Notre conviction », a affirmé le préfet, « c'est qu'on aura de moins en moins de gens qui iront en Syrie et de plus en plus de gens localement, qui pourront être actionnés de l'extérieur » et s'appuyer sur des réseaux délinquants installés dans le département.
Ces perquisitions ont visé en priorité des personnes soupçonnées de pouvoir fournir une aide logistique à des jihadistes, comme des « trafiquants d'armes de guerre » ou des responsables d'associations cultuelles gérant de grosses sommes d'argent, a ajouté le préfet. « Comme on sait, il y a beaucoup d'armes qui circulent dans le 93, en lien avec le trafic de stupéfiants, et qui peuvent tomber entre de mauvaises mains. On a perquisitionné par exemple un ressortissant des pays de l'Est qui vendait de tout : des armes, des détonateurs, des explosifs », a-t-il détaillé.
Autre exemple : « chez un imam salafiste on a trouvé beaucoup d'argent liquide, il devra s'expliquer. Est-ce un simple sujet fiscal, de soustraction ou de non-déclaration ? Ou est-ce que cet argent peut servir à financer des voyages vers la Turquie, des locations de véhicules ? » s'est interrogé le représentant de l'État. Sur le plan judiciaire, les perquisitions administratives ont donné lieu à 20 gardes à vue, 15 déferrements, trois placements en détention provisoire et trois rappels à la loi.
En outre, vingt personnes ont été assignées à résidence dans le département. « On est en train de revisiter ces assignations pour voir si elles sont justifiées », a indiqué M. Galli. Enfin, le préfet a souligné qu'à la différence de la période qui a suivi les attentats de janvier, il y avait eu « très peu de réactions de soutien » à ceux de novembre dans le département.
<figcaption> Des perquisitions, menées en Seine-Saint-Denis dans le cadre de l'état d'urgence, font craindre à la France que le département ne soit une base arrière pour djihadistes. | Infographie Ouest-France</figcaption> </figure>