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Le chef de la marine ukrainienne prête allégeance à Moscou

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Le chef de la marine ukrainienne
prête allégeance à Moscou
LIBERATION<time datetime="2014-03-02T08:56:50" itemprop="datePublished"> 2 mars 2014 à 08:56 </time>(Mis à jour : <time datetime="2014-03-02T19:52:59" itemprop="dateModified">2 mars 2014 à 19:52</time>)
<aside class="tool-bar"> </aside><figure itemscope="" itemtype="http://schema.org/ImageObject">Navires russes aux abords du port de Sébastopol.<figcaption itemprop="description">Navires russes aux abords du port de Sébastopol. (Photo. Reuters)</figcaption></figure>
RÉCIT DE LA JOURNÉE DE DIMANCHE

L'Ukraine, qui perd le contrôle de la Crimée, rappelle ses réservistes. L'Occident tente de limiter l'escalade.

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L’essentiel

•  L’Ukraine se «trouve au bord du désastre», à la suite de la «déclaration de guerre», a déclaré le Premier ministre. Les autorités ont mobilisé leurs réservistes. En Crimée, des milliers de soldats aux uniformes dépourvus d’identification mais vraisemblablement russes ont bloqué des militaires ukrainiens dans leurs casernes et patrouillent en toute impunité.

• Obama a appelé Poutine pendant une heure et demie samedi, l’exhortant à rappeler ses forces. Londres et Paris ont annoncé suspendre leur participation aux réunions préparatoires du G8 de Sotchi.

 

Pour suivre la situation en Ukraine sur Twitter, notre sélection de comptes :

 

Le point dimanche en fin de journée:

19h45 Inquiète, la Roumanie considère que l’Ukraine «est agressée à présent par les forces militaires russes», déclare le président roumain Traian Basescu, appelant Moscou à «arrêter toute opération militaire visant l’Ukraine». Basescu affirme que «l’apparition d’un nouveau conflit gelé, localisé en Crimée» pourrait «accentuer l’instabilité régionale et l’apparition des tensions, qui peuvent conduire notamment à des conflits armés».Il a précisé que la Roumanie, pays voisin de l’Ukraine, considère ainsi que sa propre sécurité est «soumise à des risques à moyen et long terme».

18h22 Le commandant en chef de la marine ukrainienne annonce qu’il prête allégeance aux autorités pro-russes de Crimée. «Je prête allégeance aux habitants de la république autonome de Crimée (...). Je jure d’obéir aux ordres du commandant suprême de la république autonome de Crimée», a déclaré l’amiral Berezovski. Il avait été nommé vendredi à la tête de la marine ukrainienne par le président par intérim Olexandre Tourtchinov.

Le Premier ministre pro-russe de Crimée, Serguiï Axionov, a salué un «événement historique» et souligné que l’amiral Berezovski acceptait ainsi de se placer «sous les ordres des autorités légitimes de la péninsule», au cours de cette même conférence de presse.

VIDEO

18h07Des manifs  pour protester contre l’intervention russe en Crimée se sont déroulées devant les ambassades de Russie à Varsovie, à Berlin et à Londres.

A Varsovie, les manifestants ont brandi des pancartes comparant le chef de l’Etat russe Vladimir Poutine à Hitler ou Staline. Ils ont crié : «Touchez pas à l’Ukraine», «Touchez pas à la Crimée», «l’Ukraine libre». A Berlin, selon la police, jusqu’à 400 personnes ont manifesté pacifiquement devant l’immense ambassade russe, située en plein coeur de Berlin, sur la grande avenue «Unter den Linden», agitant des drapeaux ukrainiens. Une dizaine de personnes se sont allongées devant une affiche rappelant les interventions russes qui ont eu lieu par le passé et s’interrogeant sur celle éventuellement à venir : «RDA 1953, Hongrie 1956, Tchécoslovaquie 1968, Afghanistan 1979, Géorgie 2008, Ukraine en 2014?» A Londres, quelques centaines de manifestants, contenus derrière des barrières, face à l’ambassade russe, dans l’ouest de Londres, à Kensington Palace Gardens ont brandi des drapeaux ukrainiens et syriens et des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : «Pas de Guerre», «Libérez l’Ukraine», «Poutine, Touche pas à l’Ukraine», «Il faut Agir, Poutine n’écoute pas» ou «Poutine, marchand de guerre». Certains criaient «Poutine est un meurtrier» ou «Arrêtez l’occupation».

18h02 La télé russe annule la retransmission de la cérémonie des Oscars. La chaîne pro-Kremlin Pervyi Kanal annonce l’annulation de la retransmission en direct de la cérémonie des Oscars aux Etats-Unis, pour laisser plus de place à la situation en Ukraine. Avec le décalage horaire, la cérémonie tombe en plein dans la tranche matinale en Russie... Elle sera diffusée en différé le lendemain, indique la chaîne sur son site internet.

16h15 Après les rassemblements antiguerre de ce matin, contre manifestation pro-Poutine à Moscou :

People march during a procession in central Moscow, March 2, 2014. People gathered on Sunday to support the people of Crimea and Ukraine, including Russian speakers, and to protest against the policies conducted by Ukraine's new authorities recently elected in Kiev, according to organisers. REUTERS/Sergei Karpukhin (RUSSIA - Tags: POLITICS CIVIL UNREST CONFLICT) - RTR3FWKH

(Photo Sergei Karpukhin. Reuters)

Au même moment, à Kiev :

People attend a rally at Independence Square in Kiev March 2, 2014. Ukraine mobilised for war on Sunday, after Russian President Vladimir Putin declared he had the right to invade, creating the biggest confrontation between Moscow and the West since the Cold War. The banner reads: "Putin Stop".  REUTERS/Konstantin Grishin  (UKRAINE - Tags: POLITICS CIVIL UNREST CONFLICT) - RTR3FWKA

«Poutine, Stop» (Photo Konstantin Grishin. Reuters)

16 heures Un point sur l'état des forces ukrainiennes :

L’armée ukrainienne compte 130 000 hommes, dont la moitié sont des conscrits, dotés d’un matériel souvent dépassé. 15 000 soldats ukrainiens sont théoriquement stationnés en Crimée, un nombre approximativement équivalent à celui des forces russes de la flotte de la mer Noire en temps normal. Mais la plupart ne semblaient pas se trouver dans leurs casernes lors de l’arrivée des mystérieux commandos armés pro-russes. Kiev accuse Moscou d’avoir transporté par voie aérienne vendredi et samedi quelques 6 000 soldats supplémentaires en Crimée.

15h30. John Kerry hausse le ton, sur CBS : «Le G8 et quelques autres sont prêts à aller jusqu’au bout pour isoler le Russie en raison de cette invasion» en Crimée. Le secrétaire d’Etat américain a menacé Moscou de la «mise en place de sanctions» et d'«isolement économique».

15 heures.

A Saint-Petersbourg

A Saint-Petersbourg aussi, des manifestants antiguerre sont interpellés par les forces de l’ordre. Sur la pancarte : «Non à une guerre fratricide» (Photo Maxim Zmeyev. Reuters)

14h30. Le ministre ukrainien de la Défense confirme qu’un millier d’hommes armés bloquent l’entrée d’une unité des gardes-côtes ukrainiens à Perevalne, près de Simféropol. «Il y a un risque d’assaut», déclare le ministère, sans préciser si ces hommes armés sont russes.

14h15. A son tour, Londres annonce suspendre sa participation aux réunions préparatoires du G8 de Sotchi.

14 heures. «J’ai 80 ans, mais je suis prêt à prendre les armes pour défendre mon pays»,déclare Leonid Kravtchouk, le premier président de l’Ukraine indépendante (1991 - 1994). 

13h45. Au cours d’une réunion de crise à l’Elysée, la France a décidé de suspendre sa participation aux réunions préparatoires du G8 de Sotchi, en Russie, prévu en juin. «La France est disponible pour une médiation» entre les parties de la crise ukrainienne, a-t-on par ailleurs réaffirmé à l’issue de cette réunion. 

13h30. «Ce que fait la Russie en Ukraine viole les principes de la Charte des Nations unies. Cela menace la paix et la sécurité en Europe. La Russie doit cesser ses activités militaires et ses menaces», déclare le secrétaire général de l’Otan Anders Fogh Rasmussen, juste avant la réunion des ambassadeurs des 28 pays membres de l’Alliance atlantique sur la crise en Ukraine.

L’Ukraine n’étant pas membre de l’Otan, elle ne peut pas compter sur l’article 5 sur la défense collective, qui prévoit une assistance, y compris par la force armée, en cas d’attaque contre l’un des membres de l’Alliance. Kiev coopère néanmoins depuis de nombreuses années avec l’Otan et a signé avec elle un partenariat en 1997. En avril 2008, au sommet de Bucarest, les dirigeants des pays alliés étaient convenus que l’Ukraine avait vocation à rejoindre l’OTAN, ce qui avait fortement irrité la Russie. Mais en 2010, le gouvernement nouvellement élu du président Viktor Ianoukovitch, pro-Russe, avait renoncé à cet objectif.

13 heures. A Kiev, plusieurs milliers de personnes sont rassemblées sur la place de l’Indépendance pour défendre l’unité de l’Ukraine. 

People attend a rally against Russia on Kiev's Independence square on March 2, 2014. Ukraine said Sunday it would call up all military reservists after President Vladimir Putin's threat to invade Russia's neighbour drew a blunt response from US President Barack Obama. The stark escalation in what threatens to become the worst crisis in relations since the Cold War came as pro-Russian forces seized control of key government buildings and airports in the strategic Crimean peninsula. AFP PHOTO/BULENT KILIC

(Photo Bulent Kilic. AFP)

L'Ukraine «au bord du désastre» à la suite de «la déclaration de guerre»

VIDEO 

12h30. L’Ukraine se «trouve au bord du désastre», à la suite de la «déclaration de guerre» de la Russie, déclare le nouveau Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk. «C’est l’alerte rouge. Ce n’est pas une menace, c’est en fait une déclaration de guerre à mon pays», a-t-il dit. «Nous appelons le président (russe Vladimir) Poutine à retirer ses forces armées» d’Ukraine.

«La Russie n’avait aucune raison d’envahir l’Ukraine et nous pensons que nos partenaires internationaux et toute la communauté internationale soutiendront l’intégrité territoriale et l’unité de l’Ukraine et feront tout ce qu’ils peuvent pour arrêter le conflit militaire provoqué par la Russie.»

 

12h15. Plusieurs sources rapportent un climat de tension sur la base de Perevalne, en Crimée. Les militaires ukrainiens refuseraient de se rendre aux Russes.

Cette vidéo semble attester du même type de scène à Sebastopol.

VIDEO

Midi. Les médias officiels russes sont en pleine propagande. La télévision assure que 600 000 Ukrainiens ont cherché à se réfugier en Russie depuis janvier, montrant des images de file d’attente à un poste-frontière… polonais. La télé diffuse aussi des images d'affrontements présentés comme se déroulant en Crimée, alors que ces images ont en réalité été tournées à Kiev il y a une semaine. 

11h45. 

11h30. A Moscou, la police disperse un rassemblement d’environ deux-cents personnes contre l’intervention armée en Ukraine.

Interior Ministry members detain a protester during a rally near the Russian Defence Ministry headquarters in Moscow, March 2, 2014. People gathered on Sunday to protest against the possible military incursions of the Russian army onto the territory of Ukraine, according to the organizers. REUTERS/Sergei Karpukhin (RUSSIA - Tags: POLITICS CIVIL UNREST MILITARY) - RTR3FWCM

Un protestataire antiguerre interpellé près du ministère de la Défense russe, à Moscou, ce dimanche matin. (Photo Sergei Karpukhin. Reuters)

De son côté, le parti Russie Unie de Vladimir Poutine a appelé à une manifestation à partir de 13 heures au centre de Moscou, en soutien au peuple «frère» d’Ukraine.

11 heures. L’Ukraine va mobiliser ses réservistes pour assurer la sécurité et l’intégrité de son territoire, annonce le responsable du Conseil de sécurité nationale, Andriï Paroubiï, dans une déclaration télévisée. 

La Rada, le Parlement ukrainien, a en revanche décidé de ne pas voter l’état d’urgence. 

Le Parlement demande aussi aux pays signataires du Mémorandum de Budapest en 1994 (outre l'Ukraine, la Russie, les Etats-Unis et le Royaume Uni) de respecter leurs engagements portant sur l’indépendance, la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine. Théoriquement, la Russie est tenue par ce texte (à lire ici) à ne pas intervenir militairement en Ukraine. 

10h40 Selon le Kyiv Post, journal ukrainien anglophone, des journalistes ont été bloqué à un chekpoint de Crimée et se sont fait confisquer leurs gilets pare-balles. 

10h30 La France souhaite «que soit suspendue la préparation du G8 de Sotchi» prévu en juin et condamne «l’escalade militaire russe» en Crimée, déclare le chef de la diplomatie française Laurent Fabius sur Europe 1.

 

Résumé des épisodes de la nuit 

4 heures.  Le Canada menace de boycotter le sommet du G8 à Sotchi. Le Premier ministre canadien emboite ainsi le pas aux États-Unis après que Moscou eût donné le feu vert à une opération militaire en Ukraine. «Nous nous joignons à nos alliés pour la condamnation avec la plus grande fermeté l’intervention militaire du président (russe) Vladimir Poutine en Ukraine», a annoncé le Premier ministre canadien dans un communiqué. 

2 heures. L’Otan va se réunir dans la journée de dimanche. Les 28 ambassadeurs des pays de l’Alliance ont été convoqués à une réunion d’urgence à Bruxelles pour discuter de la «grave situation en Ukraine». Selon des sources diplomatiques, les ambassadeurs vont se rencontrer à midi et la Commission Otan-Ukraine est prévue trois heures après à 15 heures.

A LIRE AUSSI : Notre reportage en Crimée : «Oui, ce sont des soldats russes» |Notre reportage à dans la capitale ukrainienne : A Kiev, l’angoisse de la «guerre»

23 heures. Communiqué de l’Elysée: Hollande a lui aussi appelé Poutine.  Il lui a demandé «d’éviter tout recours à la force» en Ukraine, lors d’un entretien téléphonique samedi soir, «lui a fait part de sa très vive préoccupation» et l’a appelé «à chercher avec la communauté internationale un solution de sortie de crise».

 President Barack Obama talks on the phone in the Oval Office with Russian President Vladimir Putin about the situation in Ukraine, March 1, 2014. The White House said Obama and Putin spoke by phone for 90 minutes, their second phone call in the past eight days over Ukraine, an escalating crisis that is presenting a new challenge to already strained U.S.-Russian relations. REUTERS/Official White House Photo/Pete Souza/Handout   (UNITED STATES - Tags: POLITICS TPX IMAGES OF THE DAY) FOR EDITORIAL USE ONLY. NOObama au téléphone avec Poutine (Photo Reuters)

 

22 heures. Obama appelle Poutine. Le président américain a réuni samedi à Washington son équipe de sécurité nationale pour examiner les options politiques sur la table qui permettraient de résoudre la crise en Ukraine. Il a ensuite appelé son homologue russe Vladimir Poutine et s’est entretenu avec lui pendant 90 minutes. Il l’a exhorté à replier les forces russes dans leurs bases de Crimée et l’a mis en garde contre un isolement croissant international s’il persistait à intervenir en Ukraine. Il a aussi dit à Poutine qu’il avait violé la loi internationale en déployant des troupes russes en Ukraine.

Réponse de Poutine, selon un communiqué du Kremlin: Moscou se donne le droit de «protéger ses intérêts et les populations russophones» en cas de «violences» dans l’Est de l’Ukraine et en Crimée. Le président russe a évoqué «la vraie menace pesant sur les vies et la santé des citoyens russes sur le territoire d’Ukraine», ainsi que «les actions criminelles des ultranationalistes soutenus par les actuelles autorités à Kiev».

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