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Le nouveau duo de Bercy à Berlin lundi pour promouvoir la ligne économique française

Le nouveau duo de Bercy à Berlin lundi pour promouvoir la ligne économique française

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Créé le 06/04/2014 à 11h43 -- Mis à jour le 06/04/2014 à 11h44     lien 
<aside>Michel Sapin et Arnaud Montebourg arrivent à l'Elysée, le 4 avril 2014

Michel Sapin et Arnaud Montebourg arrivent à l'Elysée, le 4 avril 2014 ALAIN JOCARD AFP

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POLITIQUE - Ce nouveau «tandem de choc», calqué sur le modèle allemand, va devoir convaincre de la pertinence des choix budgétaires français...

Le premier voyage de Michel Sapin et Arnaud Montebourg s'annonce délicat: les ministres des Finances et de l'Economie chercheront lundi à convaincre Berlin du bon fonctionnement de leur tandem et de la pertinence des choix budgétaires français. La configuration est inédite pour la France, habituellement représentée par un ou une ministre de l'Economie et des Finances.

Le nouveau «tandem de choc», selon Arnaud Montebourg, est calqué sur le modèle allemand, qui fonctionne dans une certaine harmonie grâce à la stricte séparation des pouvoirs entre deux ministères confiés à des partis différents, voire adversaires. Cette harmonie, Michel Sapin et Arnaud Montebourg promettent de la reproduire malgré des personnalités très contrastées.

Un contexte tendu

A Bercy, on veut croire que ce fonctionnement va «à la fois amplifier et clarifier» le message de la France. L'annonce du voyage, faite dans un premier temps pour le seul ministre des Finances, a pourtant produit une impression de flottement. Bercy s'est ensuite empressé de diffuser un programme de voyage «conjoint», même si dans les faits les plannings sont séparés.

Michel Sapin verra dans la matinée son homologue, le conservateur Wolfgang Schäuble, avant une conférence de presse à 11h30. Arnaud Montebourg rencontrera lui des chefs d'entreprises et des universitaires, avant un entretien avec le social-démocrate Sigmar Gabriel entre 16h et 17h. La visite à Berlin est un passage obligé pour tout locataire de Bercy, et était ainsi le premier déplacement du précédent détenteur du poste, Pierre Moscovici, en 2012.

La situation était alors délicate, après une campagne présidentielle de François Hollande offensive sur la croissance. Elle le sera tout autant lundi. Michel Sapin a provoqué des remous en Allemagne, pays très attaché à la maîtrise budgétaire, en annonçant son intention de «discuter» du «rythme» de la réduction des déficits français.

Déficit

Il assure toutefois dans le Journal du dimanche qu'il ne vas pas à Berlin pour «demander des délais». Son entourage précise que «c'est à Bruxelles que ces discussions doivent être menées». Lundi, il s'agira d'approfondir la relation avec Wolfgang Schäuble, de promouvoir le «Pacte de responsabilité» (baisses de charges, réduction des dépenses) et d'aborder d'autres thématiques (taxe sur les transactions financières, union bancaire).

Selon la même source, le mot «déficit» n'a pas été prononcé vendredi dans un entretien téléphonique entre Michel Sapin et Wolfgang Schäuble, qui s'est déroulé en français. Mais il sera dans tous les esprits lundi. Plus personne ne croit que Paris, qui a déjà obtenu deux délais pour ramener son déficit public sous la barre de 3% du Produit intérieur brut, y parviendra comme promis l'an prochain.

La France a réduit son déficit l'an dernier, mais il reste à un niveau élevé, de 4,3% du PIB. Les Allemands sont aussi sur leurs gardes face à Arnaud Montebourg, connu pour avoir comparé Angela Merkel à l'autoritaire chancelier prussien Bismarck, et qui veut «changer l'Europe». Or, le changement ne peut se faire qu'avec la bénédiction de Berlin, et cette dernière n'est pas acquise.

Pas de bidouillage

«Nous faisons confiance à la France pour respecter ses engagements, elle est consciente (...) de sa responsabilité dans le fonctionnement du Pacte» de stabilité, traité fixant les contraintes budgétaires en zone euro, a averti vendredi le porte-parole d'Angela Merkel. Jens Weidmann, président de la très stricte banque centrale allemande, a lui affirmé: «Il faut que la Commission européenne fasse respecter les règles de manière stricte, et qu'elle soit soutenue.»

Le commissaire aux Affaires européennes, Olli Rehn, a déjà appelé à «ne pas bidouiller» les règles. La France et l'Allemagne ne s'en étaient pas privé en 2003: Paris et Berlin, tous deux en «déficit excessif», étaient passés en force pour assouplir les contraintes budgétaires. Mais le contexte a changé: l'Allemagne affiche un excédent public et les nouvelles règles en zone euro menacent de sanctions «quasi-automatiques» les mauvais élèves.

Ces sanctions de la Commission ne pourraient être levées que par le vote d'une «majorité qualifiée» d'Etats. En d'autres termes, la France ne sera à l'abri que si elle rallie à sa cause de nombreux pays dont les plus grands: l'Allemagne, l'Espagne et l'Italie, dont le chef de gouvernement Matteo Renzi séduit à Paris avec ses ambitieux plans de relance.

 avec AFP
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