Le monde du foot réagit aux sanctions des Espoirs
Vendredi 9 novembre 2012 - 23:42
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La sanction prise à l'encontre de Yann M'Vila et des quatre autres Espoirs sortis en boite de nuit entre deux matches n'a pas manqué de faire réagir la France du football, quelque peu divisée sur ce cas. Entre sanction disproportionnée pour certains et juste exemple pour d'autres, les réactions ne manquent pas.
C'est peut-être une décision qui fera date. Plus que celle concernant Nicolas Anelka. Il y a deux ans, l'attaquant avait été privé d'équipe de France 18 matches pour avoir insulté Raymond Domenech à la mi-temps de France-Mexique au Mondial 2010. Yann M'Vila a reçu à peu de choses près la même sanction en étant écarté des Bleus jusque juillet 2014 pour avoir fait le mur du rassemblement des Espoirs pour aller en boite de nuit à Paris, trois jours avant le barrage retour face à la Norvège. Ses quatre compères de soirée, Antoine Griezmann, Chris Mavinga, Mbaye Niang et Wissam Ben Yedder ont également été lourdement sanctionnés : jusqu'au 1er janvier 2014, pas d'équipe de France pour eux.
Le spectre de Knysna
Des sanctions largement commentées depuis. Journalistes, entraîneurs, joueurs, observateurs, dirigeants : les avis divergent sur leur dureté. Invité sur les ondes de RMC,
Willy Sagnol a tenu à justifier la décision prise par la commission, la plus juste selon lui. "Suspendre un joueur pour un ou deux matchs, il peut penser que ça fera un ou deux matchs en moins, qu’il va pouvoir récupérer. Là, un an ou un an et demi, c’est vraiment significatif de la volonté de nettoyer un peu le foot", a estimé le responsable des équipes de France.
Significatif également de faire un exemple de cinq joueurs, dont la sortie nocturne serait donc plus grave que la grève déclenchée par les Bleus au Mondial 2010 ? Les comparaisons avec Knsyna n'ont d'ailleurs pas manqué. "Le gros coup, à Knysna, on n'a pas tapé du tout. C’est disproportionné par rapport à Knysna. En Afrique du Sud, ça valait le double or ça reste le plus grand fiasco de l’histoire du foot français", a lâché
Bixente Lizarazu, en désaccord avec Sagnol, son ancien coéquipier chez les Bleus, sur RTL. "
Le problème c'est qu'à force de tirer sur la corde les footeux bafouent leur métier. C'est un dérapage de fond et la sanction est à la mesure de la faute", a estimé Alain Giresse dans l'Equipe.
Le soutien des footeux
Des propos qui font écho à ceux d'Alexandre Lacombe, président de Sochaux et membre du comité exécutif de la FFF, soucieux de l'image renvoyée par ce nouvel écart de footballeurs : "Certains vont trouver ces sanctions trop dures, d'autres trop faibles, trop ceci, trop cela. Ces sanctions sont plus sévères qu'après Knysna mais c'était une première. On ne peut plus tolérer ce genre de comportement. On a un devoir d'exemplarité". Le devoir d'exemplarité des footballeurs ? Insulter son sélectionneur (Anelka ou Cantona à son époque) ou conduire une grève en pleine Coupe du monde (Patrice Evra) serait donc moins grave qu'une sortie en boite de nuit (pas une première pour des footballeurs), révélée par la presse, à trois jours d'un match.
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Si tous les joueurs de football qui sortaient en boîte de nuit étaient sanctionnés ainsi, il n'y aurait plus personne sur les terrains", a ironisé Guy Roux. "
Sanction grotesque pour les Espoirs. Et pourquoi pas 10 (ans) de travaux forcés aussi. Facile pour la Fédé de faire les sévères avec les jeunes...", a lâché Pierre Menès sur Twitter. Les joueurs interrogés, de Bafétimbi Gomis à
Clément Chantôme, en passant par Loïc Rémy, ont quant à eux apporté leur soutien à leurs jeunes coéquipiers, regrettant que la FFF ait voulu faire un exemple. "
La sanction me paraît lourde", a également avoué
Elie Baup, l'entraîneur de l'OM.
Et la FFF dans tout ça ?
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Ces sanctions me posent un problème de principe parce que c'est une triple sanction", a lancé de son côté Christophe Bouchet, candidat à la présidence de la FFF, toujours dans l'Equipe. On fait payer à des mômes un match perdu, la défaillance d'un encadrement et les failles précédentes de Knysna et de l'Euro 2012,. Là, on se lâche, ces sanctions sont disproportionnées, c'est un peu honteux et injuste de se défouler comme ça, et cela ne règle rien. J'aurai préféré des sanctions plus pédagogiques." A quelques semaines des élections à la FFF, la sévérité de ces sanctions ne manqueront pas d'interpeller. Mais peut-être également de contenter le monde amateur, sur qui Noël Le Graët compte pour se faire réélire. Il faudra toutefois que l'instance dirigeante du football français cesse de sanctionner à tout va et se mette à réellement réfléchir sur le pourquoi de tant d'écarts de conduite des internationaux français ces dernières années...