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Lavrov annonce un accord sur la crise en Ukraine

Lavrov annonce un accord
sur la crise en Ukraine
Par Les Echos | 17/04 | 12:47 | mis à jour à 19:23     lien 
 

La réunion quadripartite à Genève s'est conclue par un accord pour désarmer les groupes illégaux. Kerry menace la Russie de sanctions si elle n'applique pas l'accord.

L\'UE, les Etats-Unis, l\'Ukraine et la Russie sont parvenus à Genève à un accord sur la désescalade du conflit. - AFP PHOTO - POOL / JIM BOURG
L'UE, les Etats-Unis, l'Ukraine et la Russie sont parvenus à Genève à un accord sur la désescalade du conflit. - AFP PHOTO - POOL / JIM BOURG

Les pourparlers internationaux sur l'Ukraine, qui se sont tenus aujourd'hui à Genève, se sont soldés par un accord posant les jalons d'une désescalade du conflit. Cet accord prévoit le désarmement des groupes armés illégaux et l'évacuation des batiments occupés, a annoncé le ministre russe des affaires étrangères Sergueï Lavrov lors d'une conférence de presse à l'issue de la réunion quadripartite. Le document qui a été adopté par l'Ukraine, la Russie, les Etats-Unis et l'Union européenne prévoit aussi une amnistie, a-t-il dit.

Les participants à la réunion ont lancé un appel commun à l'arrêt immédiat des violences en Ukraine."Toutes les parties doivent s'abstenir d'actions violentes, d'actes d'intimidation ou d'actions provocatrices", peut-on lire dans une déclaration commune des ministres des Affaires étrangères ukrainien, russe, américain et européen. "Tous les groupes armés illégaux doivent être désarmés; tous les bâtiments occupés illégalement doivent être restitués à leurs propriétaires légitimes", ajoute le texte.

Sergueï Lavrov a souhaité pour sa part l'ouverture immédiate d'un vaste dialogue national en Ukraine. Il a préconisé des réformes de décentralisation dans le pays, une plus grande autonomie pour les régions et ajouté que les participants aux pourparlers avaient convenu de poursuivre les discussions dans des cadres différents. "Nous n'avons aucune espèce de désir d'envoyer des troupes en Ukraine. Cela serait contre nos intérêts fondamentaux", a confirmé le chef de la diplomatie russe. De son côté, John Kerry prévient que la Russie sera sanctionnée si elle n'applique pas cet accord. "Nous n'avons pas abandonné la Crimée", ajoute-t-il.

Plus tôt dans la journée, Vladimir Poutine avait fait savoir qu'il "espèrait fortement" qu'il n'aurait pas à envoyer l'armée russe en Ukraine. François Hollande avait quant à lui évoqué la possibilité "d'élever le niveau de sanctions" contre Moscou dans le cas où aucune "solution" ne serait trouvée à Genève. Le président français a ajouté que ce n'était pas "la volonté" de la France.

Dans le même temps, la France va déployer d'ici fin avril plusieurs avions de chasse dans le cadre d'une mission de l'Otan de surveillance aérienne des pays baltes, en raison des tensions liées à la crise ukrainienne, a indiqué le ministère de la Défense. Le déploiement d'"une capacité de quatre avions Rafale" est dans un premier temps envisagé, a indiqué le porte-parole adjoint de l'état-major, le colonel Pascal Georgin, au cours du point de presse hebdomadaire de la Défense.

Mi-mars, Paris avait proposé de mettre quatre appareils à disposition pour renforcer cette mission de "police du ciel". Une proposition à laquelle l'Otan a donné son accord formel mercredi, a indiqué le porte-parole. "On étudie précisément dans quel cadre on va pouvoir intégrer cette mission", a-t-il souligné.

L'Otan assure depuis 2004 la surveillance de l'espace aérien des pays baltes - Lituanie, Lettonie, Estonie. Le renforcement de ces missions de surveillance vise à rassurer les pays de l'Alliance atlantique voisins de la Russie sur la volonté de l'Otan de respecter ses engagements de sécurité envers ses Etats membres malgré les fortes tensions avec la Russie. Depuis début avril, Paris fournit également un avion-radar Awacs pour des missions de surveillance de l'espace aérien de la Pologne et de la Roumanie.

Les hommes russes interdit d'entrer en Ukraine ?

Les autorités ukrainiennes auraient pris la décision d'interdire l'accès à leur territoire aux hommes russes ayant entre 16 et 60 ans. Cette information émane de la compagnie d'aviation russe Aeroflot qui dit en avoir été informée par l'Ukraine. Visite à des proches ou invitation d'une entreprise, seul un motif jugé valable par les autorités de Kiev permettraient ainsi aux Russes de rentrer dans le pays. Les hommes voyageant en famille seront également admis. Bien que cela n'ait aucunement été précisé, ces informations laissent penser que l'Ukraine craint l'entrée de renforts russes aux mouvements séparatistes de l'est du pays.

L’Europe va engager des consultations sur le gaz avec Moscou

De son côté, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a écrit - dans une lettre adressée à Vladimir Poutine - que "l'Union européenne accepte votre (sa) proposition de consultations avec la Fédération de Russie et l'Ukraine en matière de sécurité des approvisionnements en gaz et de transit".

Le président de la Commission européenne appelle également le géant gazier public russe Gazprom à respecter ses engagements contractuels. « Je voudrais rappeler qu’il existe des contrats d’approvisionnement entre les entreprises européennes et Gazprom. Il est donc de la responsabilité de Gazprom d’assurer la livraison des volumes demandés comme convenu dans ces contrats », dit-il.

Il y a une semaine, ce dernier avait menacé de cesser de livrer du gaz à l'Ukraine si ce pays ne réglait pas sa dette. Le président russe a encore haussé le ton ce jeudi puisqu'il menace d'imposer un prépaiement à Kiev pour le gaz, d'ici un mois, si celle-ci n'est toujours pas remboursée.

De manière beaucoup plus claire, dans sa conférence annuelle, Vladimir Poutine a donné jeudi un mois à l’Ukraine pour régler son différend avec Moscou sur le gaz. « Nous sommes prêts à perdre encore (de l’argent, ndlr). Nous allons patienter encore un mois. Mais si d’ici un mois, il n’y a aucun paiement, alors, conformément au contrat, nous passerons au prépaiement »

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Les pourparlers à Genève
Cette réunion quadripartite dans un hôtel de la ville suisse se tient entre les ministres des Affaires étrangères ukrainien Andrïï Dechtchitsa, russe Sergueï Lavrov, le secrétaire d'Etat américain John Kerry et la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton. Le chef de la diplomatie américaine s'était entretenu auparavant dans la matinée tour à tour avec ses homologues européen, ukrainien et russe. 
Des diplomates américains ont confié mercredi soir en arrivant à Genève qu'il espéraient que cette réunion soit l'occasion d'un "vrai dialogue" entre Moscou et Kiev. Mais la secrétaire d'Etat adjointe pour l'Europe Victoria Nuland avait elle-même reconnu il y a une semaine à Washington que les Etats-Unis "n'avaient pas de fortes attentes" pour ces pourparlers internationaux.

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