Eklablog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Suivi quotidien, flash d'actualités touchant l'économie,culture,environnement, société, politique,poésie, l'international.

Publicité

Le désarmement chimique de la Syrie, "un cas unique dans l'histoire moderne"

<article class="article article_normal" itemscope="" itemtype="http://schema.org/NewsArticle">

Le désarmement chimique de la Syrie, "
un cas unique
dans l'histoire moderne"

Le Monde.fr | <time datetime="2013-09-12T15:06:24+02:00" itemprop="datePublished">12.09.2013 à 15h06</time> • Mis à jour le <time datetime="2013-09-12T16:54:34+02:00" itemprop="dateModified">12.09.2013 à 16h54</time>

lien 

Partager google + linkedin

<figure class="illustration_haut">

La mission d'inspection de l'ONU, le 29 août près de Damas.

</figure>

Jean-Pascal Zanders, directeur de l'ONG The Trench et ancien chargé de recherche à l'Institut d'études

de sécurité de l'Union européenne (Iesue), est un spécialiste belge des questions d'armement, de

désarmement et de prolifération des armes chimiques.

 

Dans le cadre d'une résolution du Conseil de sécurité, l'arsenal chimique syrien pourrait être placé

sous surveillance internationale. Il s'agirait ensuite de le détruire. Comment procéder ?

C'est une question à laquelle on ne peut pas répondre aujourd'hui. Tout est

unique dans ce cas, et cela aussi bien d'un point de vue technique que dans

l'histoire moderne. Nous n'avons jamais détruit d'armes chimiques dans un

pays en état de guerre. Il va falloir procéder par phases. La première sera un inventaire complet de ce que les Syriens possèdent, puis peut-être une

déclaration d'adhésion à la Convention sur l'interdiction des armes

chimiques (CIAC) de 1993. Le problème, c'est de savoir exactement ce qu'il

y a dans cet arsenal. Ensuite, il faudra regrouper les agents chimiques dans

un nombre réduit de lieux.

Pourrait-on détruire ces agents chimiques ailleurs qu'en Syrie ?

Si on pouvait transporter les armes hors du pays, cela serait plus rapide. Mais, dans le cas de la Syrie,

il vaut mieux ne pas considérer cette option, parce que tous les pays voisins ont ratifié la Convention.

Son article 1 leur interdit de "transférer, directement ou indirectement" des armes "à qui que ce soit".

Transporter des agents chimiques à travers le pays va aussi poser beaucoup de problèmes de sécurité

parce le gouvernement syrien ne contrôle pas tout son territoire. C'est également dangereux d'un

point de vue logistique, du fait de la possibilité d'attaques pendant le transport et de la toxicité des

produits. On pourrait utiliser des incinérateurs industriels mobiles comme en possèdent le Japon, les

Etats-Unis ou l'Allemagne. Cela permettrait de déplacer au minimum les agents chimiques que l'on

aura regroupés.

Le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, a évoqué 1 000 tonnes de matériel chimique.

Sous quelle forme se trouve-t-il ?

Ce sera un aspect important de l'inventaire. Selon la manière dont l'agent chimique est conservé, sa

destruction peut prendre plus de temps. Dans le cas syrien, c'est probablement sous forme liquide, et

non dans les armes qui servent à les envoyer, ce qui rend la destruction plus rapide. On ne peut pas

en être totalement certain aujourd'hui, mais j'ai l'impression que la plus grande partie est conservée

dans des conteneurs. Il y a des indices selon lesquels la Syrie ne maîtrise pas la technologie pour

conserver le gaz sarin, qui se décompose en quelques jours selon son niveau de pureté.

L'étape suivante consiste à rendre l'agent chimique moins dangereux avant de l'incinérer à haute

température et en s'assurant qu'il n'y a pas de rejets de particules. C'est la méthode la plus simple,

la plus utilisée.

Quant au chiffre de 1 000 tonnes, c'est seulement une estimation. D'après mes informations, les

Syriens ont un niveau de production et de technologie plus avancé de les Irakiens [on estimait les

stocks irakiens sous le régime de Saddam Hussein à 600 tonnes].

Qui va superviser les opérations ?

Si la Syrie adhère à la Convention, c'est l'Organisation d'interdiction des armes chimiques qui va

superviser la destruction. Les inspecteurs doivent certifier que la destruction avance selon les prévisions,

mais c'est le pays même qui est responsable de la destruction des stocks.

Combien de temps peut durer la destruction complète de l'arsenal syrien ?

Quand on voit les difficultés qui sont apparues en Libye [lors de la destruction, à partir de 2004, d'une

partie du stock d'armes chimiques du colonel Kadhafi], où l'on a rencontré des problèmes techniques

et logistiques pour la destruction d'environ 25 ou 26 tonnes de gaz moutarde, on se rend compte que

cela est très incertain. Peut-être trois ans pour la seule phase de destruction. Le temps de l'opération

dépendra principalement du nombre d'incinérateurs que l'on compte déployer. Dans l'hypothèse où l'on

utilise des systèmes mobiles, bien sûr.

Propos recueillis par Rodolphe Baron

</article> Plus de 80 % des agents chimiques mondiaux détruits en 16 ans

La Convention sur l'interdiction des armes chimiques, adoptée en 1993, est entrée en vigueur en 1997. L'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) assure son application auprès des 189 Etats signataires. Elle est chargée de superviser la destruction des armes chimiques déclarées et l'arrêt des installations de production.

Les Etats signataires doivent déclarer s'ils possèdent ou non des armes chimiques et s'engager à les détruire sans dangers sous la supervision de l'OIAC. Outre la Syrie, la Corée du Nord, l'Angola, l'Egypte et le Soudan du Sud (créé en 2011) n'ont ni signé, ni ratifié la convention. De leur côté, Israël et la Birmanie ont signé le document dès 1993 mais ne l'ont pas fait ratifier par leur Parlement. Certaines de ces nations sont soupçonnées d'avoir développé des programmes militaires offensifs ou défensifs incluant des armes chimiques.

Au 31 juillet 2013, 81,10 % des 71 196 tonnes d'agents chimiques et 57,32 % des 8,67 millions de munitions déclarées ont été détruits sous vérification de l'OIAC. Les stocks restants sont principalement russes et américains.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article