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Trois tableaux italiens de grande valeur et un Poussin, volés en février 2011 au Palais Fesch-Musée des Beaux-Arts d'Ajaccio, ont été retrouvés intacts. "Les quatre tableaux ont été retrouvés en parfait état sur un parking situé à la sortie Nord d'Ajaccio, à la suite d'un appel téléphonique anonyme à la juge d'instruction chargée du dossier", a déclaré le procureur de la République à Ajaccio, Thomas Pison.
Datant des XIVe, XVe, XVIe et XVIIe siècles, ces œuvres (Pentecôte de Mariotto di Nardo, Vierge à l'enfant de Bellini, une autre d'un anonyme ombrien et Midas à la source du fleuve Pactole de Nicolas Poussin) sont des pièces majeures des collections du Palais Fesch, qui abrite la deuxième collection de peinture italienne après celle du Louvre à Paris.
La juge d'instruction Charlotte Dauriac, qui a reçu vendredi soir l'appel anonyme vers 20 heures, s'est immédiatement rendue sur place avec des enquêteurs de la police judiciaire et a trouvé les tableaux posés par terre, appuyés contre un mur. L'un d'eux était emballé dans un sac en plastique, a précisé M. Pison lors d'un point de presse. Ils ont été placés sous scellés au palais de justice d'Ajaccio où des prélèvements d'empreinte et d'ADN ont été effectués.
Le député-maire (DVG) d'Ajaccio, Simon Renucci, a annoncé que les tableaux seraient accrochés dès lundi au Palais Fesch, en présence de la directrice des Musées de France, Marie-Cécide Labourdette, qui en assurera la réception.
DES TABLEAUX INVENDABLES
M. Pison a souligné que la Direction régionale de la police judiciaire chargée de l'enquête, en liaison avec l'Office central de lutte contre le trafic de biens culturels, avait "très bien avancé" sur ce dossier. Mais l'affaire garde encore une part de mystère, notamment concernant un commanditaire éventuel, les experts considérant que ces oeuvres, répertoriées partout dans le monde, sont très difficilement négociables.
Un gardien de nuit du musée et un complice sont mis en examen dans cette affaire : le gardien, Antoine Mocellini, s'était constitué prisonnier au commissariat d'Ajaccio le 21 février 2011, deux jours après la disparition des tableaux, racontant s'être emparé des tableaux vers 6 heures du matin et affirmant avoir agi seul pour obtenir un logement de la mairie. Mais il n'avait pu ensuite restituer les œuvres. Indiquant les avoir déposées dans sa voiture, il avait conduit les policiers près du château de la Punta, à l'abandon, sur les hauteurs d'Ajaccio, où était stationné son véhicule. Mais les policiers n'avaient rien trouvé dans le véhicule, dont des vitres avaient été brisées.
Les investigations avaient aussi porté sur le système de sécurité du Palais Fesch-Musée des Beaux-Arts, rouvert au public le 24 juin 2010 après deux ans de travaux et son classement comme musée national. Ce système ultra-moderne était neuf, le musée, situé rue Fesch, une artère piétonnière du cœur historique d'Ajaccio, ayant été entièrement modernisé et réorganisé.