On est tjrs le con de quelqu'un, dit la maxime. Surprise attristée d'être sur le mur des cons du SM. La magistrature n'a pas besoin de ça !
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Des images filmées dans le local syndical du Syndicat de la magistrature (SM, classé à gauche) montrant plusieurs dizaines de photos de personnalités regroupées sous le titre « mur des cons » provoquaient mercredi indignation et condamnations. Y figurent par exemple Brice Hortefeux, Michèle Alliot-Marie, Nadine Morano, le magistrat Philippe Courroye, le criminologue Alain Bauer, l’ancien ministre et ex-entraîneur du XV de France Bernard Laporte, Alain Minc, Jacques Attali...
Le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale a écrit mercredi à François Hollande pour dénoncer l'existence de ce "mur des cons". Christian Jacob demande au président de la République de prendre une décision afin que le Conseil supérieur de la magistrature soit saisi de cette affaire. "Cette pratique n'est pas tolérable. Elle constitue à mes yeux une injure publique, une menace et vraisemblablement une violation du serment des magistrats", écrit mercredi Christian Jacob dans sa lettre. "Elle est un manquement grave au principe d'impartialité de la justice", ajoute-t-il. Le député UMP Thierry Mariani dénonce également dans un communiqué l'existence de ce mur, estimant qu'il "porte un discrédit désastreux sur la justice et sa prétendue indépendance".
Dénonçant de son côté cette « liste noire » judiciaire qui « peut faire craindre la mise en place d’une justice politique », Bruno Beschizza, secrétaire national de l’UMP chargé de l’emploi des forces de sécurité, dit avoir reçu « avec dégoût et effarement » ces images, diffusées sur le site Atlantico. « Ce pilori judiciaire pourrait faire sourire s’il n’était pas organisé par des magistrats ayant prêté serment, qui mettent en examen, jugent et condamnent », écrit-il dans un communiqué, précisant que cette affaire avait été évoquée au bureau politique de l’UMP. La ministre de la Justice, Christiane Taubira, sera interrogée mercredi après-midi « par des parlementaires pour saisine du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) », précise-t-il.
L’Institut pour la justice (IPJ), association classée à droite, s’est également déclaré « indigné » par ce « mur des cons », sur lequel « figurent de nombreuses pesonnalités politiques, mais aussi des criminologues reconnus, des hauts magistrats, d’anciens gardes des Sceaux, des syndicalistes policiers et des dirigeants associatifs », dont son propre secrétaire général. L’IPJ, qui demande « la dissolution » du SM, « n’a pas de mots pour qualifier l’indécence morale de la présence » sur ce mur de Jean-Pierre Escarfil, « père de Pascale, violée et assassinée par Guy Georges », ajoute l’association.
Sur Twitter, Christophe Régnard, président de l’Union syndicale des magistrats (USM), syndicat majoritaire dans la profession, a dit sa « surprise attristée d’être sur le mur des cons du SM ». « On est toujours le con de quelqu’un, dit la maxime », philosophe-t-il, tout en ajoutant: « La magistrature n’a pas besoin de ça ».
Christophe Regnard @cregnardUSM
On est tjrs le con de quelqu'un, dit la maxime. Surprise attristée d'être sur le mur des cons du SM. La magistrature n'a pas besoin de ça !
« Ce sont des images prises à notre insu dans un lieu privé, notre local syndical, qui n’est pas accessible au public », a souligné la présidente du SM, Françoise Martres, en qualifiant ce mur de « défouloir » et d’action de « potache ». « Ce mur a été fait à une ancienne époque, sous l’ère Sarkozy, où les magistrats étaient attaqués de toutes parts », a-t-elle ajouté, en déplorant que ces images aient été filmées « par des journalistes qui n’ont pas respecté leur parole ». Sophie Combes, secrétaire nationale du syndicat a quant à elle indiqué : "Ce que nous regrettons profondément, c'est qu'il y ait un amalgame entre cet affichage, qui n'est rien d'autre qu'un mouvement d'humeur à un moment donné, et les combats que nous menons". "À un moment où le gouvernement de gauche est en difficulté, il n'est pas étonnant qu'un site de droite s'attaque à un syndicat de gauche", a-t-elle ajouté, y voyant un "travail de décrédibilisation". Ce "mur des cons" a été installé dans le local du Syndicat de la magistrature sous la précédente majorité, "à une époque où les magistrats étaient très critiqués", a expliqué Sophie Combes.Y figurent effectivement des personnalités de droite, pas tant du fait de leur appartenance politique que de leurs propos parfois "démagogiques" sur la justice, a-t-elle dit.
VIDEO La vidéo publiée par le site Atlantico