Depuis le début de l'ère Guardiola en 2008, le Barça a remporté trois Ligas - en attendant une
quatrième cette saison que ses 13 points d'avance lui garantissent presque - , 2 Coupes d'Espagne
et 2 Ligues des champions.
Mais il manquait à la meilleure équipe des dernières années un exploit : "une remontée historique",
disait Xavi. Le FC Barcelone l'a obtenu ce mardi soir en huitième de finale de la Ligue des champions.
Battu 2-0 au match aller, il n'avait que 19 % de chances de se qualifier. De nouveau brillants comme
à leurs plus beaux jours, les Catalans ont écrasé le Milan AC 4 buts à 0 et deviennent les premiers
depuis 1992 à renverser une telle situation. Un match exceptionnel, et une résurrection pour une
équipe qui ne se ressemblait plus ces dernières semaines.
A la mi-temps, le commentateur vedette d'Al Jazeera sport, Issam Chawali, avait du mal à se remettre
de la performance de Lionel Messi. L'air ému, il a lâché :
Auteur des deux premiers buts, l'Argentin a été le détonateur de son équipe. Comme le Barça, il était
moins bien depuis quelques semaines, même s'il a inscrit 16 buts (avant la rencontre) depuis le début
de l'année : transparent au match aller à San Siro, pas plus inspiré au cours des deux Clasicos perdus contre le Real Madrid.
Ce soir, il était attendu, parce qu'il est le meilleur joueur du monde. Il a été plus qu'à la hauteur. Dès
la 5e minute, il a ouvert le score, d'une frappe sublime, du gauche en pleine lucarne, alors que la
défense milanaise était parfaitement en place.
Il a récidivé à la 39e minute d'un tir dans la surface aussi soudaine que bien placée. Disponible, insaisissable, adroit tout au long de la rencontre. Messi a été grandiose.
Si Léo Messi a été exceptionnel, il n'a pas été seul. On a retrouvé ce mardi soir le Barça des grandes années, celui qui avait un peu disparu ces derniers temps.
Iniesta et Xavi ont régalé. Ils ont permis aux autres de briller, parce qu'ils ont tout fait
parfaitement: les dribbles, les transmissions, les récupérations. Chacun a réussi une exception-
nelle passe décisive : Iniesta pour le deuxième but de Messi, Xavi pour celui de Villa (56e).
Tactiquement, la titularisation de David Villa, qui n'était pas acquise, a peut-être été la plus
belle réussite de l'entraîneur barcelonais. Entre blessures et concurrence, le buteur, qui avait
tant
contribué aux victoires catalanes, n'a plus toujours sa place dans cette équipe.
Il a réussi un but plein de sang-froid et d'adresse, pour rappeler que même remplaçant en
Catalogne, il reste l'un des tous meilleurs attaquants du monde.
Avec ce onze de départ, il y a eu du spectacle. Du beau jeu, de la fluidité, de l'harmonie.
C'est peut-être parce que ce Barça-là nous avait manqués pendant quelques semaines que
l'on apprécie encore plus sa performance de ce soir.
Pour être bien certain de ne pas gâcher la fête -- à 3-1, les Italiens étaient qualifiés- Jordi
Alba, auteur d'une performance de très haut niveau sur le côté gauche de la défense, a
scellé la marque à la 90e minute.
Avant le match, les journaux espagnols en appelaient aux esprits des joueurs historiques du Barça
: pour se qualifier, Messi et les siens se devaient d'aller puiser leur force chez leurs ancêtres, l'époque
des Herrera, Kubala et Suarez.
Dans son histoire récente, le FC Barcelone n'a jamais réussi de retournement de situation épique.
L'exploit que les fans du club ont en mémoire remonte à un 5-1 obtenu contre Milan en 1959. Comme
cette saison, les Barcelonais avaient alors perdu 2-0 à San Siro avant de renverser la tendance de
manière spectaculaire.
Avant ce mardi soir, le Barça, c'était un rouleau compresseur au jeu léché, capable de remporter avec
style les plus belles victoires. Mais, comme l'écrivait le journal Marca avant le match:
Grâce à sa victoire, le Barça de Guardiola et ses héritiers a montré des qualités qu'on ne lui connaissait
pas tout en s'inscrivant dans l'histoire du club.
